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Coup d’Etat au Soudan : à Khartoum, des milliers de personnes défilent en hommage aux manifestants tués

Manifestants à Khartoum, le 17 janvier 2022
20 janv. 2022 à 13:32 - mise à jour 20 janv. 2022 à 13:432 min
Par Belga

Des milliers de manifestants défilent jeudi à Khartoum pour une journée d'"hommage aux martyrs" alors que la liste des victimes de la répression ne cesse de s’allonger au Soudan où le pouvoir militaire a renforcé son emprise avec le putsch d’octobre.


A lire aussi : Soudan : l’ONU lance des discussions pour résoudre la crise politique


Dans différents quartiers de Khartoum, ils ont défilé aux cris de : "Les militaires à la caserne !", alors que selon des médecins 72 manifestants ont été tués, pour beaucoup par balles, depuis le coup d’Etat du 25 octobre. La police, elle, assure qu’un de ses généraux a été poignardé à mort par des manifestants.

 

Initiative des Nations Unies

Parmi les Soudanais qui défilaient, des dizaines ont convergé vers la réprésentation de l'ONU à Khartoum avec des pancartes "Non aux solutions venues de l'étranger", en réponse à l'initiative de dialogue des Nations unies que la rue rejette en bloc, réclamant avant toute chose la remise du pouvoir aux civils.

En 2019, lorsque la rue forçait l'armée à démettre l'un des siens, le dictateur Omar el-Béchir, civils et généraux s'engageaient à mener ensemble le pays vers ses premières élections libres depuis 30 ans.

Mais le 25 octobre dernier, le chef de l'armée, le général Abdel Fattah al-Burhane, a coupé court à ce partenariat. 

Il a fait arrêter la plupart des civils qui partageaient le pouvoir avec lui et les a remplacés par des militaires ou des civils sans passé militant.

Il a même formé mercredi soir un gouvernement "chargé des affaires courantes" avec des hauts fonctionnaires peu connus dont certains tout juste nommés après les purges post-putsch.

Outre l'ONU, l'envoyé spécial des Etats-Unis pour la Corne de l'Afrique David Satterfield et la secrétaire d'Etat adjointe Molly Phee tentent aussi d'appeler au dialogue à Khartoum.


A lire aussi : Soudan : tirs de grenades lacrymogènes sur des milliers de manifestants anti-putsch


 

Soudan : des milliers de Soudanais défilent en hommage aux manifestants tués (20 janvier)

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Genou à terre

Jeudi, ils ont rencontré des responsables mais aussi l'ancien porte-parole du gouvernement -arrêté et limogé le jour du putsch- Khalid Omer Yousif.

Ce fervent défenseur d'un pouvoir civil a indiqué sur Twitter leur avoir dit qu'il n'y avait "pas d'autre issue" que de satisfaire la rue en mettant "fin à l'état de fait putschiste".

Surtout, les manifestants réclament aujourd'hui justice pour les familles des 72 manifestants tués, pour beaucoup par balles, depuis le 25 octobre.

Parmi ces morts figurent neuf enfants, souligne l'Unicef qui ajoute que "des garçons et des filles de 12 ans à peine sont détenus" dans un pays où les jours de mobilisation les forces de sécurité arrêtent les passants par dizaines.

La mort de sept manifestants lundi avait ainsi provoqué l'indignation dans le pays, et la société civile avait appelé à deux jours de grève générale. Un mouvement suivi à Khartoum, où des barricades continuent de hérisser les rues.

Mercredi soir, les joueurs de l'équipe nationale de football sont même allés jusqu'à poser le genou à terre pour une prière aux morts avant le coup d'envoi de leur dernier match en Coupe d'Afrique des nations au Cameroun.

Alors que l'impasse politique est totale dans le pays, le Darfour, dans l'ouest, est toujours secoué par des violences, ont voulu rappeler des centaines d'autres manifestants.

Ces déplacés de guerre ont défilé dans un camp proche d'al-Facher, le chef-lieu de la province dont s'est retirée en 2021 la mission de paix conjointe de l'ONU et de l'Union africaine (Minuad), après la mort de cinq personnes dans l'attaque d'un groupe armé.

"Depuis que la Minuad est partie, personne ne protège notre camp", se désole Mohammed Adam, un des responsables du camp joint par l'AFP par téléphone.

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