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Coronavirus

Coronavirus au Royaume-Uni : un mois après avoir relâché les mesures, l’incertitude plane toujours sur la suite de la pandémie

28 mars 2022 à 11:51 - mise à jour 28 mars 2022 à 13:42Temps de lecture2 min
Par Anthony Roberfroid avec Belga

Il y a un mois, l’Angleterre a fait le choix de "vivre avec le virus". Depuis le 27 janvier, la plupart des restrictions ont été levées : fini le masque, le télétravail, le pass sanitaire et la quarantaine lorsque l’on est positif au Covid-19. Le reste du Royaume-Uni a également décidé de relâcher les mesures, même si des quarantaines sont encore exigées au pays de Galle et fortement recommandées en Écosse et en Irlande du Nord.

Un pari risqué que l’Organisation mondiale de la Santé a d’ailleurs regretté. Elle estime que de nombreux États européens, dont le Royaume-Uni, ont levé trop "brutalement" leurs mesures anti-covid, ce qui a conduit à une nette remontée des cas sous l’effet du sous-variant BA.2.

Le Royaume-Uni ne fait pas exception et a également connu une hausse du nombre de cas. Alors que l’on détectait en moyenne 25.413 sur les 7 derniers jours au moment du relâchement, ce chiffre a évolué à la hausse et atteignait 68.112 cas le 17 mars, soit une augmentation de 168%.

Néanmoins, la courbe de contaminations confirmées par un test semble se stabiliser

coronavirus.data.gov.uk

"Ce qu’on observe depuis la semaine passée, même si ce n’est pas très flagrant sur les courbes, c’est que le Royaume-Uni arrive au pic de ce rebond de contaminations" explique Yves Coppieters, épidémiologiste et professeur de santé publique à l’ULB. "Les contaminations stagnent depuis quelques jours et je pense qu’ils arrivent au plateau de cette nouvelle vague. Il n’y a pas de facteur explicatif qui pourrait expliquer que la hausse continue", précise l’expert qui estime que la vague devrait redescendre dans les prochaines semaines.

Néanmoins, Yves Coppieters veut se montrer prudent : "Le problème, c’est que de nombreuses personnes ne se font pas tester via un test officiel. De nombreux malades effectuent des tests rapides, sans que cela ne soit comptabilisé dans les chiffres".

 

Le nombre d’infections pourrait être sous-évalué et selon le Bureau National des statistiques (ONS), le Royaume-Uni tutoie son record de contaminations dans une relative indifférence de la part de la population.

Sur la base d’un échantillon représentatif, l’ONS estime que 4,26 millions de personnes étaient atteintes par le virus la semaine dernière contre 4,3 millions la première semaine de l’année, le maximum depuis le début de la pandémie, pour une population de 67 millions d’habitants.

L’organe évalue notamment qu’une personne sur 16 était atteinte par le virus en Angleterre la semaine dernière. La proportion est la même pour le pays de Galles, tandis que le rapport est de 1 sur 17 en Irlande du Nord et 1 sur 11 en Écosse.

La courbe des hospitalisations va-t-elle suivre celle des contaminations ?

Alors que le nombre d'hospitalisations est lui aussi en hausse, il est difficile de savoir si la courbe des entrées à l'hôpital va suivre celle des contaminations.

Selon Yves Coppieters, même si le nombre de contaminations détectées reste sous-évalué, la tendfance devrait être respectée : "Dans les modèles que nous avions réalisés lors de la vague du variant BA.2, nous prévoyions 15 à 20% d'augmentation des hospitalisations conventionnelles et nous y sommes quasiment. Les signes semblent montrer que ce rebond est en train se terminer et il me semble que l'on peut se baser sur ces chiffres pour dégager une tendance."

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Impossible donc de prédire avec précision l'impact du relâchement des mesures sanitaires sur les hospitalisations et les décès. Il sera nécessaire de surveiller les courbes dans les prochains jours afin de détecter si la tendance à la baisse se confirmera.

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