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On n'est pas des pigeons

Coronavirus : ces pays que le virus préfère épargner

Coronavirus : ces pays que le virus préfère épargner
29 mars 2020 à 12:30 - mise à jour 29 mars 2020 à 12:46Temps de lecture2 min
Par Jean-Christophe Willems

La pandémie de coronavirus est mondiale. Aucun continent n'est épargné ! Le nombre de cas recensés fin mars est proche des 350 000 ! Comme le dépistage reste limité, le nombre exact est inconnu mais il doit certainement se calculer en dizaines de millions. Pourtant, quelques pays résistent encore et toujours à l'envahisseur.

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Pays sans virus... officiellement

On ne trouve ces rescapés qu'en Asie et en Afrique. Pour le continent le plus peuplé, cinq pays seraient épargnés : Turkménistan, Tadjikistan, Birmanie Yemen et Corée du Nord. Pour l'Afrique, il s'agit des Burundi, Malawi, Lesotho, Sierra Leone, Botswana et Soudan du Sud.

Bien entendu, il est difficile de croire que le virus s'arrête aux frontières des Etats. Alors, plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer ces singularités. 

Les régimes autoritaires masqueraient-ils la propagation du coronavirus ?

Tout d'abord, le point commun entre tous ces pays est qu'ils ne partagent pas la même vision du régime démocratique que les occidentaux. Beaucoup sont autoritaires, voire dictatoriaux. La Corée du Nord en est l'exemple le plus frappant. Alors que sa voisine du sud est un des pays les plus touchés par l'épidémie, personne ne peut croire que le 50° parallèle et ses champs de mines ont servi de rempart infranchissable au virus.

Si le Turkménistan et le Tadjikistan sont des pays très fermés, c'est moins le cas de la Birmanie. Selon Tanguy Struye de Swielande, professeur de Relations Internationales à l'UCLouvain "le régime est particulièrement instable et la grande crainte de propagation du virus à vaste échelle vient des Rohingyas amassés dans des camps." Quant au Yémen, c'est une des pires dictatures de la planète où la guerre civile fait rage et où la priorité est loin d'être le coronavirus.

Pour l'Afrique, la situation politique est similaire à celles des pays cités. De nombreux gouvernements contrôlent la population (Burundi, Soudan du Sud) et ne communiquent pas sur les éventuels cas de contamination.

La maladie des nantis

Coronavirus épidémie planétaire
Coronavirus épidémie planétaire Juana Mari Moya - Getty Images

Selon le professeur Struye, une autre explication peut être avancée : "Pour bon nombre d'Africains, le coronavirus est considéré comme la maladie des blancs, des élites. Une manière de lutter contre sa propagation est de réunir des gens dans les églises ou les mosquées et de prier. Ce qui est bien entendu très risqué. Mais sur le fond, ils n'ont peut être pas tort car le virus s'est propagé plus rapidement dans les pays riches, grâce à la mondialisation et aux déplacements de biens et personnes."

Reste à savoir combien de temps ces quelques pays pourront tenir à nier l'évidence. "Même la Russie n'a pas résisté longtemps dans sa tentative de minimiser les effets du virus." 

Aucun moyen de détecter et de traiter le virus ?

Se pose également un autre problème, dans ces pays plus pauvres. L'infrastructure médicale y est moins développée. Le nombre de tests effectués est déjà beaucoup trop limité en occident, ces tests sont quasi inexistants dans de nombreux pays africains.

Sans doute que les quelques régimes autoritaires masquent la réalité des faits, mais peut-être n'ont-ils pas non plus les moyens de détecter et traiter les malades du Covid 19.


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