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Coronavirus en Belgique : "On a pu éviter que cette vaguelette ne devienne une deuxième vague"

31 août 2020 à 08:53 - mise à jour 31 août 2020 à 11:12Temps de lecture6 min
Par RTBF

Ce lundi à 11 heures, les experts du centre interfédéral de crise Covid-19 et de l’institut Sciensano ont fait un nouveau point sur la situation épidémiologique dans notre pays. Cette conférence de presse marquait aussi le retour du Dr Yves Van Laethem après six semaines d’absence, suite à sa quarantaine. Il a d’ailleurs profité de son introduction pour saluer et remercie sa collègue Frédérique Jacobs qui a pris le relais en tant que porte-parole en son absence.

Les experts ont commenté les derniers chiffres de l’épidémie en Belgique, dont les principaux indicateurs sont à la baisse depuis plusieurs jours consécutifs.


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Selon les chiffres consolidés, entre le 21 et le 27 août, il y a eu en moyenne 430 contaminations au nouveau coronavirus par jour, ce qui représente une baisse de 14% par rapport à la semaine précédente. Une baisse "accentuée" puisqu’on avait une diminution de 10% dans les jours précédents. "Cette baisse est la plus importante dans les grandes villes où l’augmentation avait été la plus importante comme Anvers, Bruxelles et Liège ", a précisé M. Van Laethem.

"Ces tendances positives se retrouvent également au niveau régional" a détaillé le porte-parole. Dans la région de Bruxelles-Capitale, "il y a eu en moyenne 112 nouveaux cas par jour la semaine dernière. Soit une diminution de l’ordre de 12% par rapport à la semaine précédente". À Anvers, la baisse a été encore plus significative avec une baisse du nombre de cas de 24% par rapport à la semaine précédente.

Ces résultats positifs sont observés aussi dans d’autres provinces, à l’exception du Brabant flamand et du Brabant wallon qui connaissent une croissance du nombre de cas "un peu plus tardive" alors que jusqu’ici elles avaient "particulièrement bien performé". Mais le nombre de cas reste cependant plutôt limité en termes de chiffres absolus. À l’échelle du pays, "ceci a relativement peu de signification".

Hospitalisations et taux de mortalité à la baisse également

Au niveau des hospitalisations, "la tendance à la baisse se confirme" avec, en moyenne 15 admissions à l’hôpital par jour, une baisse "importante" des chiffres moyens de l’ordre de 39%.

Ces chiffres favorables se répercutent sur la mortalité avec en moyenne quatre décès par jour la semaine dernière, une diminution de 53% par rapport à la semaine précédente. Cette diminution s’explique probablement par une augmentation du nombre de morts liée à la vague de chaleur qui a pu toucher les personnes les plus fragilisées et impacter les chiffres des semaines précédentes.

Au niveau du taux de décès, "on se rapproche d’une situation telle que celle que nous avons connue fin juin et début juillet".

L’importance du respect de la quarantaine de 14 jours

Après le détail des chiffres de l’épidémie en Belgique, le centre de crise a également voulu faire un point sur la quarantaine à la veille de la rentrée.

Que ce soit lorsque l’on revient d’une zone dite "rouge" ou d’un contact avec une personne positive au Covid-19, cette quarantaine, ou "quatorzaine", "signifie effectivement que pendant deux semaines, on va se retirer de ses contacts sociaux". Comme a dû lui-même le faire Yves Van Laethem.

Mais pourquoi cette quarantaine est-elle utile ? "Le virus, s’il vous infecte, ne va pas se manifester directement. Il mettra, en moyenne, cinq à six jours pour vous faire développer une infection clinique. Mais on sait qu’il va jusqu’à quatorze jours de période d’incubation. Et c’est pour couvrir ces quatorze jours d’incubation que vous allez donc devoir pendant quatorze jours devoir effectuer ce retrait d’un certain nombre de faits de la vie sociale", a indiqué le porte-parole.

Il ajoute également que le fait d’être négatif à un frottis nasal pratiqué quelques jours après un retour de vacances, par exemple, "ne signifie pas forcément que vous resterez négatif. Il peut y avoir trop peu de virus pour être détecté. Et donc ce premier frottis, est un point qui peut vous conforter mais certainement pas signifier l’arrêt de cette quarantaine parce que l’infection peut encore se révéler par la suite".

Analyse des chiffres de la mobilité

"La situation actuellement est une situation dans laquelle on doit commencer à apprendre à vivre avec le coronavirus et pas seulement nous battre au coup par coup avec lui", indique M. Van Laethem. "Nous devons donc trouver un équilibre délicat entre le maintien, le contingentement de l’épidémie à un niveau qui soit supportable et, en même temps, le retour à une vie sociale et à une vie économique qui soit satisfaisante", a ajouté le Professeur.

Les données globales des déplacements ont été détaillées.

La mobilité a largement chuté lors de la première vague puis a légèrement repris avec l’assouplissement des mesures.

Ces chiffres de la mobilité ont ensuite connu une nouvelle chute pendant la période des vacances d’été, ce qui indique que les citoyens ont fait attention à limiter leurs déplacements alors que les Belges sont en général plus mobiles lors de ces périodes.

Ceci a également permis de lutter contre la propagation du virus, indique le centre de crise.

La gestion des cas à Anvers et à Bruxelles

Courbe des cas de contaminations au Covid-19 dans la province d’Anvers et projection de la courbe sans nouvelle mesure.
Courbe des cas de contaminations au Covid-19 dans la province d’Anvers et projection de la courbe sans nouvelle mesure. www.info-coronavirus.be

La courbe des contaminations dans les provinces d’Anvers et Bruxelles ont également été analysées par les experts.

Les experts ont voulu mettre en évidence des exemples pour illustrer que les efforts et les mesures mises en place ont payé. Les universités d’Anvers et Hasselt ont fourni des statistiques et des projections dans les provinces d’Anvers et Bruxelles. Celles-ci comparent l’évolution de la courbe si "aucune mesure supplémentaire n’avait été prise".

Sur le graphique représentant la courbe des cas de contaminations dans ces provinces, on constate que la courbe qui augmentait de façon importante à partir de la mi-juillet a pu être contenue avec des nouvelles mesures nationales et locales, "grâce à l’effort de la population". "Au lieu de suivre son cours exponentiel, on assiste à un aplatissement de la courbe",

À Anvers, cette courbe qui "au lieu de suivre son cours exponentiel qui nous aurait emmenés à plus de 700 contaminations par jour aux environs du 9 août, on assiste à un aplatissement de la courbe et cet aplatissement permet de rester à moins de 300 cas par jour". Selon le porte-parole, cela a permis d’arriver à la situation actuelle avec environ 300 cas par jour, "évitant ainsi de potentielles nombreuses hospitalisations" et donc des décès.

On a pu éviter que cette vaguelette ne devienne une réelle deuxième vague

À Bruxelles une projection à peu près similaire est observée, même si elle a été moins marquée. "Un effort est encore à faire pour avoir une courbe qui descend plus rapidement".

"Après une première descente on reste sur un certain plateau", "il faut donc maintenir les mesures actuelles" pour espérer faire à nouveau chuter les chiffres. Le délai dans lequel la courbe pourrait à nouveau descendre dans la capitale n’est pas prévisible à l’heure actuelle, estiment les experts du centre de crise.

"Ensemble, avec les mesures qui ont été prises et le respect des mesures qui ont été décidées, on a pu éviter que cette vaguelette ne devienne une réelle deuxième vague", ajoute encore Yves Van Laethem.

Le docteur a également rappelé que l’automne sera une période importante et a rappelé la dangerosité du Covid-19 et a à nouveau invité à la prudence.

Veille de rentrée

A la veille de la rentrée scolaire, le centre de crise invite les parents d’élèves à s’informer auprès des directions d’école et via les canaux d’informations officielles, notamment la page de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Cette semaine signifie aussi pour de nombreux parents la rentrée avec potentiellement plus de monde sur les lieux de travail respectifs.

Antoine Iseux invite donc les travailleurs et les employeurs à "adapter durablement les comportements face à la présence du virus" à plusieurs niveaux. Des guides sont accessibles sur les sites officiels.

Le centre de crise rappelle par ailleurs plusieurs principes :

  • Le travail à domicile reste à privilégier lorsque c’est possible.
  • Il faut rester à la maison si on se sent malade ou qu’on a des symptômes.
  • Les employés revenant de "zone rouge" dans les deux dernières semaines doivent se mettre en quarantaine, le télétravail reste néanmoins possible mais ils ne peuvent pas se rendre au travail ou avoir des contacts avec des clients.

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