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Coronavirus

Coronavirus : la Flandre proposera une piqûre de rappel aux ados la semaine prochaine. Et ailleurs en Belgique ?

04 févr. 2022 à 15:33 - mise à jour 04 févr. 2022 à 20:47Temps de lecture3 min
Par X.L.

Faut-il autoriser la troisième dose ou booster pour les 12-17 ans en Belgique ? La question n’est toujours pas tranchée au niveau fédéral : le Conseil Supérieur de la santé, sollicité par le ministre flamand Wouter Beke (CD&V), a reporté sa décision, estimant qu'"au stade actuel des connaissances, les évidences scientifiques, particulièrement dans le contexte d’Omicron, sont insuffisantes". Il dit attendre la recommandation de l’agence européenne du médicament (EMA) et des évidences scientifiques plus nombreuses avant de formuler une opinion.

 

Mais les politiques flamands s’impatientent, poussés dans le dos, semble-t-il, par les organisateurs de voyage et les familles qui avaient prévu de partir au ski en Autriche. Or, l’Autriche exige un pass vaccinal requérant une troisième dose à tous, dès 12 ans, dans une série de circonstances. Et plusieurs pays ont déjà autorisé cette dose booster aux adolescents.

Du coup, le gouvernement flamand proposera une piqûre de rappel aux adolescents à partir de la fin de la semaine prochaine.

Les différents ministres de la santé évoqueront la question ce vendredi soir en CIM Santé. Mais s'il n'y a pas encore de décision, la Flandre veut pouvoir proposer l'injection, des préparatifs ont déjà été faits, indique le ministre flamand du Bien-être Wouter Beke (CD&V). "Si nous ne parvenons pas à un accord, nous avons l'ambition de continuer", a déclaré Beke à VRT NWS.

Alors, la Région flamande a-t-elle raison? La Belgique est-elle trop prudente ? On fait le point.

L’utilité

Cette dose est-elle utile ? Le Conseil de la Santé des Pays-Bas estime que non : "les avantages sanitaires seraient "très limités" pour ce groupe d’âge". Il semblerait que les adolescents, qui sont déjà moins à risque de développer des cas graves, en restent protégés par les premières doses de vaccin. Selon les derniers chiffres belges, il y aurait un adolescent vacciné sur 100.000 qui aurait été admis en deux semaines en soins intensifs avec le Covid (contre 2 sur 100.000 parmi les non-vaccinés).

Aux Etats-Unis, le CDC a recommandé cette dose aux adolescents car elle "aide à élargir et à renforcer la protection contre Omicron et d’autres variantes du SARS-CoV-2". Les Etats-Unis comptent ainsi endiguer l’augmentation importante d’hospitalisations chez les jeunes, mais les responsables de santé ont aussi observé que les taux de cas commençaient à grimper chez les enfants vaccinés, et ils comptaient ainsi freiner la transmission.

 

La balance bénéfice-risques

Il y a l’utilité, diversement envisagée, et puis il y a les risques liés à une injection supplémentaire du vaccin. C’est un des points mis en avant par le professeur d’immunologie Michel Goldman pour inciter à la prudence : "Je ne suis pas du tout favorable à ce booster, d’autant que le risque de myocardite, reconnu surtout chez les garçons de cet âge, augmente avec le nombre de doses, pour des gens qui a priori ne vont pas faire de formes graves". Le professeur la recommande uniquement pour les adolescents à risque.

Il y a quelques mois, des études avaient montré que le risque d’une myocardite était toutefois inférieur en tant qu’effet secondaire du vaccin que comme conséquence d’une complication liée à un Covid. Mais la question est de savoir si le bénéfice de protection apportée par une dose supplémentaire reste supérieur au risque d’effet secondaire.
 

L’immunologue Sophie Lucas estime que oui : "La diminution de l’immunité se produit quel que soit l’âge, les adolescents ne sont pas à l’abri. Mais il est vrai que chez les ados, il y a eu de cas graves, donc on la verra difficilement dans les chiffres".

Elle estime donc qu’il n’y a pas de raison de ne pas autoriser cette dose booster aux ados, comme l’a fait la FDA américaine : "Il a été testé et il n’y a aucun signal de dangerosité supplémentaire". Mais ce n’est que son opinion, insiste-t-elle, et elle juge plus prudent d’attendre de toute façon l’avis de l’Agence Européenne des Médicaments : "Il est important de faire les choses dans l’ordre, comme on l’a toujours fait jusqu’ici en Belgique, et d’attendre cet avis, qui devrait arriver rapidement maintenant". Et devrait probablement être positif selon elle.

Comité de concertation 06/01/2022 : l'importance de la dose booster (Steven Van Gucht)

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