Coronavirus : les recommandations en matière de ventilation

Coronavirus en Belgique : les recommandations de la task force ventilation

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07 mai 2021 à 12:12Temps de lecture3 min
Par M.A.

Lors du point presse du Centre interfédéral de crise en charge du suivi de l’évolution de l’épidémie de coronavirus en Belgique ce vendredi 7, Samuel Caillou de la Task force ventilation est venu présenter les documents et les recommandations concernant la mise en pratique et le contrôle de la ventilation dans le cadre du Covid-19 ainsi que sur l’utilisation des capteurs CO2.

Pourquoi une attention particulière sur la ventilation ?

Les connaissances scientifiques sur les aérosols et la ventilation ont considérablement évolué au courant de l’année écoulée. L’OMS reconnaît d’ailleurs l’importance de la ventilation. Le Conseil supérieur de la Santé a lui aussi souligné l’importance de celle-ci dans son avis de février.

Rappelons que lorsqu’une personne est contaminée par le SARS-CoV-2, elle émet de très fines particules qui peuvent circuler dans l’air pendant plusieurs heures. "Il est donc important de s’assurer que la quantité d’aérosol contenant le virus est aussi faible que possible étant donné que le risque de contamination est quasi proportionnel au nombre de ces aérosols", explique Samuel Caillou.

En extérieur

A l’extérieur et si les distances suffisantes sont respectées, la concentration en aérosols est en principe très faible. D’où les recommandations de se retrouver en extérieur.

En Intérieur

En intérieur, la situation est très différente. La concentration d’aérosols ne peut être réduite que par la ventilation en faisant entrer de l’air neuf de l’extérieur. L’air intérieur doit être évacué vers l’extérieur. A cela s’ajoute aussi la purification de l’air à l’aide d’appareils dédiés éventuellement.

Quelle ventilation est nécessaire ?

Une personne assise et ayant une activité calme, inspire et expire environ 1/2 m3 d’air par heure. Le commissariat Corona recommande un débit de ventilation dans ce cas-là de 40 m3 par heure et par personne. Quant à la concentration en CO2 en intérieur elle ne peut pas dépasser 900 ppm.

Dans un espace où aucune ventilation mécanique et/ou une mesure du CO2 ne sont pas disponibles, les directives sont très claires. Les activités peuvent avoir lieu, mais à condition que les portes et fenêtres puissent être ouvertes vers l’extérieur. Retenons ces règles :

  • par mètre carré de fenêtre complètement ouverte, il peut y avoir 4 personnes dans la pièce
  • par mètre carré de porte complètement ouverte, il peut y avoir 6 personnes dans le local

La ventilation mécanique

La ventilation mécanique est le meilleur moyen de renouveler l’air de façon efficace, mais il est important d’en connaître le débit. Si le débit est connu, cela permet de calculer le nombre de personnes qui peuvent se trouver en permanence dans la pièce.

Exemple

Si l’on mesure, par exemple, 4000 m3 par heure, 100 personnes assises et calmes peuvent se retrouver en permanence dans le local sans dépasser la valeur de 900 ppm (soit 40 m3 par heure et par personne).

Si ces valeurs ne sont pas atteintes, des dispositions doivent être prises. Par exemple ouvrir les portes et fenêtres. De façon structurelle, la ventilation peut être améliorée et une purification de l’air peut aussi être prévue.

Coronavirus en Belgique : l’utilité des appareils pour mesurer la concentration en CO2 et des purificateurs d’air

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La mesure du CO2

Des capteurs de CO2 sont disponibles sur le marché et permettent de mesurer facilement sa concentration en intérieur. Lorsque la concentration en CO2 est correcte, il est considéré que la ventilation est également dans les normes du plan d’implémentation "pour autant que l’occupation et les conditions climatiques ne diffèrent pas trop fortement", explique Samuel Caillou de la Task force ventilation.

Si la mesure en CO2 n’est pas suffisamment basse, des dispositions devront être prises. L'ouverture des portes et des fenêtres sont à nouveau une possibilité. Limiter l’occupation en nombre de personnes ou en durée dans le local en est une autre.

De façon plus structurelle, il est aussi possible d’améliorer la ventilation ou prévoir une purification pour améliorer la qualité de l’air quand celle-ci n’est pas garantie ou une occupation plus importante est souhaitée.

Ces recommandations s’appliquent de manière générale, mais certainement dans le cadre du bien-être au travail. Il existe d’ailleurs un codex qui s’applique à tous les lieux de travail avec des employés.

Purification de l’air

En principe, il existe deux types d’appareils pour purifier l’air.

Les premiers travaillent sur le principe de la filtration ou de la captation, les aérosols sont dans ce cas retenus dans l’appareil.

Dans le second cas, les appareils travaillent sur le principe de l’inactivation. Ici, les aérosols ne sont pas retenus, mais les particules virales sont inactivées. L’air refoulé est dès lors beaucoup moins contaminant.

Un groupe au sein du commissariat Corona travaille sur les questions de purification de l’air. L’objectif étant de fournir des directives à ce sujet.

Pour terminer, Samuel Caillou, souligne que dans le cas où toutes ces recommandations sont suivies, cela ne veut pas dire qu’il n’y a aucun risque de contamination. Les autres mesures restent donc utiles et pertinentes (masque, télétravail, tests, etc.).

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