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Coronavirus: deux morts en Europe, l'Italie se barricade

Coronavirus: deux morts en Europe l Italie se barricade

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22 févr. 2020 à 12:15 - mise à jour 22 févr. 2020 à 16:114 min
Par Françoise Wallemacq

Un Italien de 78 ans est le premier Européen décédé après avoir été infecté par le nouveau coronavirus en Italie. L’homme était hospitalisé depuis une dizaine de jours en Vénétie, dans la ville de Padoue, pour une maladie non liée au coronavirus, selon le ministère de la Santé, mais un test a confirmé qu’il avait été contaminé. Une femme testée positive est décédée après lui. Cette patiente résidait en Lombardie, dans la région de Milan. Elle était hospitalisée depuis une dizaine de jours. Cela porte à deux le nombre de victimes terrassées en Europe par la pneumonie virale. Le nord de l’Italie se barricade depuis hier, après avoir découvert une quinzaine de cas de contaminations.

Une quarantaine de  cas en Lombardie et Venetie

Adriano Trevisan, maçon retraité, faisait partie de nouveaux cas répertoriés infectés en Vénétie. Cinq médecins et onze autres personnes ont été identifiés comme porteurs du nouveau coronavirus en Lombardie… En ce qui concerne le maçon de 78 ans, l’origine de la contamination est sans doute un bar, que fréquentaient toutes les personnes infectées, à part les 5 médecins. Sur les trois cas de Vénétie, le président de la région Luca Zaia s’est dit perplexe ce matin : "Nous faisons faire des tests dans leur entourage, la grande question c’est l’origine de ce foyer, car ces personnes n’avaient eu aucun contact avec des Chinois ni des contacts particuliers avec des personnes de retour de Chine." A part le patient de 78 ans décédé dans la nuit, les deux autres cas suspects sont âgés de 66 et 67 ans.

11 villes semi-confinées

Au total, une quarantaine de cas de contamination ont été recensés jusqu’à présent en Italie, pays le plus touché en Europe par l’épidémie de pneumonie virale. Cette vague de contaminations a contraint les autorités italiennes à prendre des mesures drastiques.

Bars, écoles, églises ou encore stades : les lieux publics ont été fermés hier pour une semaine dans onze villes du nord de l’Italie. La mesure touche aussi les bibliothèques, les mairies, les magasins ainsi que les nombreux défilés de carnavals organisés en cette période de l’année. Les écoles sont fermées dans la grande ville proche de Cremona. Hier soir, des trains ont été stoppés en gare de Milan et Lecce, dans les Pouilles, le temps de faire descendre des passagers présentant des symptômes grippaux.


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La décision de semi-confinement d’une dizaine de villes a été prise par le ministère de la Santé après qu’un premier foyer autochtone italien a été identifié dans la ville de Codogno. 14 personnes y ont été contaminées, dont un homme de 38 ans hospitalisé depuis mercredi. Ce cadre chez Unilever est dans un état grave, aux soins intensifs. Son épouse enceinte de 8 mois, un ami avec lequel il jouait au football et trois personnes qui fréquentaient un bar dans la petite ville proche de Castiglione d’Adda, font partie des cas avérés.

Un ami rentré de Chine

Les autorités sanitaires de la Lombardie n’ont pas identifié avec certitude la personne à l’origine de la contagion, mais ce pourrait être un Italien rentré de Chine en janvier qui aurait dîné à plusieurs reprises avec le manager de 38 ans. L’ami rentré de Chine a pourtant été testé négatif au coronavirus. Mais les médecins tentent de savoir si cet ami était porteur du virus sans le savoir, et s’en soit remis sans développer les symptômes associés au covid-19. Du coup, les 60 collègues du cadre de 38 ans, tous employés du siège local d’Unilever à Casalpusterlengo ont été également soumis à des tests de détection du virus.

Dans cette zone située à environ 60 km au sud-est de Milan, plus de 50.000 personnes sont priées de rester chez elles et d’éviter les lieux fermés. Au total, 40 stades et salles de sport seront fermés aux compétitions amateurs ainsi que les lieux de culte.


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C’est la ville de Codogno, une localité de 15.000 habitants, qui a été la première à se confiner. 6 cas d’infection y ont été détectés. Tous les lieux publics ont été fermés, y compris les magasins d’alimentation. Une boulangerie et une pharmacie sont encore ouvertes. Les rues sont désertes. Des personnes en voiture errent, à la recherche de commerces ouverts. Personne non plus aux urgences de l’hôpital local à part des infirmières masquées au changement de rotations.

250 personnes à l’isolement

Environ 250 personnes dont 70 médecins et aides-soignants ont été placées à l’isolement, le temps de les soumettre à des tests, après qu’elles ont été en contact avec les 14 cas de Lombardie.

Au total 16 personnes ont été testées positives en Lombardie, toutes autour de Codogno, dont cinq médecins qui avaient soigné le cadre d’Unilever.

L’Italie ne comptait jusqu’à présent que trois cas de coronavirus, tous contractés hors du pays et soignés à Rome, parmi lesquels deux touristes chinois placés à un moment en thérapie intensive mais dont l’état s’est nettement amélioré ces derniers jours.

En outre, un Italien contaminé par le nouveau coronavirus et qui se trouvait sur le bateau de croisière Diamond Princess au Japon a été rapatrié ce matin avec une trentaine de passagers italiens qui ont été placés en quarantaine.

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