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Cour d'appel de Bruxelles: une peine de deux ans de prison requise à l'encontre de Christian Van Eyken pour faux

L'avocat général a requis, jeudi matin, devant la cour d'appel de Bruxelles, une peine de deux ans de prison, sans s'opposer à ce qu'elle soit assortie d'un sursis, à l'encontre de Christian Van Eyken pour avoir produit un faux diplôme au bénéfice de son épouse Sylvia Boigelot.

L'ancien député francophone au Parlement flamand a contesté son implication et a demandé l'acquittement.

"Les faits sont graves. C'est une fraude au titre, ce n'est pas anodin, qui plus est commis par monsieur Van Eyken en sa qualité de parlementaire", a avancé l'avocat général. Celui-ci a requis une peine de deux ans de prison pour faux à l'encontre du prévenu, sans s'opposer au sursis, le casier judiciaire du prévenu étant toujours vierge.  

Un faux diplôme 

En 2017, le tribunal correctionnel de Bruxelles avait déclaré Christian Van Eyken et son épouse Sylvia Boigelot coupables d'avoir produit un faux diplôme pour cette dernière. Le couple avait bénéficié d'une suspension du prononcé de la condamnation. Sylvia Boigelot avait avoué les faits, affirmant avoir agi seule, après avoir, dans un premier temps, accusé son mari Marc Dellea d'être l'auteur du faux. Christian Van Eyken, contestant donc sa culpabilité, avait fait appel.

L'affaire remonte à 2016, alors que la police enquêtait sur Christian Van Eyken et son attachée parlementaire avec qui il entretenait une relation amoureuse, Sylvia Boigelot, dans le cadre du meurtre du mari de cette dernière, Marc Dellea.

Les enquêteurs avaient découvert, sur l'ordinateur du député, un fichier créé en décembre 2011, s'apparentant à un faux diplôme d'éducatrice spécialisée au nom de Sylvia Boigelot. Selon l'enquête, le diplôme avait bien été falsifié et avait permis à sa détentrice d'obtenir une rémunération, pour son emploi d'attachée parlementaire, correspondant à un diplômé de niveau B, alors qu'elle aurait dû en percevoir une correspondant à un niveau C.

Les étapes de transformation du document

"Le document a été retrouvé sur l'ordinateur de monsieur Van Eyken, dans un dossier nommé 'privé/sylvia', où l'on retrouve aussi ses confidences écrites à madame Boigelot au sujet de ses infidélités", a avancé le magistrat. "Mais surtout, l'enquête a permis de voir toutes les étapes de transformation du document, à commencer par la copie du diplôme d'éducateur spécialisé d'une haute école, obtenu par un homme qui l'a ensuite placé sur un site Internet".

Un autre fichier a été créé à partir du premier, avec cette fois le nom de Silvia Boigelot, qu'on a "upgradé" au passage en changeant la mention pour mettre "avec distinction". Enfin, un autre fichier est créé sur base du précédent, avec cette fois la signature de madame Boigelot à la place de celle du détenteur du diplôme", a exposé le représentant du ministère public.

La copie homologué par la commune de Linkebeek

Le magistrat a encore rappelé que le faux diplôme avait été homologué le 23 décembre 2011 par la commune de Linkebeek, où Christian Van Eyken avait été conseiller communal, échevin puis bourgmestre. Néanmoins, il est apparu que le cachet de la commune n'était pas à l'encre noir comme cela doit être le cas, mais à l'encre bleu, et qu'il avait été apposé au mauvais endroit sur le papier. 

"Monsieur Van Eyken connaît Sylvia Boigelot depuis 2002 et a entamé une relation avec elle dès 2009. Il devait bien savoir qu'elle n'avait pas fait d'études d'éducatrice", a encore relevé l'avocat général. 

De son côté, le prévenu a contesté toute implication dans les faits. Il a précisé à l'attention de la cour que Sylvia Boigelot avait accès à son ordinateur. Son conseil, Me Laurent Kennes, a plaidé l'acquittement et, à titre subsidiaire, la suspension du prononcé de la condamnation.

La cour a pris l'affaire en délibéré et rendra son arrêt le 31 mars prochain.

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