RTBFPasser au contenu

Societe

Coronavirus en Belgique : contaminations en hausse, chaos dans les écoles et pas seulement…

Covid : fort taux d'absentéisme dans certaines écoles

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

19 oct. 2021 à 15:083 min
Par Pascale Bollekens avec Jean-Christophe Willems

On enregistre désormais une moyenne de 3000 contaminations au coronavirus chaque jour, dans notre pays. Cela veut dire que le nombre de cas a doublé en moins de deux semaines. Le virus circule à nouveau, nous sommes plus à l’intérieur, et nous ouvrons moins les fenêtres mais qui dit test positif, dit absentéisme. Sans compter les cas contacts qui augmentent. Dans les écoles, cela commence à poser pas mal de problèmes.

Et depuis la dernière circulaire rentrée en vigueur le premier octobre dernier sur les mesures Covid dans l’enseignement, c’est même devenu un vrai casse-tête pour certaines directions. Jusque-là, deux cas positifs dans une classe et la classe était fermée pour 10 jours.

Aujourd’hui, c’est plus compliqué, les directions d’école doivent transmettre aux PSE (la médecine scolaire), les cas positifs, si deux enfants se sont transmis le virus à l’intérieur d’une même classe, on parle alors d’un foyer (un cluster) mais on ne ferme plus la classe.

Un prof sur cinq absent, un élève sur six à l’école Notre Dame de Grâce

Stéphanie Gob, Directrice de l’Ecole Notre Dame de Grâce à Woluwé Saint Pierre explique : "Tous les enseignants et les élèves de la classe doivent se faire tester. Si certains élèves sont testés négatifs, ils peuvent revenir en classe, ils peuvent arriver au compte-gouttes à n’importe quel moment même si l’enseignant, lui n’est pas encore revenu parce qu’il attend les résultats de son test."

Et de poursuivre, "Nous, nous devons recenser les cas négatifs pour leur permettre de rentrer en classe, les cas positifs doivent rester chez eux pendant 10 jours. La continuité pédagogique ne peut pas se faire correctement. Cette allée et venue d’élève est très complexe à gérer." Elle nous avoue y consacrer plus de 15 heures par jour depuis deux semaines pour pouvoir agir vite en cas d’urgence.

Nous sommes dans l’attente et je stresse un peu

Dans cet établissement, 15% des élèves sont absents et ce n’est pas fini. Dans la classe de troisième primaire, celle de monsieur Benjamin, un cas positif est confirmé et un autre enfant attend ses résultats. Les cours continuent donc, avec un peu d’inquiétude pour ce professeur : " Nous sommes dans l’attente et je stresse un peu, j’ai un petit bout à la maison et je crains de le contaminer. J’espère être négatif mais pour le moment, on doit attendre le résultat du test du deuxième enfant. Je suis vacciné donc cela devrait aller."

C’est une ambiance bizarre

Dans cette école 12 des 61 professeurs sont absents parfois simplement dans l’attente d’un test. Dans cette autre classe, seuls 5 élèves sont négatifs, c’est la prof d’informatique qui a été appelée à la rescousse pour s’occuper d’eux. Madame Bérangère l’admet : "C’est une ambiance bizarre, plein de profs absents, des classes qui ferment et d’autres élèves qui sont dans la cour et qui ne savent pas s’ils doivent rentrer en classe ou non. C’est autre chose que pendant le confinement, nous ne sommes pas tous dans le même bateau."

Conséquence en cascade, le personnel soignant absent devient aussi un casse-tête dans les hôpitaux

Dans le domaine hospitalier, la situation n’est pas meilleure. Cette infirmière témoigne de manière anonyme, n’ayant pas reçu l’autorisation de ses autorités de donner le nom de son institution hospitalière : "Je gère une équipe de soignants et suis responsable d’assurer la continuité des soins. Chaque semaine, j’ai une collègue qui m’appelle pour me dire qu’elle ne pourra pas venir travailler car son enfant a le nez qui coule et que l’école ou la crèche refuse que ce dernier revienne sans test PCR négatif ou parce qu’un des élèves de la classe a été testé positif et du coup toute la classe est en quarantaine pendant 10 jours."

A ce rythme-là, il n’y aura plus de soignants dans les hôpitaux

Un vrai casse-tête chinois pour tous ceux qui s’occupent des plannings, sans parler des collègues qui doivent, selon elle, reprendre les prestations au pied levé. Elle s’inquiète : "A ce rythme-là, il n’y aura plus de soignants dans les hôpitaux pour soigner qui que ce soit, épuisés par les soins compliqués par la gestion du COVID et par les conditions familiales impactées par toutes ces règles intenables, nous tombons comme des mouches, victimes collatérales d’une forme de COVID long tout aussi grave que ceux qui en font physiquement les frais."

Et de s’interroger sur le risque réel d’emballement de l’épidémie, les jeunes enfants ne font pas de formes graves et les enseignants sont vaccinés. "Nous ne tiendrons plus très longtemps, à ce rythme-là": prévient-elle.

Du côté des ministres en charge de l’enseignement, on rappelle que 1623 enfants ont été testés positifs, la semaine du 4 au 10 octobre, soit une légère baisse par rapport à la semaine précédente et que la situation n’avait rien d’alarmant.

Articles recommandés pour vous