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Cour d’appel du Hainaut : séquestrée après le vol d’une montre de valeur

Photo d'illustration.

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C’est une affaire digne d’un film mafieux hollywoodien qui a été plaidée jeudi matin devant la quatrième chambre de la cour d’appel du Hainaut. Une femme a été détenue arbitrairement par trois hommes, après avoir volé une montre d’une valeur de 34.000 euros. L’un d’eux, condamné à 18 mois de prison, a fait appel et sollicite son acquittement. 

Les faits 

Le 15 décembre 2020, Sandra passe la soirée chez Eddy, un homme bien connu dans la région du Centre en raison de ses antécédents judiciaires. La jeune femme se rend dans la cuisine, où se trouvent deux montres. Elle s’empare de l’une d’elle. Le lendemain, elle fait des recherches sur internet et constate que la montre dérobée a une valeur de 34.000 euros. Sandra prend peur car elle sait qu’Eddy va se lancer à sa recherche. 

Le lendemain, Eddy se lance dans une chasse à l’homme. Il sait que Sandra a l’habitude de se fournir en drogues près d’un restaurant à Strépy-Bracquegnies. Sur le chemin, Eddy embarque Eugénio, qui est en train de souper à Trivières. " Il m’a appelé alors que j’étais chez un ami, j’ignorais ce qu’il voulait faire ", raconte le prévenu. 

Sandra hurlait

Selon un témoin, trois hommes sont arrivés près du restaurant, rue Joseph Wauters. Eddy est sorti de l’auto. Il a trouvé Sandra, couchée sur le siège arrière d’une voiture. Il l’a sortie de l’auto et l’a frappée. Elle hurlait et a été embarquée de force dans une Mercedes.

Ce témoin a appelé la police et la Mercedes a été arrêtée un peu plus tard. Eddy conduisait l’auto. Eugenio était assis à l’arrière, avec Sandra. Selon les policiers, elle était paniquée mais ne présentait aucune trace de coups. On ignore le sort que lui réservaient ses ravisseurs. 

Les peines 

Le tribunal correctionnel du Hainaut, division de Mons, a condamné Eddy à une peine de trois ans et Eugénio à une peine de 18 mois pour détention arbitraire et coups et blessures. Seul Eugénio a fait appel du jugement, sollicitant son acquittement. "Je n’ai pas frappé Sandra, et je ne l’ai pas tenue pour qu’Eddy la cogne", déclare le prévenu, alors qu’il avait fait des aveux à la police. Selon son avocate, rien ne démontre qu’il avait la volonté de détenir arbitrairement Sandra et de lui porter des coups. 

L’avocat général s’est opposé à la suspension du prononcé de la condamnation, à titre subsidiaire, afin de ne pas banaliser ce genre de faits. Au lieu de déposer une plainte pour vol, les prévenus ont préféré mener ce qui ressemble à une expédition punitive. L’arrêt sera prononcé au début du mois de janvier. 

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