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Coronavirus

Coronavirus en Belgique : "Le secteur hospitalier est aux soins intensifs" pour Isabelle Loeb, CHU Saint-Pierre

Coronavirus en Belgique : "Le secteur hospitalier est aux soins intensifs" pour Isabelle Loeb, CHU Saint-Pierre
09 oct. 2020 à 06:38 - mise à jour 09 oct. 2020 à 08:522 min
Par RTBF

Alors que la Région bruxelloise décide de fermer bars et cafés pour un mois entre autres pour préserver la capacité du réseau hospitalier, aujourd’hui pour la première fois le nombre de patients hospitalisés en raison du Covid dépasse le millier. Et le nombre de personnes infectées dans toute la Belgique a explosé en 24 heures : +5728 cas.

Alors, les hôpitaux bruxellois approchent-ils du point de saturation ? "Ces lits à Bruxelles commencent à être pleins", confirme Isabelle Loeb, directrice médicale au CHU Saint-Pierre, invitée sur matin première. "Je pense que la première chose à faire, c’est d’essayer de réguler les patients dans le pays."

Une régulation au niveau fédéral pour que les patients soient dispatchés dans le pays

"Il faut que l’ensemble des hôpitaux se remplissent au même niveau pour éviter que certains hôpitaux ne soient complètement saturés, continue la directrice médicale. C’est quelque chose que nous avons demandé : une régulation au niveau fédéral pour que les patients soient dispatchés dans le pays."

Isabelle Loeb insiste aussi sur la responsabilité individuelle de chacun et le respect des gestes barrières pour éviter cette saturation des hôpitaux. A Bruxelles, il n’y a pas encore d’opérations non urgentes déprogrammées comme c’est le cas à Liège mais c’est une possibilité si la courbe continue de monter. 

"On ne veut pas se retrouver dans la situation dans laquelle on était au printemps dernier à savoir que nos hôpitaux soient remplis par une seule pathologie liée au Covid et qu’on ne puisse pas prendre en charge correctement le reste des pathologies dont souffrent les Belges. Donc il est clair que si le nombre de patients Covid augmente, on va devoir progressivement restreindre nos autres activités. Or, elles doivent pouvoir continuer."

Des équipes fatiguées et pas de réserve pour le remplacer

Une différence essentielle par rapport à la situation du printemps : les équipes hospitalières ont à peine eu le temps de se reposer avant d’affronter cette nouvelle vague. "Le personnel des hôpitaux est fatigué, déclare Isabelle Loeb. Physiquement et psychologiquement. Cette crise a marqué le personnel à tous les niveaux. Aujourd’hui, le personnel craint cette nouvelle vague. Il ne veut pas revivre le printemps dernier et nous n’avons pas de personnel supplémentaire. Il n’y a pas, en Belgique, de réserves d’infirmières, de médecins ou d’aide logistique."


►►► Lire aussi: Coronavirus en Belgique ce 9 octobre : plus de 5700 nouveaux cas en 24h et 124 hospitalisations


Comble de la malchance, le pays est privé des dernières promotions d’infirmiers cette année suite à l’allongement des études. "On n’a donc pas pu engager comme les autres années."

Pour la directrice médicale au CHU Saint-Pierre, il faut une refonte globale du financement du secteur de la santé en Belgique afin de pouvoir accuser le coup d’une pandémie comme celle-ci. "Le secteur des soins de santé est un secteur qui est sous-financé. Et malheureusement, même s’il y a quelques mesures qui sont prises maintenant, il restera sous-financé", explique Isabelle Loeb.

Le secteur hospitalier est aux soins intensifs

De nouvelles mesures pour valoriser le secteur et améliorer les conditions de travail ont été annoncées par le nouveau gouvernement fédéral. "J’espère que ce ne sont pas des vœux pieux, réagit l’invitée de Matin Première. Sinon, la situation sera vraiment très tendue. "Il faudrait quelque chose d’extrêmement violent. Il faut considérer que le secteur hospitalier est aux soins intensifs pour le moment, il faut donc être extrêmement violent pour le sortir de là."

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