Chronique cinéma

Couleurs de l’incendie, une fresque historique intense sous la direction de Clovis Cornillac

Léa Drucker dans le film Couleurs de l'incendie

© Gaumont - La Company - Umedia - France 2 Cinéma (2020)

09 nov. 2022 à 11:15Temps de lecture3 min
Par Nicolas Buytaers

Petit détour par les salles obscures avec Nicolas Buytaers qui nous livre ses coups de cœur de la semaine dont Couleurs de l’incendie, une fresque historique intense sous la direction de Clovis Cornillac, le film idéal de cette fin d’automne à voir dès ce mercredi 9 novembre.

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Couleurs de l’incendie est un drame historique français, basé sur le roman du même nom de l’auteur Pierre Lemaitre.

Cette histoire commence en 1927 quand Madeleine hérite d’un gigantesque empire financier à la mort de son père. Un empire qui s’écroule vite. Mais est-ce de sa faute ? Une femme à la tête d’un monde d’hommes, était-elle faite pour diriger cet empire ? Un empire qui lui a aussi coûté la vie de son fils ? Ruinée, Madeleine ne se laisse pourtant pas abattre et tente de comprendre pourquoi et comment tout cela est arrivé. Elle tente encore de surmonter son chagrin. Elle enquête sur tous ces hommes à l’origine de sa chute alors que la France et l’Europe entière assistent aux premiers ravages de cet incendie nationaliste venu d’Allemagne.

Ce film, on le doit à l’acteur Clovis Cornillac. Il signe ici son 4e film comme réalisateur. Et pour être certain de raconter la meilleure des histoires, Clovis s’est adjoint les services du romancier Pierre Lemaitre, qui scénarise son propre livre à l’origine de ce récit historique. Et c’est assez malin de proposer à l’auteur de réécrire son histoire, cela permet surtout d’éviter les trahisons à l’œuvre originale ou du moins de justifier celles-ci ! Couleur de l’incendie s’inscrit encore dans la lignée du film Au revoir là-haut d’Albert Dupontel, ici aussi là aussi d’après une histoire originale de Pierre Lemaitre. D’ailleurs ces "Couleurs" sont aussi élégantes et soignées dans la mise en scène et la reconstitution de cette France de l’entre-deux-guerres que l’était cet "Au revoir". Rajoutez à cela un casting juste parfait avec Léa Drucker, Benoit Poelvoorde, Oliver Gourmet et Clovis Cornillac et cette partie d’échecs aux revendications féministes sur fond de vengeance vous fera passer un moment intense en salles. Il est le film idéal à voir en cette fin d’automne.

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Black Panther : Wakanda Forever

Pour apprécier ce Black Panthers 2, il faut avoir bien en tête les événements du premier épisode, qui avait cartonné à sa sortie et était une agréable surprise. Ici, le film commence mal vu que le fameux super-héros, le Black Panther est mort. Nous assistons à ses funérailles. T’Challa, c’était son nom, était encore le roi du puissant Wakanda. Une patrie scientifiquement avancée et riche grâce à la présence unique en sous-sols d’un minerai aux propriétés quasi magiques, le Vibranium. Enfin pas si unique que ça car on en a découvert au fin fond de l’océan, en plein cœur d’un autre empire dont personne ne doutait de l’existence, le Talokan. Un empire dirigé par le puissant et terrible Namor, un homme-poisson mutant prêt à tout pour défendre les siens, même à déclencher une guerre au monde entier. Seul le Black Panther peut combattre cet ennemi puissant. Le ou la Black Panther, car la relève viendra peut-être de la sœur de T’Challa.

La préproduction de cette suite a surtout été marquée par la mort d’un cancer de l’acteur qui incarnait T’Challa, Chadwick Boseman. Les Studios Marvel ont décidé de ne pas confier le rôle à un autre acteur et par conséquent ils ont féminisé leur histoire. Elle est là la réelle bonne idée de cette suite. Mais ce n’est pas tout, ces mêmes studios ont encore amené d’autres personnages féminins forts dont Riri Williams, une Iron Man fille. Le méchant Namor est encore une bonne idée. Il incarne parfaitement le côté sombre de ces super-héros. Et puis… C’est tout.

Le reste est trop long, trop lent, trop convenu. Les hésitations de l’héroïne entre le respect des traditions et les avancées de la science sont interminables, les questionnements sur comment survivre à un deuil sont déjà vus. Bref, ce n’est pas qu’on s’ennuie mais on ne s’amuse pas non plus avec ce 30e long-métrage de l’univers Marvel. Un univers qui se réinvente de plus en plus difficilement.

 

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Elvis en sortie DVD

Dans ce biopic tout simplement intitulé Elvis, la vie du King nous est racontée par Baz Luhrmann. Baz est le réalisateur australien qui avait dépoussiéré Roméo et Juliette mais aussi Gatsby le magnifique et qui avait plongé le Moulin Rouge du peintre Toulouse Lautrec dans un délire R’n’B. Il aime ça les anachronismes musicaux le Baz.

Ici, il fait le buzz avec sa vision d’Elvis, icône rock qu’il transforme en icône pop bling bling avec des morceaux rap qui rythment cette vie d’abord marquée par le blues et le rhythm’n’blues. En fait, Baz nous raconte comment le colonel Tom Parker, le fameux manager du King, a manipulé la star, comment il s’est servi de lui, comment il l’a arnaqué. Le tout étant raconté à travers cette Amérique puritaine qui voyait le Diable partout, encore plus dans ce rock qui faisait délirer les jeunes filles — ou était-ce le déhanché d’Elvis ? — avec un style bien à Baz Luhrmann, soit un clip vidéo de 2h30.

Si le colonel Parker est brillamment interprété par Tom Hanks — une habitude chez lui, Elvis est joué par Austin Butler découvert dans la série Hannah Montana. Revivez donc cette vie rock’n’roll en DVD et Blu-ray avec tous les bonus adéquats disponibles chez Warner Bros.

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