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Côte d'Ivoire: repli des pro-Ouattara après l'assaut contre Laurent Gbagbo

Côte d'Ivoire: repli des pro-Ouattara après l'assaut contre Laurent Gbagbo
06 avr. 2011 à 04:24 - mise à jour 06 avr. 2011 à 18:243 min
Par Mireille Smekens

Les tirs à l'arme lourde ont cessé mercredi à la mi-journée à Abidjan, après l'assaut des forces d'Alassane Ouattara contre le palais et la résidence où se trouve le président ivoirien sortant Laurent Gbagbo, a constaté l'AFP. "Il y a une pause dans les combats" entre irréductibles pro-Gbagbo et forces pro-Ouattara, a dit à l'AFP dans l'après-midi un résident, après "plusieurs heures de tirs nourris à l'arme lourde".

"Les Forces républicaines (pro-Ouattara) sont arrivées jusqu'à 150 mètres du portail mais ne sont pas entrées", a-t-il poursuivi. Elles ont dû opérer un "retrait", a-t-il ajouté. 

"L'offensive lancée par les troupes de Ouattara s'est heurtée à une très forte résistance du dernier carré de fidèles à Gbagbo", a confirmé à l'AFP une source gouvernementale française. "Il y a encore des mortiers et des chars dans l'enceinte de la présidence, l'offensive est suspendue pour quelques heures, manifestement", a-t-elle indiqué.

Tentative d'assassinat
Le gouvernement de Laurent Gbagbo a dénoncé une "tentative d'assassinat" du président ivoirien sortant, accusant les combattants d'Alassane Ouattara et la force française Licorne, alors que sa résidence et son palais étaient attaqués. "On va sortir Laurent Gbagbo de son trou et le remettre à la disposition du président de la République", a indiqué Sidiki Konaté, porte-parole de Guillaume Soro, le Premier ministre de Alassane Ouattara. Auparavant, des tirs à l'arme lourde ont commencé à être entendus près de la résidence et du palais à Abidjan.   

"Les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI, pro-Ouattara) ont décidé de régler le problème de Laurent Gbagbo. On va à la résidence le chercher pour mettre fin à cette comédie. Et on ira partout où il y a des poches de résistance", a ajouté Sidiki Konaté. "Il faut que la comédie cesse car le pays s'écroule", a-t-il conclu.

L'UE impose de nouvelles sanctions

L'Union européenne a annoncé mercredi sa décision d'imposer de nouvelles sanctions à l'encontre du gouvernement "illégitime" de Laurent Gbagbo en raison "de la gravité de la situation" en Côte d'Ivoire.

L'UE a décidé notamment d'interdire l'achat d'obligations et de titres ainsi que l'octroi de prêts au gouvernement de Laurent Gbagbo, a indiqué l'UE dans un communiqué.

Un proche de l'entourage de Laurent Gbagbo a également été ajouté à la liste des personnes qui sont privées de visas et dont les avoirs sont gelés, a indiqué l'UE, sans préciser l'identité de ce proche.

Négociation de reddition ?

Laurent Gbagbo n'a pas encore capitulé. Mais ce mercredi matin, on le disait en train de négocier les conditions d'une reddition. Le président sortant de la Côte d'Ivoire serait donc de plus en plus proche de la sortie. Selon l'ONU, il serait actuellement retranché dans un bunker au sous-sol de sa résidence.

Laurent Gbagbo est acculé, et pourtant, il tient tête. Il résiste. Il refuse de signer le document par lequel il renoncerait au pouvoir et reconnaîtrait la victoire électorale de son rival Alassane Ouattara. En cause aussi, apparemment, son départ en exil éventuel, peut-être vers la Mauritanie. La France s'est en tous cas portée garante de la sécurité de Laurent Gbagbo et de sa famille.

Sur le terrain, ces dernières heures, la bataille d'Abidjan a baissé en intensité, les armes se sont tues. Les hommes du président sortant ont demandé un cessez-le-feu. Mais Laurent Gbagbo refuse de reconnaître sa défaite. Des négociations ont commencé mardi. L'ambassadeur de France et le représentant du secrétaire général de l'ONU mènent les discussions.

Un document a été présenté à Laurent Gbagbo. Mais il refuse de le signer. "Je ne reconnaîs pas la victoire de Ouattara", a-t-il dit mardi soir à la chaîne française LCI. Une pierre d'achoppement serait également de savoir s'il pourra rester en Côte d'Ivoire ou s'il devra partir en exil.

Plus de quatre mois après les élections Laurent Gbagbo nie toujours sa défaite

Depuis la présidentielle du 28 novembre, Laurent Gbagbo n'a jamais reconnu l'élection de son rival. Depuis, la Côte d'Ivoire a connu quatre mois de chaos et de violence. La Cour pénale internationale voudrait enquêter sur les 1500 morts et les atrocités commises durant cette période. Selon l'ONU, la situation humanitaire est dramatique à Abidjan.

Les frappes de la France et de l'ONU lundi contre l'armement des forces de Laurent Gbagbo ont précipité sa chute. Le président en exercice de l'Union africaine a condamné l'intervention française. Le président américain Barack Obama l'a au contraire fermement soutenue. Il appelle Laurent Gbagbo à démissionner immédiatement.

RTBF avec agences

Les Affaires étrangères : http://diplomatie.belgium.be/fr/

En direct d'Abidjan par téléphone avec B. Aparis

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