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Psychologie

Courir aurait les mêmes effets "bien-être" que fumer un joint

Courir aurait les mêmes effets "bien-être" que fumer un joint
16 août 2016 à 05:302 min
Par RTBF TENDANCE

Dans les années 70, la course à pied est considérée comme un acte marginal, une pratique quasi déviante cantonnée aux athlètes masculins et à l’enceinte des stades. Les femmes en étaient même "interdites" avec des clichés comme "si tu cours, des poils te pousseront sur les jambes", des clichés qui soulèveront un mouvement de contestation et aboutiront à la création de mouvements féministes pour la course à pied. Depuis, c'est à une véritable mode à laquelle on assiste, avec notamment des cours pour les initiés, des vêtements ou encore des chaussures hors de prix.

Outre le sport et le plaisir de courir, le réalisateur du documentaire, Pierre Morath, évoque également la dérive d’une activité "libre et gratuite" vers une économie du running. Un exemple, le salaire moyen des participants au marathon de New York est supérieur à 100 000 dollars par an. Et à l'heure actuelle, avec la recherche de la performance, certains sont plutôt "à regarder leur montre au lieu d’admirer le paysage".

Pour en parler, l'équipe d'On n'est pas des pigeons a reçu Gilles Goetghebuer, rédacteur en chef de Sport et Vie.

Quel intérêt a le running pour la santé? Qu’est-ce que cela développe?

Cela a des effets sur le corps, sur le coeur, sur les os, sur les muscles, sur la régulation du taux de sucre dans le sang et sur le mental. Mais cela permet également la production de neuro-transmetteurs qui font qu'on se sent bien et plus heureux quand on fait du sport. Les bienfaits du jogging sont innombrables et concernent l'ensemble des fonctions de l'organisme.

On parle même d’une drogue?

Les raisons pour lesquelles on commence la course à pied (en général pour perdre du poids) ne sont pas celles pour lesquelles on continue. On continue parce que, petit à petit, on découvre un attachement à la course à pied car on se sent véritablement mieux. Du point de vue neurologique, quand on court, on sécrète des endocannabinoïdes qui sont exactement similaires aux molécules que l’on assimile quand on prend du cannabis. C'est donc une sorte de cannabis endogène, un cannabis naturel qui, lui, est parfaitement bien géré par l'organisme car produit par les glandes du cerveau. Tandis que celui qui est apporté sous forme de hashish ou d’herbe ou de pétard, celui-là évidemment, il est beaucoup plus difficile à gérer par l’organisme.

Aujourd’hui, des besoins ont été créés de tout pièce pour la course à pied, ces besoins ont-ils été créés dans un but purement commercial ?

Comme dans tous les domaines, c'est devenu un grand marché. Des contrats de dizaines de millions de dollars sont offerts aux meilleurs représentants de la marque et de grosses sommes sont également investies dans la recherche pour l'amélioration des modèles. 

Est-ce que l’évolution des produits a servi la pratique du sport ?

La première innovation, au début des années 70, a été de mettre des semelles amortissantes. Ça a été un élément déclencheur de la vogue du jogging dans le monde.

Nike s’est également construit autour de ce sport...

La société Nike, par exemple, a été créée sur un petit marché de niche. La légende veut que les premières semelles ont été créées dans un moule à gaufres, mais c'est, au départ, une production artisanale. Le fondateur, Philip H. Knight, se rendait sur de petites courses et allait vendre ses chaussures, et puis ça a été l'explosion. L'innovation, cette idée, de mettre des semelles amortissantes pour courir sur des surfaces dures, a été un des éléments qui a permis l'engouement du jogging dans le monde.

"Free to run", un documentaire à voir donc dans de nombreuses salles en Wallonie. Certaines projections seront également suivies d'un débat.

Article original publié sur On est pas des pigeons.

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