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Côte d'Azur : la justice sanctionne trois entreprises qui pratiquaient la nage en mer avec les dauphins illégalement

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27 juil. 2022 à 15:29Temps de lecture2 min
Par Belga, édité par Maud Wilquin

Pour 300 euros par personne, trois entreprises de la Côte d'Azur prétendant pratiquer "un écotourisme responsable" proposaient d'aller nager en Méditerranée avec les dauphins. Mais la justice française a fait saisir leurs bateaux car la pratique est interdite pour préserver les cétacés.

Dans le cadre de sorties "très lucratives", selon le parquet local, ces entreprises basées à Mandelieu-la-Napoule et Antibes, sur la Côte d'Azur, proposaient aux touristes de se jeter à l'eau, en pleine mer, avec masque et tuba, au milieu d'un banc de dauphins, préalablement repéré à l'aide d'un ULM.

Or, depuis un arrêté ministériel du 3 septembre 2020, entré en vigueur le 1er janvier 2021, "on n'a plus le droit de s'approcher à moins de 100 mètres d'un dauphin, encore moins de se jeter à l'eau avec un dauphin" dans les eaux méditerranéennes françaises, a indiqué le parquet.

Après une première réunion d'information avec les trois opérateurs en décembre 2020, "nous avons constaté en février 2021 que l'activité était toujours proposée sur leur site internet", a ajouté le parquet. 

Après un rappel par la gendarmerie maritime en avril 2021, les trois sociétés "ont continué tout l'été 2021, parce que c'est très lucratif". 

Début juillet, alors que la gendarmerie maritime constatait que cette nage avec dauphins se poursuivait et après un signalement de l'association France nature environnement (FNE), le parquet a placé les trois gérants des trois sociétés en garde à vue et mené des perquisitions. Les quatre bateaux des trois entreprises ont été saisis.

Les trois gérants seront de nouveau entendus "pour être jugés d'ici à la fin de l'année", notamment pour "pratique commerciale trompeuse" et "perturbation volontaire d'espèce animale non domestiquée protégée", a ajouté le parquet. Les gérants risquent jusqu'à deux ans d'emprisonnement et 300.000 euros d'amende ainsi que 750 euros d'amende par client et une confiscation des biens.

"Nous n'avons jamais été condamnés, nous travaillons avec des scientifiques et pourtant nous sommes traités comme de lourds délinquants", a réagi Magalie Grimont, épouse du gérant du Bateau d'Annett, l'une des trois sociétés visées.

"Alors que nous proposons d'autres activités, comme la pêche ou l'observation des cétacés, nous sommes privés de notre outil de travail et menacés de liquidation judiciaire", a-t-elle ajouté, estimant qu'une dizaine d'emplois sont en jeu.

Pour leur défense, les trois entreprises regroupées dans un Syndicat du collectif des opérateurs marins azuréens et français (COMPA) et qui, dans un communiqué, se présentent comme des "défenseurs d'un écotourisme responsable" assurent qu'elles organisaient ces nages avec dauphins "dans les eaux internationales".

Un argument balayé par le parquet qui rétorque que, selon ses investigations, "98% de ces activités se faisaient dans les eaux territoriales françaises".

Toute petite mer -1% de la surface mondiale des océans-, la Méditerranée abrite plus de 10.000 espèces. Vingt-et-une sortes de cétacés -sur les 87 recensées dans le monde- ont été observées dans ses eaux et celles de la mer Noire, selon l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). 

La plupart sont classées "en danger". Outre les rencontres avec des touristes trop entreprenants, ces animaux risquent des collisions avec les navires, dans une mer concentrant 25% du trafic mondial.

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