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Covid : le tourisme polynésien craint l'avenir

Covid : le tourisme polynésien craint l'avenir.
21 sept. 2021 à 14:002 min
Par RTBF TENDANCE avec AFP

Le secteur du tourisme, crucial pour la Polynésie, a de nouveau été durement frappé par la crise du Covid-19 depuis la fin juillet, et les entreprises craignent de ne pas pouvoir remonter la pente malgré le déconfinement progressif annoncé jeudi passé à Papeete.

Le reconfinement estival a ruiné un début de reprise

Financièrement, non seulement "on n'a pas travaillé" mais en plus, il faut "rembourser les croisières" car si deux ou trois clients ont accepté des reports, Tahiti Liberty Cruises, petite entreprise de bateaux de croisières, "fait face à des annulations massives", explique son gérant Richard Salmeron.

Propriétaire de trois bateaux de croisière, il était sur le point d'en acheter un quatrième en 2020 au moment du premier confinement. Mais il a finalement différé cet achat, a même vendu l'un de ses bateaux pour maintenir l'activité lors cette première période de crise et a dû licencier un skipper.

Avec le reconfinement, "cela fait un mois qu'on n'a pratiquement plus d'actions sur le site. Juste des gens qui se renseignent pour 2022 ou 2023".

Du coup, l'avenir risque d'être sombre : "La première année, on a perdu plus de 70% de chiffre d'affaires. Là, on commençait à remonter un petit peu pour essayer d'éviter le chaos" et en 2021, la perte "est largement de plus de 50% sur 5 mois d'activité" jusqu'à décembre, indique M. Salmeron.

Les rares clients cloîtrés dans les hôtels

Du 1er janvier au 31 août 2021, la Polynésie a attiré 44.521 touristes, dont une moitié d'Américains, contre 49.375 sur la même période en 2020, selon les chiffres de Tahiti Tourisme.

"Avec le confinement, ça va très mal, on n'a plus d'activité, seulement quelques transferts du bateau aux hôtels et retour, une vingtaine sur la semaine contre 100 par jour lors de cette période. Une fois arrivés à l'hôtel, les clients ne peuvent pas sortir", raconte Rico Haring, gérant de la société de transports Albert tours, qui emploie 23 personnes sur l'île de Moorea.

A cause du confinement, l'entreprise a dû cesser toutes les activités rémunératrices que sont les excursions en bateaux et la location de quads et de jets-skis.

Si la situation devait durer, M. Haring estime qu'il ne pourra tenir que cinq mois maximum. Après il "devra licencier tout le monde et travailler avec la famille, c'est le seul moyen".

Le secteur mise sur une fin d'année plus favorable

"Nous avons une baisse d'activité notable avec beaucoup d'annulations de séjours. Nous sommes passés d'une occupation de 90% à 30% aujourd'hui", témoigne également Eric Zucchi, directeur du Manava Beach Resort de Moorea, un hôtel quatre étoiles qui déploie des rangées de bungalows sur pilotis au dessus du lagon.

Août, septembre et octobre sont habituellement "les 3 mois, les plus importants de l'année" pour cet hôtel. Mais cette première quinzaine de septembre, les clients ne devaient pas se déplacer à plus d'un kilomètre de l'hôtel.

Il a donc fallu compter sur les activités internes de l'hôtel : le spa, la piscine, la plage, du paddle ou du kayak dans l'enceinte de l'hôtel. Mais également des ateliers "nouage de paréo et confection de couronnes de fleurs", raconte le directeur. Selon lui, après le confinement décrété le 23 août, il restait 7.381 touristes présents en Polynésie au 9 septembre.

Petite lueur d'espoir : "Sur les mois d'octobre et de novembre, on n'a pas encore d'impact majeur sur nos réservations. On avait quand même une petite baisse mais si effectivement, le confinement est levé, on devrait avoir un mois de d'octobre à peu près normal", espère Eric Zucchi.

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