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Coronavirus : plus de 10.000 cas en 24h, face au rebond la France durcit ses mesures de manière ciblée

Coronavirus : la France durcit ses mesures de manière ciblée

© GEOFFROY VAN DER HASSELT - AFP

17 sept. 2020 à 16:25 - mise à jour 17 sept. 2020 à 16:25Temps de lecture3 min
Par RTBF avec Agences

Le ministre de la santé Olivier Véran a annoncé une série de nouvelles mesures pour lutter contre la Covid-19 en France lors d’une conférence de presse consacrée à la gestion de l’épidémie. De nouvelles restrictions devraient avoir lieu à Marseille, Lyon et Nice tandis qu’une partie du protocole s’assouplit dans les écoles et les crèches.

Le ministre a fait valoir, lors d’une conférence de presse entamée peu après 17h00, que 60% des lits de réanimation sont déjà occupés actuellement par des malades Covid et, que d’ici octobre, tous le seront. Il a évoqué une "situation dégradée dans plusieurs territoires", citant nommément Lyon, avec un "taux d’incidence particulièrement élevé" et Nice.

Masque obligatoire dans les crèches

Une partie des mesures sanitaires dans les écoles et les crèches pour lutter contre la propagation du coronavirus vont être assouplies.

"Les enfants, en primaire, en maternelle, en crèche, sont peu susceptibles de se contaminer entre eux et de contaminer les adultes autour d’eux", a déclaré le ministre français de la santé. Il cite un nouveau rapport, à paraître jeudi soir, du Haut Conseil de la santé publique.

"Lorsqu’un enfant est testé positif […], il doit être isolé sept jours chez lui, mais les autres enfants de sa classe pourront normalement continuer à se rendre à l’école."


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Par contre, le protocole se durcit sur le port du masque : les professionnels des crèches, qui devaient jusqu’à présent le porter seulement en présence des parents, vont aussi devoir le porter avec les enfants.

"Le port du masque sera désormais obligatoire pour tous les professionnels de crèche, y compris en présence des enfants", a-t-il déclaré, indiquant vouloir limiter par cette mesure les contaminations d’adultes à enfants.

Un durcissement des mesures à Lyon et Nice d’ici samedi

Les villes de Lyon et de Nice vont devoir également adopter des mesures spécifiques comme l’ont fait Bordeaux et Marseille. Les indicateurs de l’épidémie de coronavirus ont en effet évolué négativement dans ces métropoles.

Les seuils critiques ne sont pas encore atteints mais nous serons extrêmement attentifs

"Nous avons donc demandé aux préfets du Rhône et des Alpes-Maritimes de […] proposer au gouvernement d’ici samedi les mesures qui devront être prises pour enrayer la circulation du virus et limiter son impact sur le système sanitaire", a-t-il dit lors d’une conférence de presse.

A Lille, Toulouse, Rennes, Dijon et Paris, a-t-il ajouté, "les seuils critiques ne sont pas encore atteints mais nous serons extrêmement attentifs à l’évolution de la situation dans ces métropoles".

La possible fermeture des bars

En outre, "si la situation sanitaire ne s'améliore pas" à Marseille et en Guadeloupe, où des mesures ont déjà été adoptées, "il faudra sans doute prendre des mesures encore plus fortes", a prévenu M. Véran, citant "la possible fermeture des bars" ou "l'interdiction des rassemblements publics".

En raison de l'accélération de la circulation du virus, Bordeaux, Marseille et la Guadeloupe ont déjà imposé des mesures comme l'interdiction de rassemblements de plus de 10 personnes dans les parcs ou sur les plages, la réduction de la jauge de 5.000 à 1.000 pour les grands événements et l'annulation de certains de ces événements.

C'est sur ce type de mesures que devraient les rejoindre Lyon et Nice, où le taux d'incidence (nombre de cas pour 100.000 habitants) a atteint respectivement 200, soit "quatre fois la cote d'alerte", et 150, a précisé Olivier Véran. Avec en outre en PACA une part des patients Covid en réanimation qui atteint 30%.

C'est une course contre la montre

"Notre bagarre est de mettre en place des mesures pour éviter l'afflux sur l'hôpital, c'est une course contre la montre, il faut décider au bon moment, ni trop tôt car elles sont contraignantes, ni trop tard", a commenté le ministre.

Alors que 53 départements ont dépassé le seuil d'alerte de 50 cas pour 100.000 habitants, plusieurs agglomérations, dont la capitale, sont sous surveillance.

"A Lille, Toulouse, Rennes, Dijon et Paris, le taux d'incidence en population générale est élevée, de l'ordre de 3 à 4 fois la cote d'alerte" mais "les seuils critiques ne sont pas encore atteints", a expliqué Olivier Véran. "Nous serons extrêmement attentifs dans ces métropoles".

Priorisation pour les tests

Dans certaines grandes villes, les laboratoires de dépistage du coronavirus sont saturés mais une "doctrine de priorisation" des tests a été instaurée et des tests antigéniques, directement analysables et ne nécessitant pas une étude en laboratoire, vont être mis en place.

"Nous sommes confrontés à des difficultés organisationnelles sur les tests", a-t-il dit. Il a évoqué 1,2 million de tests en une semaine.

Ces tests antigéniques vont être opérés en Île-de-France. Les autorités attendent de "façon imminente" l’avis de la Haute autorité de santé sur les tests salivaires.

L épidémie repart de plus belle en France

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