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Coronavirus en Belgique : pourquoi est-il difficile de savoir si toutes les personnes de retour de zone rouge se font tester ?

Coronavirus en Belgique : pourquoi est-il difficile de savoir si toutes les personnes de retour de zone rouge se font tester ?
08 janv. 2021 à 16:032 min
Par C. L.

Comme l’expliquait le Centre interfédéral de crise lors de sa conférence de presse bi-hebdomadaire de ce vendredi, actuellement 3,7% des personnes revenant de vacances sont positives après leur test. Cependant les chiffres apportés par Sciensano démontrent que des tests manquent à l’appel. 

Dans son rapport hebdomadaire, Sciensano confirme le retour en Belgique de 175.280 personnes ayant rempli le "passenger locator form" (PLF) entre le 19 décembre et le 3 janvier (ce qui correspond à la période des vacances de Noël). Dans ce nombre global, on distingue les personnes revenues de zone rouge (85,5%) de zone orange (5,4%), ce qui équivaut respectivement à 149.784 et 9419 personnes.

Pour rappel, toute personne revenant d’un séjour de plus de 48 heures en zone rouge doit se faire tester ainsi que réaliser une quarantaine. Ce récent changement à partir du 31 décembre avait d’ailleurs obligé de nombreux voyageurs belges à réorganiser leurs deux prochaines semaines, lors de leur arrivée sur le sol national.

Toujours sur cette même période, 22% des voyageurs de zone rouge ont été testés (soit 33.276 personnes) et 3% de ces personnes testées étaient positives (donc 999 personnes). Ce chiffre paraît donc assez faible, mais est pourtant à revoir à la hausse selon Inge Neven, responsable du Service de l’inspection de l’hygiène à la Cocom : "Il faut que la personne indique son numéro NISS (numéro de Registre national) dans son PLF et aussi dans son test afin que les données soient liées, ce qui n’est pas toujours le cas.".

Un manque de corrélation qui sous-évalue le pourcentage de personnes testées au retour de zone rouge, et fausse peut-être par conséquence le taux de positivité.

Un manque de données à l’encodage ?

De plus, et plus spécifiquement pour les données bruxelloises, "la population de Bruxelles est très internationale et donc peu de gens ont un NISS. Et certaines personnes ne mentionnent pas que leur test résulte d’un retour de voyage. Cela provoque des coquilles qui font baisser les chiffres", ajoute Inge Neven.


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Cependant, ce manque de concordance dans les liens ne peut pas expliquer l'entièretée des chiffres. Du côté de la Cocom, on préfère souligner la bonne foi des voyageurs de retour. "Depuis dimanche, nous appelons toutes les personnes qui doivent faire un test pour retour de zone rouge. Au premier jour, 80% d’entre elles ont déjà fait le test et 12% ont pris rendez-vous pour le faire. Il y a donc 92% qui suivent les règles", explique Inge Neven. Une personne sur deux appelées a répondu, ce qui permet d’affirmer cette confiance envers les voyageurs de retour.

Bien que les chiffres du rapport Sciensano se rapportent aux deux semaines précédentes à celle-ci qui où on oblige les tests à l'arrivée après 48h en zone rouge, un important écart subsiste entre les 20% de tests bruxellois du rapport et les 54% évoqués et sous-évalué selon Inge Neven actuellement. Il est difficile d’apporter d’autres éléments de réponses durant cette période à cheval sur deux mesures.

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