RTBFPasser au contenu

Belgique

Coronavirus en Belgique : il faut du temps pour activer des outils comme le CST avertit Pedro Facon

Coronavirus en Belgique : il faut du temps pour activer des outils comme le CST avertit Pedro Facon
16 févr. 2022 à 17:03 - mise à jour 16 févr. 2022 à 17:382 min
Par Belga

Le commissaire du gouvernement, Pedro Facon, à la lutte contre le coronavirus a averti mercredi les députés de la commission

Le commissaire du gouvernement à la lutte contre le coronavirus, Pedro Facon, a averti mercredi les députés de la commission Santé de la Chambre: des outils comme le passe vaccinal voire l'obligation vaccinale prennent du temps à être actionnés. Or, le virus a souvent pris les politiques de court.

Dans une note du mois de janvier remise à la demande du comité de concertation, le commissaire n'a pas recommandé la vaccination obligatoire contre la covid-19. Il estimait en revanche qu'un "certificat corona" pourrait avoir pour objectif principal de contribuer à un taux de vaccination plus élevé de manière à limiter la pression sur le système de soins de santé. 

La situation s'est améliorée depuis le rapport

Le rapport a été rédigé alors que la Belgique était touchée de plein fouet par la quatrième vague de la pandémie, a rappelé M. Facon. Depuis lors, la situation s'est significativement améliorée et le pays est passé du "code rouge" au "code orange" sur le baromètre corona. En "code jaune", qui pourrait être décrété le mois prochain, le covid safe ticket (CST) ne sera plus d'application.

Pour autant, l'évolution de la pandémie demeure imprévisible, a rappelé M. Facon. Or, la traduction juridique de cet outil dans un accord de coopération entre le fédéral et les entités fédérées a pris du temps. Selon le commissaire, il faut compter au minimum quatre semaines. 

Des voix se font entendre aussi bien dans la société civile que dans le monde politique pour enterrer le CST, d'autres pour le suspendre. Tout en se gardant d'une prise de position politique, le commissaire du gouvernement a insisté sur l'importance d'être préparé si la pandémie connaissait une recrudescence impliquant de prendre des mesures rapides. "Si l'on veut se servir quand même de cet instrument, il faut savoir si on le met en veille ou si on le supprime complètement. Mais il faut savoir alors que l'activation de cet instrument prend du temps", a-t-il dit.

"Il pourrait y avoir une gradation et cela peut se faire par une loi ou un accord de coopération que l'on pourrait activer dans le cadre d'une situation d'urgence épidémique", a-t-il ajouté.

Dans un souci de cohérence, ce certificat devrait s'intégrer dans les dispositifs existants que sont la loi pandémie, dont la prolongation a été confirmée la semaine passée à la Chambre, et le baromètre corona.

Le certificat corona "plus proportionné"

Le commissaire reste sur sa position à propos de l'obligation vaccinale. Il juge le certificat corona "plus proportionné" car il n'implique pas les mêmes restrictions. Il s'interroge aussi sur la façon de mettre en oeuvre une éventuelle obligation. Il dit ne pas sentir une "volonté politique ou sociétale" pour l'assortir de sanctions comme une amende pénale ou fiscale. Or, dès lors qu'elle n'est pas sanctionnée, une obligation devient symbolique. Et pour la contrôler, un instrument comme un certificat vaccinal est nécessaire. "Tout ça pour ça?" s'est demandé M. Facon.

Jusqu'à présent, ce sont des études réalisées dans d'autres pays européens qui sont invoquées quand l'utilité d'un passe sanitaire est mise en avant. Plusieurs députés ont demandé la réalisation d'une étude nationale sur le CST. Aux yeux de M. Facon, une telle analyse est difficile à réaliser car le CST se combine à d'autres mesures. "Ce n'est pas réaliste de vouloir isoler de manière séparée l'impact du CST", a-t-il affirmé.

Articles recommandés pour vous