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Coronavirus en Belgique : baisse significative de l'espérance de vie en 2020

Coronavirus en Belgique: reprise modérée de la croissance démographique en 2021
19 janv. 2021 à 13:02 - mise à jour 19 janv. 2021 à 13:02Temps de lecture3 min
Par RTBF

Le Bureau Fédéral du Plan a présenté ses perspectives démographiques pour 2020-2070. Elles mettent en lumière une croissance démographique extrêmement faible en 2020 à la suite de la pandémie de coronavirus, qui a engendré une surmortalité, et une diminution des flux de migration.

Pour l'an dernier, la surmortalité toutes causes s'élève à 16.000 décès, tandis que le solde migratoire a été réduit de 50%. Pour 2021, on suppose encore une surmortalité (mais moindre qu'en 2020) et une réduction des flux migratoires internationaux.

En 2020, le nombre d'habitants supplémentaires s'élèverait ainsi à 8000 (pour une moyenne annuelle de... 52.000 ces 30 dernières années). En 2021, on s'attend à quelque 30.000 habitants supplémentaires.

Récupération partielle des flux migratoires

La projection pour les années qui suivent (2022-2026) serait dynamisée par la récupération partielle des flux migratoires non réalisés durant la pandémie. A long terme, la population belge devrait continuer de croître pour atteindre, à l'horizon 2070, 12,8 millions d'habitants (pour 11,5 millions en 2020).

La croissance annuelle moyenne passerait à 25.000 habitants supplémentaires par an, soit la moitié de la croissance annuelle entre 1992 et 2020. Une moindre croissance dont l'explication résiderait dans une fécondité plus faible, l'arrivée de la génération du baby-boom aux âges où les probabilités de mourir sont élevées et à des flux migratoires moins dynamiques.

Mortalité accrue dès 65 ans en 2020

Sur la base de données quasi exhaustives, le nombre total de décès, toutes causes confondues s'élève en 2020 à 127.800. En utilisant les probabilités de mourir, par âge, en ne tenant pas compte du Covid-19, le nombre total aurait dû atteindre 111.800 décès. On note donc une surmortalité de 14% l'an dernier, et celle-ci est remarquée dès 65 ans, tant pour les hommes que les femmes. Ce qui, du coup, engendre une baisse significative pour 2020 de l'espérance de vie (2019 : 81,8 ans - 2020 : 80,9 ans), alors que depuis 1992, l'espérance de vie était en constante augmentation.

Si cette mesure permet de synthétiser l'impact du Covid sur la mortalité, elle ne donne pas pour autant la durée de vie moyenne d'un enfant né en 2020, car il ne devrait pas être confronté durant toute sa vie aux conditions de mortalité par âge observées en 2020.

Fécondité en constante diminution

Le nombre d'enfants par femme est en constante diminution depuis 2009. Une diminution liée aux conséquences de la crise économique et financière de 2008 et l'incertitude croissante quant à l'évolution future de la société (insécurité économique, géopolitique, climatique,...). Si l'année 2020 semblait amorcer une reprise légère de la fécondité (1,59 enfant par femme contre 1,57 en 2019), l'impact de l'épidémie pourrait engendrer une nouvelle baisse de la fécondité. Les projections à l'horizon 2035 notent une remontée à 1,7 enfant par femme, ce qui reste insuffisant pour garantir le remplacement des générations (2,1 enfants nécessaires)

Solde naturel négatif: une première en 2020 depuis 75 ans

Le solde naturel, c'est-à-dire la différence entre le nombre de naissances et de décès est, pour 2020 négatif (-11.000), ce qui n'avait plus été observé depuis la seconde guerre mondiale. Une légère redynamisation est attendue pour 2022-2044, et serait à nouveau négatif entre 2045 et 2064.

le solde migratoire est en net recul pour 2020(- 50%), et resterait négatif mais dans une moindre mesure (-25%) pour 2021. Si on table sur l'hypothèse que 50% des mouvements migratoires non réalisés durant ces deux années seraient postposés entre 2022 et 2026, un coup de boost pourrait être attendu.

Région par région

On relève des contrastes notables entre les trois régions du pays: la croissance de la population est négative à Bruxelles et en Wallonie et positive en Flandre.

A Bruxelles: la croissance démographique en 2020 est impactée par la baisse du solde migratoire international. Le solde naturel est cependant positif, Bruxelles étant caractérisée par une population relativement jeune.

En Wallonie, on note une croissance négative, due tant au solde migratoire international en baisse qu'au solde naturel. Celui-ci est par ailleurs négatif sur toute la période de projection, et cela est dû tant la hausse du nombre de décès attendus dans les prochaines années que par une natalité moins dynamique.

La Région flamande tire son épingle du jeu : elle est la seule à maintenir une croissance démographique positive pour 2020, malgré l'épidémie. A terme, la croissance de la région est dynamisée par un solde migratoire interne soutenu. La natalité reste plus soutenue qu'en Wallonie.

Pour les trois régions, on notera que si l'on récupère les flux migratoires internationaux en chute l'an dernier et en 2021, une croissance de la population d'âge actif  devrait s'accélérer entre 2022 et 2026.


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