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COVID-19 : comment les hôpitaux doivent préparer la 2e vague

COVID-19 : comment les hôpitaux doivent préparer la 2e vague

© SEBASTIEN BOZON - AFP

30 avr. 2020 à 16:37Temps de lecture4 min
Par Johanne Montay

Ils attendaient les consignes. Les hôpitaux viennent de les recevoir. Comment maintenir des capacités hospitalières suffisantes pour faire face à la "deuxième vague" de contaminations ? Le Risk Management Group et les autres structures impliquées ont rédigé leurs directives à l’attention des hôpitaux. Premier élément : la phase active du plan d’urgence de l’hôpital reste d’application, jusqu’à indication contraire. Ce plan baptisé PUH, mis en place depuis la première vague, ne disparaît donc pas.

Les signataires de ces directives constatent que les hôpitaux continuent à prendre en charge la "première vague" de patients COVID-19 ; que le nombre de patients diminue "lentement mais sûrement", mais qu’il faut rester au plus haut niveau de préparation, "en tenant compte de nouvelles vagues d’épidémie et d’afflux de patients atteints de COVID […]" mais aussi des soins retardés par les patients… De nombreux hôpitaux ont encore aujourd’hui un taux d’occupation COVID-19 supérieur à la capacité minimale requise pour ce qui nous attend.

Deux défis attendent maintenant les hôpitaux : se préparer à un prochain flux probable, à savoir "la deuxième vague", et redémarrer progressivement les activités non COVID-19 à l’hôpital.

Redémarrage progressif

Les soins non essentiels ont été annulés depuis l’épidémie. Cela reste le cas. Mais il faut envisager la reprise progressive des activités dans les hôpitaux. Tous les soins dits "nécessaires et urgents" peuvent être dispensés en priorité absolue. Cela ne change pas. Mais la notion d’urgence bouge : ce qui n’était pas urgent le devient, car des soins nécessaires ont été retardés. Les hôpitaux doivent prendre contact avec les patients, en leur appliquant un ordre de priorité. Cela concerne les consultations, l’hospitalisation à domicile, les équipes mobiles, les services médico-techniques, l’hospitalisation de jour ou classique.

En dehors de ces soins, le redémarrage des activités hors COVID est vraiment conditionné et limité. Ces activités ne peuvent pas démarrer si la prise en charge de la première vague ne peut se faire correctement, et si les exigences de la deuxième vague ne sont pas rencontrées. Il faut aussi du personnel médical en suffisance, et surtout, mettre en place des mesures d’organisation pour l’accueil des patients, les salles d’attente, etc. pour éviter la promiscuité sociale.

Consultations et hospitalisations

Si toutes ces conditions sont remplies et garanties, les consultations, activités d’hospitalisation à domicile et équipes mobiles pourront reprendre de façon progressive à partir du lundi 4 mai. Les activités non chirurgicales des hôpitaux de jour, comme la gériatrie et la psychiatrie, pourront reprendre à la même date, tout comme les activités chirurgicales en hôpital de jour ne nécessitant pas de soins intensifs.

Mais il faudra attendre le 11 mai pour, si les conditions sont remplies, procéder à des hospitalisations classiques (utilisant ou non les soins intensifs).

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Un accompagnant par patient

Chaque patient venant en consultation à l’hôpital ou en hospitalisation de jour peut être accompagné d’une personne, de préférence de sa propre famille ou d’un environnement proche. Cette personne doit porter son propre masque buccal.

Pour les patients hospitalisés, toujours pas de visite possible. Les exceptions sont les mêmes qu’avant : un ou deux parents peuvent veiller sur un nouveau-né ou un enfant de moins de 18 ans hospitalisé. De même, les parents immédiats de personnes en phase critique ou terminale peuvent venir à l’hôpital.

Le plan "2e vague"

Ces règles concernent les hôpitaux et non directement les patients. Pour être complets, nous les répercutons néanmoins. Elles montrent les moyens déployés pour se préparer à cette deuxième vague. Les hôpitaux doivent agir en 3 phases. Dans une première phase :

- Au moins 25% des lits de soins intensifs agréés doivent être réservés pour le traitement des patients COVID-19 ;

- Au moins 25% de lits de soins intensifs supplémentaires doivent être créés (en plus des lits agréés cités plus haut) pour le traitement des patients COVID-19, ces lits devant pouvoir être activés en permanence dans un délai maximum de 48 heures ;

- Au moins 4 fois la somme du nombre de lits intensifs agréés et supplémentaires (soit le total des deux premiers points) doit être réservé au traitement non intensif des patients COVID-19.

La montée en puissance est prévue dans une deuxième phase (doublement de l’effort dans un délai de 7 jours), et dans une troisième phase(triplement de l’effort).

Les hôpitaux sont invités à collaborer au sein d’un réseau ou au sein de la province, pour arriver à assurer ces capacités. Ces accords de collaboration doivent être conclus de façon proactive, c’est-à-dire sans attendre la saturation. Dès qu’un hôpital atteint un taux d’occupation de 75% de sa capacité et/ou qu’il ne reste que 2 lits à caractère intensif, l’hôpital doit commencer des transferts.

Le gouvernement fédéral prévoira un système de compensation financière pour les hôpitaux.

 

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