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Coronavirus : l'Université de Liège testera ses étudiants toutes les semaines

Avec cette stratégie de tests massifs, l'Uliège espère reprendre une vie "la plus normale possible".

© Image d'illustration - RTBF

18 août 2020 à 04:48 - mise à jour 18 août 2020 à 04:48Temps de lecture3 min
Par Barbara Schaal

Quelques gouttes de salive chaque semaine, en échange d’une vie presque normale. C’est la promesse que fait l’Université de Liège à ses étudiants et à son personnel. Dès la rentrée, des tests de dépistage du coronavirus -réguliers et massifs- seront organisés au sein de la communauté universitaire.

Un dépistage massif pour une vie " la plus normale possible "

"Nous suivrons bien les prescriptions du fédéral", rassure d’emblée Fabrice Bureau, vice-recteur en charge de la recherche. "S’il faut diminuer la capacité des auditoires de moitié nous le ferons. Mais à l’intérieur de ce cadre qui nous sera imposé, nous essaierons de mener la vie la plus normale possible".

Dans cette quête de normalité, un outil phare : le test de dépistage. "Grâce à une stratégie de testing massif, nous maintiendrons le plus possible les cours en présentiel et les ateliers pratiques", annonce le vice-recteur. "Cela va nous permettre de surveiller si le virus revient et s’il se propage à l’intérieur de nos murs".

30.000 personnes testées, toutes les semaines

Il s’agit ici d’un test salivaire de type PCR, mis au point par l’Université de Liège, en collaboration avec plusieurs entreprises wallonnes. Quelques gouttes de salives dans un entonnoir en plastique relié à un tube, au fond duquel se trouve un liquide d’inactivation du virus. On parle ici d’un autoprélèvement — l’étudiant pourra le réaliser seul dans sa chambre — mais pas d’un autotest, puisque l’échantillon devra ensuite être analysé en laboratoire.

L’université compte dépister sa communauté chaque semaine. Etudiants, professeurs et autres membres du personnel confondus, cela représente 30.000 personnes, soit 5000 tests par jour ouvrable. Le coût de ce test est de 12 euros, c’est environ 4 fois moins que le classique test nasopharyngé, dit "test du coton-tig ". Les échantillons seront analysés par lots de six, ce qui permet également un traitement beaucoup plus rapide.

Des tests moins fiables mais une meilleure couverture

S’ils permettent de dépister un grand nombre de personnes en peu de temps, ces tests sont cependant moins fiables que celui du coton-tige. "Mais cela permet de tester des personnes qui autrement n’auraient pas été dépistées du tout", soutient Fabrice Bureau qui est aussi à l’origine de la mise au point de ce test salivaire. "De plus, c’est par la salive que se propage le virus, il est donc intéressant d’analyser la concentration de virus dans la salive plutôt qu’au fond du nez. Une personne qui a une petite concentration du virus au fond de son nez ne sera pas forcément contagieuse."

Un test anonyme, sur base volontaire

Concrètement, les étudiants recevront leur kit chaque semaine à un cours donné. Ils réaliseront le prélèvement le lendemain matin, chez eux, à jeun et avant de se brosser les dents. Au cours suivant, ils seront invités à déposer leur kit dans une urne prévue à cet effet. Les échantillons seront ensuite emmenés vers un laboratoire de la faculté vétérinaire et analysés dans la foulée. Les résultats seront disponibles le soir même.

Chaque kit est associé à un code. Les personnes testées seront invitées à se connecter à un site internet où ils introduiront ce code pour consulter leur résultat. Le dépistage est donc entièrement anonyme, impossible pour l’université de savoir à quel étudiant ou membre du personnel correspond un résultat positif. "On compte sur l’esprit civique des gens. On leur recommande de se signaler, d’aller voir leur médecin et de se mettre en quatorzaine".

Tester 5000 personnes par jour, un défi logistique

Le test se pratique également sur base volontaire. "Celui qui ne voudra pas faire le test ne sera pas obligé de le faire et il pourra évidemment venir au cours tout de même", promet Fabrice Bureau.

Les tests devraient démarrer dès le premier jour de la rentrée, le 14 septembre. Mais dépister 30 000 personnes par semaine, cela ne s’improvise pas. "Aujourd’hui, le véritable défi est logistique plutôt que technique", assure le vice-recteur. "D’ailleurs, toute une équipe logistique travaille là-dessus au sein de l’Université."

 

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