Coronavirus: 25 minutes avec un médecin généraliste pour y voir clair

Thomas Orban, médecin généraliste et président du collège de médecine générale francophone

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16 mars 2020 à 19:06 - mise à jour 18 mars 2020 à 13:32Temps de lecture2 min
Par Catherine Tonero

L'épidémie de coronavirus bouscule nos habitudes de vie et inquiète une bonne partie de la population. Alors ce soir et toute cette semaine, sur le plateau de CQFD, nous vous proposons un entretien avec un spécialiste pour faire le point sur la situation. Vous avez l'occasion de poser vos questions via l'adresse mail cqfdrtbf@rtbf.be. Notre invité, ce lundi: Thomas Orban, médecin généraliste et président du collège de médecine générale francophone.

Comment vont nos médecins généralistes aujourd'hui?

"Nous avons eu 3000 généralistes connectés à la conférence que nous organisions hier soir sur YouTube [pour la mise à jour des procédures s'appliquant au personnel de la santé, Ndlr], et je les ai sentis extrêmement soucieux de faire le mieux possible", répond Thomas Orban. Les consultations par téléphone imposées pour tous les patients depuis hier s'explique par une simple raison, poursuit-il: "c'est un virus bénin dans la plupart des cas mais extrêmement contagieux, il va donc y avoir un très grand nombre de personnes touchées, regardez dans les autres pays [...] Et si les personnes plus gravement touchées arrivent en même temps aux urgences, les hôpitaux seront saturés, c'est ça qu'on essaie d'éviter".

Peut-on faire un bon diagnostic médical par téléphone?

"C'est à l'inverse de ce que les médecins ont l'habitude de faire, il a fallu les convaincre", explique Thomas Orban, "deuxièmement, nous ne sommes pas dans une situation normale. Et l'avantage des médecins généralistes, c'est qu'ils sont habitués et même formés à évoluer dans une situation d’incertitudes et sans filets. C'est l'ADN de notre métier, nous savons nous adapter".

Un gigantesque call center de médecins

Thomas Orban, médecin généraliste et président du collège de médecine générale francophone

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Les symptômes, pires qu'une grippe?

"J'ai eu pas mal de patients au téléphone, pour certains ça semble tout à fait bénin, pas grand chose, un petit rhume... Idem via les retours de collègues", répond Thomas Orban, "mais dans les cas qui évoluent plus lourdement, on a vite des symptômes respiratoires, des difficultés à respirer avec une fatigue qui s'installe aussi. Enfin, on a des cas qui vont mal et qui expliquent que le simple fait de bouger dans leur appartement les essouffle. C'est comme si on manquait d'air en fait".

Les personnes plus jeunes exposées elles aussi...

Si on jette un coup d’œil au graphique représentant la répartition par âge de tous les cas confirmés, on voit effectivement que la pyramide commence à s'élever à partir des 25-29 ans, avec un pic de contamination entre 45 et 55 ans. Nous avons d'ailleurs pu recouper le témoignage d'une Belge trentenaire infectée qui explique, dans un post Facebook, les symptômes sévères qu'elle présente, en appelant la population à une plus grande conscientisation.

"C'est une maladie émergente et le corps médical doit l'appréhender au moment où elle arrive, les infos vont se préciser progressivement", observe Thomas Orban à cet égard, "le problème, c'est que la diffusion massive du virus a de l'avance sur nous".

 

CQFD, Ce Qui Fait Débat, un face-à-face sur une question d’actualité chaque jour à 18h20 sur La Première et à 20h35 sur La Trois. L’entièreté du débat ci-dessous.

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