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Covid-19 : "La moitié des patients hospitalisés a désormais moins de 50 ans"

Covid-19 : "La moitié des patients hospitalisés a désormais moins de 50 ans"
18 mars 2021 à 19:01 - mise à jour 18 mars 2021 à 19:473 min
Par Martin Bilterijs

Depuis environ 10 jours, les contaminations au coronavirus dépassent la barre des 3000 quotidiennes et un nouveau cap a été franchi en début de semaine : 5034 nouveaux cas ce lundi. Pour retrouver un tel chiffre, il faut remonter au 6 octobre dernier, trois semaines avant le début du pic de ce qui allait devenir la deuxième vague.

Un patient Covid, c’est minimum deux semaines aux soins intensifs

Et, forcément, cela signifie que la pression sur les hôpitaux augmente avec 175 admissions par jour en moyenne. Au total en Belgique aujourd’hui, 2121 patients sont hospitalisés en lien avec le Covid. On est évidemment loin des plus 7000 personnes à l’hôpital au début du mois de novembre.

Mais un autre indicateur inquiète : c’est l’occupation des soins intensifs par les malades du Covid. Ils sont 534 aujourd’hui. Et ce chiffre augmente quasi quotidiennement depuis un mois à peu près. "Depuis ce week-end, on a une forte hausse des patients", confirme l’infectiologue aux Cliniques universitaires Saint-Luc, Leïla Belkhir. "On a déjà eu des soubresauts par le passé. Ici, malheureusement, non. À tel point que nous avons dû, à nouveau, ouvrir une deuxième unité Covid. On est plus inquiets, en tout cas."

Un sentiment de déjà-vu qui n’est pas très agréable, rajoute l’infectiologue. Regardez ses précisions :

Covid-19 : « 30, 34, 40 ans, je constate beaucoup plus de jeunes patients hospitalisés »

CQFD

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Une mortalité 50% plus élevée

Mais comment en est-on arrivé là ? La réponse est à chercher du côté des variants. Aujourd’hui, le variant britannique, que les scientifiques appellent N501Y.V1, représentent 69,1% des échantillons analysés en Belgique. Un dernier rapport du laboratoire de référence national souligne qu’on ne peut pas exclure à ce stade une évolution vers une phase exponentielle dans les jours et les semaines à venir, à l’image de ce que d’autres pays européens vivent depuis quelques semaines.

Un variant qu’on attrape plus facilement, et qui est bel et bien plus virulent aussi, confirme Simon Dellicour, épidémiologiste, chercheur à l’ULB. "Les patients atteints à ce variant ont en effet plus de chances de se retrouver hospitalisés à la suite de développements de symptômes plus sévères. Et au niveau de la mortalité, elle est 50% plus élevée. On le voit : il y a proportionnellement plus d’hospitalisations chez les patients porteurs de la souche britannique."

On n’a quasi plus patients de plus 80 ans hospitalisés

Aussi, les scientifiques observent un rajeunissement dans les contaminations : les 15 premiers jours du mois de mars, les 10-19 ans représentent la plus grosse proportion des contaminés, tandis que la part des personnes de 60 à 90 ans est nettement inférieure, probablement parce que la vaccination dans ces tranches d’âge a déjà commencé.

"On n’a quasi plus patients de plus 80 ans hospitalisés", approuve Mme Belkhir. "On est à 50% de moins de 50 ans, ce qui n’était pas habituel auparavant. On a des personnes de 34, 35, 40, 44, 47 ans. Il y a certes parfois un facteur de risque, comme l’hypertension. Attention, nous avons déjà eu des plus jeunes hospitalisés par le passé. Mais c’est clair que je constate aujourd’hui des patients plus jeunes qu’avant."

Ça ne veut évidemment pas dire qu’ils vont tous développer une forme grave, "le turn-over est rapide, on peut les traiter et les soigner, heureusement", complète l’infectiologue.

Les écoles, moteur de l’épidémie ?

Pour objectiver la situation, reprenons les chiffres communiqués par l’Office National de la Naissance et de l’Enfance. L’ONE rapporte une très forte augmentation des cas de Covid-19 dans l’enseignement fondamental et secondaire en Fédération Wallonie-Bruxelles : 1906 cas. Sur ces 1906 contaminations, 1360 concernent les élèves. Le reste, ce sont les membres du personnel. 1360, c’est tout de même 50% de plus que la semaine précédente.

Alors, les écoles sont-elles occupées de devenir un moteur de l’épidémie ? Faut-il revoir la stratégie ? Regardez la réponse de Simon Dellicour :

Les écoles, moteur de l’épidémie ?

CQFD

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