Coronavirus

Coronavirus : une nouvelle étude confirme le lien entre la vaccination et un possible allongement du cycle menstruel

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© Getty Images

Une nouvelle étude menée sur près de 20.000 femmes confirme les résultats d’études précédentes mettant en évidence que la vaccination contre le coronavirus est susceptible de modifier la durée des règles des femmes qui ont reçu un vaccin contre le Covid-19. L’étude indique aussi que pour la plupart des femmes impactées par ces changements, l’effet est temporaire.

Peu de temps après le lancement des vaccins contre le coronavirus, des femmes issues de divers endroits de la planète ont commencé à publier sur les réseaux sociaux des informations pointant des changements de leur cycle menstruel avec des retards par rapport à leur calendrier menstruel habituel.

Aujourd’hui, de nouvelles recherches confirment à nouveau que ces signalements étaient effectivement fondés. Ces résultats viennent, par ailleurs, corroborer ceux d’une autre étude publiée en janvier 2022 qui mettait également en évidence la possibilité que les vaccins contre le coronavirus rallongent la période de menstruation d’environ un jour en moyenne.

Des données analysées à partir d’une application de suivi des cycles menstruels

Cette nouvelle étude a été menée sur base de l’analyse des données de près de 20.000 femmes dans le monde. Elle confirme que la vaccination contre le Covid peut modifier le calendrier habituel du cycle menstruel. Selon les données publiées dans le British Medical Journal, les femmes vaccinées ont vu leurs règles retardées en moyenne d’environ un jour, par rapport à celles qui n’avaient pas été vaccinées.

Si un cycle s’étend généralement sur environ 28 jours, cette durée varie en effet d’une femme à l’autre, mais aussi chez une femme au cours de sa vie. Cette durée peut par exemple changer lors de périodes de stress ou être impactée par d'autres facteurs.

Les données de l’étude publiée ce mardi 27 septembre 2022 proviennent d’une application de suivi des menstruations appelée Natural Cycles. Cette application, validée par la FDA (l’administration américaine des denrées alimentaires et des médicaments Étatsunienne), est utilisée par des femmes qui souhaitent contrôler leur fertilité.

Les données utilisées pour les analyses des chercheurs concernent des femmes du monde entier, mais la plupart d’entre elles sont originaires d’Amérique du Nord, de Grande-Bretagne et d’Europe. Au niveau de l’échantillon, les chercheurs indiquent avoir utilisé les données "dépersonnalisées" de l’application pour comparer les cycles menstruels de 14.936 participantes vaccinées et de 4686 participantes non vaccinées.

Les chercheurs indiquent qu'ils ont pu analyser trois cycles menstruels avant la vaccination et au moins un cycle après, et les comparer à quatre cycles menstruels dans le groupe de femmes non vaccinées.

L’analyse des données a pu mettre en évidence le fait que les femmes qui se sont fait vacciner ont eu leurs règles avec en moyenne 0,71 jour de retard, après la première dose de vaccin. Les femmes ayant reçu deux doses de vaccins au cours d’un même cycle menstruel ont connu quant à elles des perturbations plus importantes. Dans ce groupe, l’augmentation moyenne de la durée du cycle était de quatre jours. Une partie d’entre elles (13%) a connu un retard de huit jours ou plus, contre 5% dans le groupe de femmes qui n’a pas été vacciné.

Des effets temporaires dans la plupart des cas

Alison Edelman qui a dirigé l’étude a précisé que, pour la plupart des femmes, les effets étaient temporaires et duraient le temps d’un cycle avant de revenir à la normale. La professeure d’obstétrique et de gynécologie à l’Oregon Health & Science University, a ajouté que rien n’indiquait que les effets secondaires des règles avaient un quelconque impact sur la fertilité.

Interrogée par le NIH ("National Institutes of Health", les Instituts américains de la santé), Mme Edelman a commenté le résultat de cette étude : "Nous pouvons maintenant donner aux femmes des informations sur ce à quoi elles peuvent s’attendre avec les cycles menstruels". Citée par le Washington Post, elle a également précisé : "J’espère donc que cela est globalement très rassurant pour les individus".

Les chercheurs ne savent cependant pas exactement pourquoi les vaccins semblent affecter les cycles menstruels. Pour tenter d’y voir plus clair, Mme Edelman a avancé l’hypothèse selon laquelle les systèmes immunitaire et reproducteur sont liés et qu’une inflammation ou une forte réponse immunitaire pourrait déclencher une fluctuation menstruelle.

Tout changement dans l’apparition des règles peut générer du stress et susciter des inquiétudes quant à une grossesse non désirée ou à une maladie. Certaines femmes avaient exprimé leur frustration du fait que les responsables de la santé publique ne les avaient pas averties de cet effet secondaire possible ou dénonçaient le fait qu’il n’y avait pas eu plus de recherches avant de lancer les vaccins contre le Covid-19.

Des limites à l’étude et des interrogations qui demeurent

L’une des principales limites de cette nouvelle étude réside dans le fait qu’elle n’incluait que des femmes qui ne prenaient pas de moyens de contraception, qui avaient des cycles réguliers avant de se faire vacciner et qui étaient âgées de 18 à 45 ans.

L’étude n’a pas non plus répondu à toutes les questions soulevées au sujet des vaccins et de leur impact éventuel sur les règles, y compris la façon dont les vaccins affectent les hommes transgenres et les personnes non binaires.

D’autres recherches ont été menées en incluant d’autres paramètres tels que la douleur ou l’abondance du flux

Depuis le lancement des vaccins, de nombreuses personnes ont indiqué sur les réseaux sociaux être sujettes à des règles plus longues, plus abondantes et plus douloureuses après avoir été vaccinées. Cette étude ne s’est pas focalisée sur d’autres aspects des menstruations comme le volume des règles ou à d’autres effets secondaires tels que les crampes, mais les chercheurs ont déclaré qu’elle montrait qu’en moyenne, la vaccination ne semblait pas entraîner de règles plus longues.

Selon Mme Edelman, les résultats préliminaires d’une autre étude suggèrent que la vaccination contre le coronavirus peut parfois entraîner des règles plus abondantes. Les données, recueillies auprès de près de 10.000 personnes, sont encore en cours d’examen par des pairs, mais elles montrent que la vaccination augmente légèrement la probabilité d’avoir des saignements plus abondants.

La chercheuse a également reconnu que ses études n’ont porté que sur des personnes ayant des cycles menstruels normaux et qui n’utilisaient pas de contraceptifs hormonaux. Elle précise également que les expériences individuelles peuvent varier considérablement et que chaque cas est donc unique.

D’autres recherches se sont focalisées sur d’autres aspects de l’impact des vaccins anti-covid sur les menstruations. Une enquête publiée en octobre 2021 a permis de recueillir des informations sur les liens entre les règles et les vaccins auprès de 160.000 personnes – y compris des personnes transgenres et ménopausées – et a révélé que des milliers d’entre elles ont signalé des saignements plus abondants que d’habitude.

Diana Biachi, la directrice de l’Institut National Eunice Kennedy Shriver, qui a financé les recherches d’Edelman, a déclaré au Washington Post que le fait d’avoir des règles beaucoup plus tardives après la vaccination n’est pas nécessairement alarmant : "Je ne recommanderais pas d’aller voir un médecin après la première fois que cela se produit, simplement parce que toutes les preuves indiquent que le changement se résout par lui-même, qu’il n’est que temporaire", a-t-elle déclaré. "S’il s’agit d’un changement persistant dans l’intervalle du cycle menstruel, alors cela pourrait être une raison de consulter votre médecin généraliste ou votre gynécologue."

Parallèlement à la publication de cette nouvelle étude, les instituts nationaux de santé étasuniens (NIH) ont financé au moins quatre autres projets de recherche sur les vaccins contre le coronavirus et les menstruations – dont certains concernent les adolescents et les personnes atteintes d’endométriose – dans l’espoir de fournir de meilleures informations et d’accroître la confiance du public dans les vaccins.

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