Coronavirus : face à Moscou et Pékin, l'UE ne fait pas de "propagande", assure Charles Michel

Les campagnes de vaccination dans l'UE restent poussives, pénalisées par d'importants retards de livraison.

© JOHN THYS - AFP

L’Union européenne "n’instrumentalise pas les vaccins à des fins de propagande" à l’instar de la Russie et de la Chine, mais "promeut des valeurs", a affirmé ce mardi le président du Conseil européen, Charles Michel, à propos de la campagne de vaccination anti-Covid.

Sur les vaccins, nous pouvons être impatients, pas aveugles !"

"Ne nous laissons pas leurrer par la Chine et la Russie, régimes aux valeurs moins enviables que le nôtre, lorsqu’elles distillent des opérations très limitées mais largement médiatisées" d’approvisionnement en vaccins d’autres pays, a indiqué Charles Michel dans un texte publié en ligne.

"Sur les vaccins, nous pouvons être impatients, pas aveugles !", avertit le président du Conseil, l’instance représentant les Etats membres.


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Les campagnes de vaccination dans l’UE restent poussives, pénalisées par d’importants retards de livraison. Certains se sont alors tournés vers des vaccins non encore approuvés par le régulateur européen : la Hongrie a commencé à administrer les vaccins russe Spoutnik V et chinois Sinopharm. La République tchèque et la Slovaquie ont également passé commande à la Russie, et le Spoutnik V sera fabriqué dès juillet dans des usines italiennes. Russie et Chine multiplient par ailleurs les livraisons de vaccins aux pays en développement, jusque dans les Balkans.

La Russie et la Chine "auraient administré, d’après les chiffres disponibles, deux fois moins de doses par 100 habitants que l’UE. Et l’Europe n’instrumentalise pas les vaccins à des fins de propagande, elle promeut des valeurs", a nuancé mardi Charles Michel. Il s’est par ailleurs dit "choqué" des accusations de "nationalisme vaccinal" contre l’UE, après qu’elle a mis en place un mécanisme de contrôle des exportations de vaccins fabriqués sur son sol.

"Le Royaume-Uni et les États-Unis ont décrété l’interdiction pure et simple d’exportation de vaccins ou de composants produits", affirme-t-il. "L’UE n’a jamais cessé d’exporter" et "la majorité" des doses ayant permis la vaccination de masse en Israël venaient de Belgique, a-t-il souligné.

Londres a déjà démenti cette accusation. "Le gouvernement britannique n’a jamais bloqué l’exportation d’un seul vaccin", a répété mardi un porte-parole. Aux Etats-Unis, un "executive order" présidentiel empêche toute exportation de vaccins tant que le pays ne dispose pas d’une quantité suffisante pour vacciner sa population. En revanche, l’exportation des composants de vaccins est encadrée, soumise à autorisations spécifiques, selon une source européenne qui a fait état de négociations par l’UE pour faciliter ces procédures.

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