Tennis

Coupe Davis : A la rencontre de Michael Geerts, le cinquième joueur de l’équipe belge

Michael Geerts, joueur de l’équipe belge de Coupe Davis

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Il porte fièrement le maillot rouge de l’équipe belge de Coupe Davis, aux côtés de David Goffin, Zizou Bergs, Sander Gillé, et Joran Vliegen. Michael Geerts est le cinquième joueur de tennis sélectionné par le capitaine Johan Van Herck, pour les rencontres de la phase de poules, à Hambourg.

La Belgique s’est bien battue, mais a été éliminée. Elle ne sera pas du voyage à Malaga, au mois de novembre, parmi les huit meilleures nations du monde. La rencontre avec la France ne sera disputée que pour l’honneur, ce samedi. Et Michael Geerts aura l’occasion de jouer. Il l’a déjà fait, en équipe nationale, il y a un an, et pour un match qui comptait vraiment. Il avait gagné, et contribué au retour de la Belgique parmi l’élite.

Rencontre avec Michael Geerts, un joueur intelligent, dévoué à son équipe…

Michael, que ressentez-vous en tant que membre de l’équipe belge de Coupe Davis ?

C’est énorme, bien sûr. Et c’était un grand objectif, pour moi. Il y a quelques mois, je m’étais dit que comme on était qualifiés pour la phase finale, être retenu dans l’équipe serait mon but. Je suis très heureux d’être ici cette semaine, et d’avoir cette expérience. C’est quelque chose que je n’oublierai jamais.

Vous avez déjà de bons souvenirs de la Coupe Davis, puisque vous aviez joué, au Paraguay, contre la Bolivie. Et vous aviez même gagné…

Oui, et j’étais un peu dans la même situation que cette fois-ci, j’étais le troisième joueur de simple. J’avais fait une très bonne semaine d’entraînement, et je me sentais très "fit". Zizou Bergs a eu des problèmes physiques, et c’est moi qui ai joué contre Hugo Dellien, un top 100, un vrai joueur de terre battue. J’ai fait un grand match, et j’ai bien géré la pression. C’était un moment très important pour moi, et pour ma confiance. Et pour l’équipe aussi, bien sûr, puisque gagner contre la Bolivie était compliqué, et j’ai aidé à le faire. Ce que j’ai ressenti après le match était incroyable. J’espère encore vivre ce genre de choses dans ma carrière.

Peut-on dire qu’avoir apporté ce point à la Belgique, c’est le meilleur souvenir de votre carrière ?

Oui, je pense que c’était ma meilleure expérience. Parce que c’était en équipe, et j’adore jouer pour mon pays. Et même s’il n’y avait pas beaucoup de public, parce qu’on jouait pendant le Covid, cela reste une expérience inoubliable. C’était magnifique.

On ne connaît pas bien votre caractère. Comment êtes-vous, dans un groupe comme celui-là ?

Je suis quelqu’un qui aime rigoler, mais je suis aussi très sérieux. En particulier pendant les entraînements. Et comme je suis le joueur "réserve", c’est à moi de réussir de bons entraînements, pour faire douter le capitaine, et éventuellement avoir une chance de jouer cette semaine. On est un bon groupe, on s’entend bien, et on rigole ensemble.

Et sur le banc, vous criez, vous vous levez tout le temps, vous êtes nerveux ?

Je pense que je suis "énergétique", parce que je suis quelqu’un qui veut gagner, y compris quand je ne joue pas. C’est l’équipe qui gagne, et quand on fait partie de l’équipe, il est important de communiquer de l’énergie aux joueurs. Je suis vraiment dans le match, mais je ne suis pas très nerveux, parce que j’ai confiance en eux. J’essaye de leur donner mon énergie, et je pense que cela aide, d’avoir une équipe derrière soi. C’est ce que j’ai vécu au Paraguay, ça m’avait donné un "boost".

Si l’on vous compare avec les quatre autres joueurs de l’équipe, on peut dire que vous n’avez pas la même vie. Ils jouent des Grands Chelems et des tournois ATP, mais pas vous. Sauf lors du récent US Open, où vous avez disputé un match de qualification. Est-ce un but, pour vous, de participer à ce genre de tournois ?

Oui, parce que c’est le but de tous les joueurs. Et j’arrive à apprendre d’eux, cette semaine. Ici, on est des coéquipiers, et on s’entend très bien. David a une expérience énorme, et on en a beaucoup parlé ensemble. On a aussi parlé de ce que je pouvais encore améliorer. Ces conversations sont très intéressantes pour moi, parce que je sais que j’ai encore beaucoup à apprendre, et que j’ai encore de la marge. C’est à moi de faire mieux. Je sais que j’en suis capable, que je peux jouer des tournois ATP, que je peux jouer tous les Grands Chelems, et pas seulement une fois comme ici à New York. Et je pense que je peux être un joueur du top 200. C’est à moi d’améliorer mon jeu, et de m’améliorer dans tous les domaines, le mental, le physique. J’essaye d’investir dans ma carrière, pour franchir la prochaine étape.

Est-elle difficile, votre vie sur le circuit, dans les ITF, dans les challengers ?

Oui, c’est dur. C’est un sport très individuel. Il n’est pas toujours possible de voyager avec quelqu’un, donc je fais pas mal de tournois seul. Jusqu’en septembre dernier, je faisais encore des études, donc j’avais quelque chose à côté du tennis. Quand je perdais un match, je commençais parfois à étudier un peu, pour me changer les idées. Maintenant, cela fait un an que je suis vraiment à plein temps sur le circuit. J’aime bien, mais c’est important de trouver l’équilibre entre la vie privée et la vie sur le circuit. C’est très compliqué, avec tous les voyages, qui s’organisent parfois en dernière minute. Et quand on subit quelques défaites de suite au premier tour, on doit bien le gérer. Il faut directement se dire qu’on peut en apprendre quelque chose. Je vais essayer de progresser ces prochains mois, pour peut-être atteindre le top 200. Le top 100, ce sera sans doute difficile, mais il faut essayer. Il faut que je donne tout, et on verra ce qui se passera.

C’est dur financièrement, aussi ?

Ce n’était pas très facile, ces dernières années. Maintenant, la Coupe Davis, les qualifications de l’US Open, et les interclubs, cela aide beaucoup. C’est difficile de trouver l’équilibre entre ce que veux encore investir dans ma carrière, combien je mets de côté, combien je gagne à la fin de l’année. Je peux être largement en négatif sur une semaine, et en positif la semaine suivante. Il est important d’envisager le long terme, pour voir si cela se passe bien financièrement ou pas, si cela marche ou pas. C’est aussi à moi de me dire que je peux encore progresser, donc que je dois encore investir dans ma carrière. Et il n’y a pas que le financier. Je dois aussi m’investir mentalement, et par exemple utiliser cette semaine de Coupe Davis pour faire mieux les prochaines semaines.

Qu’avez-vous fait, comme études ?

J’ai fait un bachelor en sciences économiques, puis un masters en finances, et pendant le Covid, j’ai fait un post-graduat en management du sport. J’ai toujours aimé étudier et faire quelque chose à côté du tennis. Pour moi, c’était important de ne pas toujours penser au tennis, parce que cela me rendait parfois fou. Quand je ne jouais pas très bien, ou que je traversais une période un peu plus difficile, étudier m’a aidé. Maintenant, c’est la première année où je suis professionnel à plein temps, et j’ai mon meilleur classement. Ce qui veut aussi dire que cela peut encore aller mieux dans les prochaines années. Je vais maintenant tout donner pour le tennis.

Vous aimez votre vie de joueur ? Et que préférez-vous dans cette vie ?

Je la vois comme mon boulot. Mais c’est très différent d’un autre boulot, c’est certain. Il y a des avantages et des inconvénients. C’est parfois dur de voyager pendant le week-end, de rater des sorties avec les copains, des anniversaires ou des mariages. Mais ce sont des choix, pour ma carrière de joueur de tennis. Et avoir cette expérience en Coupe Davis me fait comprendre que c’est pour cela que je rate tous ces rendez-vous. Etre ici avec l’équipe me procure beaucoup de joie.

Ce que vous préférez en tennis, c’est la compétition, vous battre sur le court ?

Oui, certainement. J’aime aussi les entraînements, mais là il n’y a pas la satisfaction de gagner un match compliqué et serré. Au Paraguay, j’ai vécu quelque chose que je ne peux pas décrire. Travailler très dur, s’entraîner, se donner à fond physiquement, et gagner un tel match après cela, fait tellement plaisir. C’est pour cela qu’on bosse tous les jours. Je n’oublierai jamais une expérience comme celle-là.

Et gagner un match au premier tour d’un tout petit tournoi, cela donne la même joie ?

C’est différent. Mais j’essaye toujours de penser à long terme. Si je joue un challenger, c’est pour un but à long terme. Par exemple, pour arriver à atteindre les qualifications pour l’Australie. J’essaye de toujours penser que c’est un premier tour, mais que si je le gagne, je peux jouer un deuxième tour, puis peut-être faire vraiment un bon résultat, qui peut m’envoyer dans les qualifications d’un tournoi du Grand Chelem, ou dans une sélection pour la Coupe Davis. Je pense toujours un peu de cette manière. Et cela me motive pour vraiment me donner à fond. Que ce soit un premier tour dans un challenger, ou la finale, ou le premier tour d’un ATP, ou un match de Coupe Davis, je me donne toujours à fond, parce que je sais que cela peut vraiment changer quelque chose à plus ou moins long terme. Je pense que c’est important de penser de cette manière.

Rencontre avec Michael Geerts, le 5e Mousquetaire belge en Coupe Davis

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