Quel impact de l'épidémie de coronavirus sur l'économie mondiale ?

Coronavirus: les Bourses mondiales s'effondrent face à l'avancée du coronavirus

© DANIEL LEAL-OLIVAS - AFP

25 févr. 2020 à 05:14 - mise à jour 25 févr. 2020 à 07:19Temps de lecture3 min
Par Am.C. avec M.P.

La propagation du coronavirus s’accélère en dehors de la Chine, ce qui fait craindre des répercussions macroéconomiques majeures. Les Bourses mondiales sont dans le rouge après l’annonce de plusieurs décès à cause du coronavirus en Italie.

Avec plus de 200 contaminations sur le sol italien en quelques jours à peine, l’Italie est devenue en quelques jours à peine le foyer du Covid-19 en Europe. La Bourse de Milan perdait ce lundi plus de 5%. Le Bel 20 cédait, lui, 4%. Moins 4% pour le CAC 40 français. Aux États-Unis, Dow Jones, S & P 500 et Nasdaq, les trois principaux indices boursiers, perdaient plus de 3,5%. Et ce matin, le Nikkei japonais ouvrait sur une chute de plus de 4%.

Pas de panique - pas encore en tout cas - sur les marchés, mais bien une inquiétude face à l’extension de l’épidémie et son impact désormais plus que probable sur l’économie mondiale. Jusqu’ici, les marchés financiers s’attendaient surtout en fait à des effets économiques du coronavirus principalement limités à la Chine. Cet optimisme-là est terminé. Fini aussi le déni du risque, disent certains observateurs. Et cela tranche fortement avec le mois de janvier, lors duquel l’investisseur particulier belge était très optimiste. Il n’avait en fait plus été aussi optimiste depuis 10 ans.

Affaiblissement des perspectives économiques

"Au mois de janvier, on avait plusieurs éléments, analyse Charlotte de Montpellier, économiste chez ING. D’abord une année boursière 2019 excellente, donc avec de très bons rendements boursiers. Un début d’année 2020, en janvier, également bon pour la Bourse. Et d’un point de vue économique, une stabilisation, et même une amélioration des indicateurs économiques, alors qu’en 2019, il faut être clair, les indicateurs économiques étaient plutôt mal orientés."

Elle poursuit : "Tous ces éléments mis ensemble ont donné un regain d’optimisme à l’ensemble des investisseurs. Évidemment, en février, la situation risque de changer très probablement compte tenu du coronavirus qui est en train de se propager sur l’économie, qui affaiblit les perspectives économiques, qui est en train de peser fortement sur les Bourses et qui va probablement continuer à peser sur les Bourses dans les prochains jours. Donc, clairement, l’optimisme va être moindre ce mois-ci, c’est assez évident."

Ce lundi, ce sont les actions des entreprises les plus sensibles au ralentissement économique qui ont le plus fortement chuté : compagnies aériennes (Air France-KLM, British Airways), secteur automobile (Renault et Peugeot), mais aussi les matières premières, comme le pétrole, le luxe et le tourisme.

Bientôt une récession mondiale ?

Il est trop tôt pour parler de récession mondiale imminente. Ce que l’on sait, c’est le contexte : d’une part, des taux de croissance économique très faibles, et de l’autre, une sorte de ruée sur les marchés boursiers de la part d’investisseurs en quête de rendements . Une ruée qui alimentait les performances boursières. Plus les marchés financiers sont à des niveaux élevés, comme c’est le cas actuellement, plus les mauvaises nouvelles affectent les cours de manière importante.

"Dans ce contexte-là, les marchés boursiers sont très sensibles aux mauvaises nouvelles qui peuvent arriver, ajoute Charlotte de Montpellier. On le voit par exemple maintenant, quand les difficultés liées au coronavirus s’amplifient, directement les marchés dégringolent un peu. Et ça, c’est clairement parce qu’il y a tellement d’investisseurs qui sont tournés vers les marchés, à défaut d’autres options, que toutes les mauvaises nouvelles conduisent à des réactions de prudence et de se retirer un peu. C’est donc une situation qui va probablement perdurer et il y a donc de la volatilité sur les marchés à chaque mauvaise nouvelle."

Ce que les marchés financiers observent surtout pour l’instant, c’est le rythme d’apparition de nouveaux cas du coronavirus. En Italie ou en Corée du Sud, la tendance inquiète. Par contre, les derniers chiffres en Chine sont, eux, plutôt rassurants. Ils montrent plutôt une baisse du rythme des nouveaux cas d’infection. Est-ce que l’impact économique de ce coronavirus va être plus ample, va être plus long que prévu ? Ça reste à ce stade une question et nous n’en sommes pas encore — loin de là — à des dégringolades boursières en série.

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