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Belgique

Couac pour les Finances: les bénéfices du nucléaire divisés par quatre

Couac pour les Finances: les bénéfices du nucléaire divisés par quatre
03 avr. 2015 à 04:37 - mise à jour 03 avr. 2015 à 17:142 min
Par RTBF

Le parc nucléaire a dégagé 500 millions de bénéfices l'an dernier: c'est quatre fois moins que ne le pensait la CREG elle-même il y a quelques années encore. Et ce n'est pas une surprise, Electrabel le clame depuis la mise à l'arrêt de trois des sept réacteurs. Le patron d'EDF Luminus, Grégoire Dallemagne y voit l'effet de la conjoncture, mais pas seulement.

"Aujourd'hui, le marché belge et européen est caractérisé par des prix de gros qui sont extrêmement bas, tandis que les coûts du nucléaire ont plutôt été surenchéris ces dernières années, et donc la rentabilité est plutôt sous pression, explique-t-il. Mais, surtout, en Belgique, la taxe nucléaire vient confisquer toute la marge brute qui pouvait être générée par cette activité, ce qui rend la situation très difficile économiquement."

Dos au mur?

La taxe nucléaire est effectivement montée jusqu'à 550 millions pour être ramenée à 470 millions en 2013. Et le gouvernement tablait sur 400 millions pour 2014. C'est en tout cas ce qui est inscrit au budget.

Mais cela reviendrait à pomper le bénéfice du secteur, ce qui est difficilement praticable quand on sait que le gouvernement négocie avec Electrabel la prolongation des centrales de Doel 1 et Doel 2.

Le président de la Commission Économie de la Chambre, Jean-Marc Delizée (PS), estime que la ministre Marie-Christine Marghem est dos au mur pour négocier. Les débats risquent d'être animés sur la question après Pâques.

Réaction d'Electrabel

Le nouveau calcul établi par la Creg montre "très clairement" que la contribution nucléaire imposée depuis 2008 en Belgique aux exploitants de centrales nucléaires est "confiscatoire", a réagi vendredi Electrabel.

"Cette contribution spécifique qui n'existe pour aucun autre secteur d'activité et dans aucun pays environnant, confisque de facto la totalité des bénéfices nucléaires supposés, calculés par le régulateur", estime la filiale de GDF Suez dans un communiqué.

Electrabel souligne que la "contribution nucléaire" fixée par la loi le 19 décembre 2014 s'élevait à 479 millions d'euros. "Les exploitants nucléaires paient donc à l'Etat plus que ce que cette activité nucléaire ne leur rapporte", dénonce le producteur d'énergie.

Le montant de 479 millions correspond à la contribution réclamée sur les bénéfices de 2013. Pour 2014, le montant doit encore être fixé. Le gouvernement fédéral a pour sa part inscrit un montant de 405 millions d'euros de taxe nucléaire à son budget 2015.

Si Electrabel affirme ne demander "aucun régime de faveur", l'entreprise n'en dit pas moins souhaiter être considérée en droits et en devoirs "comme n'importe quel autre industriel". Or, "le calcul de la CREG démontre aujourd'hui que ce n'est pas le cas", conclut la filiale du groupe GDF Suez.

T.M. avec Françoise Gilain

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