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Coronavirus : le confinement a bouleversé les pratiques religieuses

Symbols of the Three Monotheistic Religions
25 nov. 2021 à 15:17Temps de lecture2 min
Par Belga

La crise du coronavirus et le confinement mis en place ont profondément bouleversé les pratiques religieuses, analyse le rapport annuel de l'Observatoire des Religions et de la Laïcité de l'ULB (ORELA), publié jeudi. L'épidémie et les restrictions imposées ont accentué des tendances déjà observées ces dernières années, comme une digitalisation des ressources religieuses ainsi qu'une reconfiguration de la pratique.

Le rapport, qui analyse les dynamiques et les enjeux des diverses organisations convictionnelles présentes en Belgique, s'est aussi intéressé cette année à la réaction des religions face à la crise sanitaire. Les rassemblements religieux avaient été rapidement considérés comme des vecteurs de contamination à grande échelle après la médiatisation de certains rassemblements, rappelle l'observatoire.

"La réticence d'un certain nombre de cultes à appliquer les mesures promulguées par les autorités civiles afin d'enrayer la propagation du virus a été observée par de nombreux chercheurs, les amenant à penser que certains groupes religieux ont sous-estimé les risques engendrés par l'épidémie", ajoute-t-il par ailleurs.

Fermeture des lieux de cultes

En Belgique, les autorités publiques ont imposé des limitations voire des fermetures totales comme dans d'autres secteurs, entraînant une certaine incompréhension même si les mesures ont été globalement respectées. "De manière générale, une tension s'est exercée entre d'une part la vision des autorités politiques qui ont considéré la fermeture des lieux de culte comme nécessaire et légitime en raison de leur caractère 'non essentiel' et, d'autre part, celle des fidèles des différentes communautés qui ont revendiqué une liberté de culte garantie à la fois par la Constitution belge et la Convention européenne des Droits de l'Homme", résume le rapport.

L'observatoire remarque que les représentants des différents cultes ont relayé auprès de leur communauté les mesures gouvernementales lors du premier confinement mais que les rapports entre les Églises et l'État sont apparus "nettement plus tendus" à l'occasion du deuxième lockdown. Les revendications de leur liberté de pratiquer ont été exprimées publiquement par plusieurs organes cultuels.

Le rapport révèle par ailleurs que la pratique religieuse des croyants a été "profondément modifiée" par les restrictions sanitaires, au niveau de la vie collective mais aussi de la mise en pratique du rituel. Un certain nombre de gestes habituellement posés par les fidèles ont notamment été rendus impossibles, comme les ablutions pour les musulmans ou l'échange du don de la paix chez les catholiques.

Des solutions créatives ont donc émergé, entre autres avec l'accélération du "tournant numérique" déjà largement observé au niveau de l'offre religieuse sur Internet. Des formes de cultes "à distance" se sont mises en place, retransmises en direct ou enregistrées, illustre le rapport. 

Outre ce développement numérique, le confinement a aussi amené de nombreux croyants à recentrer leur pratique autour d'une dimension domestique nouvellement redécouverte au gré de la pandémie, remarque encore l'observatoire.

 

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