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La Grande Forme

Coronavirus : faut-il s'inquiéter du variant brésilien qui circule en Belgique ?

LEILA POINT COVID BRESIL
20 avr. 2021 à 15:36 - mise à jour 20 avr. 2021 à 15:36Temps de lecture2 min
Par Sophie Businaro

L'équipe de "La Grande Forme" s'est penchée sur le variant brésilien qui fait des ravages au Brésil et qui a été identifié sur le sol belge. Explications avec Leïla Belkhir, infectiologue aux Cliniques universitaire Saint-Luc.

En décembre dernier, le variant brésilien P1 a émergé dans la région de Manaus, en Amazonie. Il n'a cependant été identifié pour la première fois qu'en janvier, au Japon, alors que des voyageurs revenaient de ces zones du nord du Brésil. Depuis, il a atteint de nombreux pays d'Amérique du Sud comme l'Argentine, le Chili, le Venezuela ou encore le Pérou mais également les États-Unis et le Canada. Et il fait des ravages au Brésil. De l'autre côté du continent, la France et l'Allemagne n'ont pas été épargnées bien que cela ne représente que 0,5% des nouvelles contaminations en métropole.

Un variant agressif

Leïla Belkhir souligne que le variant a plusieurs caractéristiques : "Il a une des mutations qui est commune au variant britannique (prédominant en Belgique) et qui augmente la contagiosité. Et il a une autre caractéristique commune au variant sud-africain : sa mutation lui donnerait un échappement immunitaire, ce qui voudrait dire que les personnes qui ont déjà fait le Covid-19 auraient plus de mal chance de se faire réinfecter par le variant brésilien que par un autre."

Résultat : c'est non seulement un variant qui se transmet plus et qui a cette capacité d'échapper au système immunitaire.

Adapter les vaccins ARN

En apprenant ce genre de choses, on aurait tendance à croire que le vaccin n'a plus d'utilité, or cela ne veut pas forcément dire que toutes les personnes immunisées vont se faire réinfecter mais c'est tout de même une possibilité précise notre experte : "Au Chili, ils vaccinent avec un des vaccins chinois qu'on n'a pas chez nous et là (selon des données préliminaires), l'efficacité est de 50%, ce qui est bien loin de l'efficacité des vaccins ARN. De leur côté, Pfizer et Moderna sembleraient moins efficace pour le variant P1 mais le sont tout de même donc tout n'est pas perdu ! Des études sont en cours et il faudra probablement adapter les vaccins ARN."

Le Brésil : deuxième pays le plus endeuillé au monde

Leïla Belkhir tient également à souligner qu'au Brésil, la circulation du virus est intense parce qu'ils n'ont pas été confinés et que les soins de santé sont complètement saturés, "donc est-ce que la mortalité accrue est liée au fait que le virus serait plus agressif ou au fait qu'il n'y a plus la capacité de donner des soins corrects ? La question se pose et il faut être prudent dans nos théories."

Les vaccins ARN ont cette facilité à pouvoir adapter leur code

Enfin, notre experte termine par une note positive : "Les vaccins ARN ont cette facilité à pouvoir adapter leur code donc d'ici quelques mois, les différents laboratoires vont devoir le faire par rapport aux variants sud-africain et brésilien. D'ailleurs, Moderna a déjà relancé une étude avec le variant sud-africain."

Chez nous, le variant brésilien représente 5% des contaminations et le variant britannique reste prédominant donc il n'y a pas de raison de s'inquiéter pour l'instant, "surtout qu'il y a toujours une compétition au niveau du virus ; celui qui se transmet le plus va gagner la course et pour l'instant, la souche qui reste prédominante est le variant britannique en Belgique."

La Grande Forme, c’est du lundi au vendredi de 13h à 14h en direct sur VivaCité. Vous avez manqué l'émission ? Nous vous invitons à la revoir sur Auvio.

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