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Coronavirus: la carte d'identité du mystérieux virus

Coronavirus: la carte d'identité du mystérieux virus
25 janv. 2020 à 11:45 - mise à jour 25 janv. 2020 à 12:413 min
Par Nicolas Gillard

56 millions de personnes, isolées du reste du monde. Un immense cordon sanitaire encercle désormais 18 villes de la province de Hubei, dans le centre de la Chine. Conséquence : plus de transports publics, même les bretelles d’autoroutes menant à ces agglomérations ont été fermées. La Chine tente d’endiguer la propagation du nouveau virus. Et c’est logique. Car si le monde entier se tient prêt face au risque d’épidémie, le danger est nettement plus élevé là où les premiers cas se sont manifestés. Comment se présente ce nouveau virus, tenu à l’œil par les autorités sanitaires aux quatre coins de la planète ? Voici sa carte d’identité.

Un virus à couronne

Tout nouveau virus a d’abord besoin d’un nom. Et, dans ce cas-ci, il est un peu barbare. Nom de baptême, donc : 2019-nCoV. Officiellement. Car les spécialistes penchent plutôt pour une version simplifiée, "le virus de Wuhan", la ville foyer de l’épidémie en cours, tout le monde sait de quoi on parle.

Son aspect, ensuite. Le virus, détecté fin décembre en Chine, fait partie de la grande famille des coronavirus. Comme ses cousins, à la lumière d’un microscope, on remarquera des protubérances, qui encerclent son enveloppe. Il s’agit en fait de protéines qui se développent à la surface du virus et qui lui donne un aspect en couronne. Le coronavirus de Wuhan n’avait jamais été identifié auparavant.

Le "réservoir" du virus est probablement l’animal. L’hypothèse d’une zoonose (maladie transmise par les animaux) est privilégiée. Et le risque de transmission interhumaine est confirmé.

Une grande famille

La famille coronavirus, on l’a dit, est une grande famille. Un clan dans lequel on compte le plus grand nombre de virus. Avec une grande diversité dans la façon de se comporter. Tous les membres de la famille sont susceptibles de provoquer des maladies, c’est leur point commun. Les voies respiratoires de la personne infectée sont touchées de manière légère ou modérées. Les symptômes ? Fort désagréables. Comme un début de grippe. L’éventail est large : en plus de l’écoulement nasal, les maux de tête ou une toux tenace, mais les conséquences de l’infection peuvent aller jusqu’à des poussées de fièvre, accompagnées de douleurs musculaires et même de sensations de douleurs dans la cage thoracique. Rappelons-le, chez l’homme, les coronavirus les plus bénins entraînent de "simples" symptômes grippaux mais d’autres sont nettement plus préoccupants.

Un virus agressif

C’est le cas du "virus de Wuhan". Un virus très proche de celui que le monde a appris à connaître, il y a plus de 17 ans. La génétique a permis d’établir que le nouveau venu avait un profil très similaire au Sras (Syndrome respiratoire aigu sévère) qui avait causé la mort de 774 personnes, la plupart en Chine et à Hong-Kong. Tous deux, qui entraînent des pneumopathies, partagent 80% de similarités génétiques. Le Sras, à l’époque, avait déclenché une épidémie. On se souvient qu’en l’espace de 6 mois, il avait touché une trentaine de pays.

Une protection obligatoire

Les images de la ville de Wuhan, coupée du monde, nous montrent des habitants, le visage protégé par des masques. Leur port est obligatoire, et l’on comprend pourquoi. Le problème avec ce nouveau virus, c’est que l’on sait qu’il se transmet très rapidement. Comment ? Par voie aérienne, notamment. Un simple éternuement, par postillon également. Les contacts rapprochés avec une personne infectée peuvent aussi suffire. Le virus vient alors se fixer sur les voies respiratoires de la personne contaminée. Difficile, dans ce cas, de s’en protéger. C’est cette vitesse de propagation qui rend difficile la mise en route d’un vaccin. Les autorités doivent se contenter de promouvoir ce qu’on appelle les gestes barrières classiques dont le port du masque fait partie, avec le lavage fréquent des mains. On évitera également les contacts très rapprochés avec une personne qui a développé les symptômes de maladies respiratoires.

Taux de transmission analysé

L’inquiétude, à ce stade, est donc le risque épidémique. Dans le cas d’épidémie, ce sont les personnes les plus fragiles ou qui souffrent déjà d’une infection qui sont le plus exposées aux complications. Le taux de transmission est scruté. En Chine, là où le virus est apparu, il correspond au nombre de personnes contaminées par une personne infectée. Une vigilance particulière se concentrera autour des "super-transmetteurs", ces patients qui possèdent plus de charges virales dans leur salive. Les autorités chinoises ont même suggéré que le nouveau virus allait peut-être muter. Un mode de fonctionnement somme toute normal pour cette famille de virus. Mais tout cela devra être surveillé de près, car qui dit mutation, dit augmentation potentielle de contagion.

Qu est ce que le Coronavirus ?

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