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La Corée du Nord dresse une rampe de lancement de missile vers le ciel

Des militaires de la Force terrestre de défense japonaise près d'un lanceur de missile près du ministère de la Défense à Tokyo, le 11 avril

© AFP/YOSHIKAZU TSUNO

11 avr. 2013 à 05:38 - mise à jour 11 avr. 2013 à 05:47Temps de lecture4 min
Par Belga News

Des chaînes de télévision nippone ont évoqué des observations par satellite. A Séoul, une source du renseignement militaire sud-coréen a expliqué à l'agence Yonhap que deux missiles Musudan avaient été régulièrement sortis de leur hangar sur la côte est, puis rentrés, tandis qu'au même moment au moins cinq véhicules lanceurs mobiles étaient eux aussi déplacés.

"Il y a des signes indiquant que le Nord pourrait tirer les missiles Musudan à tout moment dans un avenir proche", a précisé cette source à l'agence de presse sud-coréenne. "Mais le Nord n'a cessé de déplacer ses missiles", a-t-elle ajouté. La Corée du Nord cherche à "lasser" les agents américains et sud-coréens chargés de surveiller les rampes, selon une autre source du renseignement sud-coréen, alors que les Etats-Unis et la Corée du Sud ont relevé d'un cran mercredi leur niveau de vigilance.

La Corée du Nord a transporté en train, en début de semaine dernière, deux missiles Musudan et les a installés sur des véhicules équipés d'un dispositif de tir, selon Séoul, qui redoute que Pyongyang ne procède à un essai dans les heures ou jours à venir. Le Musudan aurait une portée théorique de 3000 kilomètres, soit la capacité d'atteindre la Corée du Sud ou le Japon.

L'éventuel tir de missile pourrait survenir autour du 15 avril, jour de la naissance du fondateur de la République démocratique populaire de Corée, ou coïncider avec la visite à Séoul prévue vendredi du secrétaire d'Etat américain John Kerry et du secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen. Selon une source gouvernementale sud-coréenne, Pyongyang pourrait tirer plusieurs projectiles, des mouvements de véhicules lanceurs transportant des Scud (d'une portée de quelques centaines de kilomètres) et des Rodong (d'une portée d'un peu plus de 1000 kilomètres) ayant en effet été détectés.

Mise en garde américaine

Les forces américaines et sud-coréennes restaient en alerte élevée jeudi face à la "menace vitale" que représentent selon eux les déclarations incendiaires du régime nord-coréen et les actes de défi qu'il a multipliés au cours des derniers mois à l'adresse de ses ennemis.

Les Américains ont annoncé avoir placé un radar. "Le SBX est en position", a déclaré une source qui s'exprimait sous couvert d'anonymat. Le Pentagone avait annoncé le déploiement du SBX (Sea-based X-Band Radar), arguant le 2 avril qu'il s'agissait d'une mission "de routine", officiellement "pas liée" aux tensions sur la péninsule coréenne.

 

Sans fournir plus de détail, ce responsable a confirmé que le SBX, une plate-forme semi-submersible surmontée d'un énorme radome, a été positionné en mer pour traquer d'éventuels missiles nord-coréens.

Cet appareil était auparavant à Pearl Harbor à Hawaii. Haut de 85 mètres, il est capable de détecter le lancement d'un missile à 2000 kilomètres à la ronde.

Il complète une panoplie de radars américains dans la région capables de déterminer l'origine d'un tir et d'en suivre la trajectoire, notamment deux destroyers équipés du système antimissile Aegis.

Depuis février 2012, Pyongyang a effectué deux tirs de fusée (dont un réussi en décembre), considérés par les Occidentaux comme des essais déguisés de missiles balistiques, un essai nucléaire qui lui a valu un nouveau train de sanctions à l'ONU, annoncé le redémarrage de ses activités nucléaires et positionné des missiles de moyenne portée sur sa côte est.

"Avec sa rhétorique belliqueuse, la Corée du Nord joue avec le feu et n'aide pas à désamorcer une situation instable", a déclaré mercredi le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel, selon qui les Etats-Unis sont "prêts à faire face à toute éventualité". "Notre pays est tout à fait prêt à faire face à toute éventualité, à toute action que la Corée du Nord pourrait entreprendre, à toute provocation à laquelle elle pourrait se livrer", a assuré le chef du Pentagone.

Une attention particulière à l'arsenal nord-coréen

Interrogé sur les capacités balistiques de la Corée du Nord, le plus haut gradé américain, le général Martin Dempsey, a de son côté jugé qu'après "plusieurs essais réussis de tirs de missiles", "nous devons envisager le pire". L'armée américaine n'abattra le ou les missiles lancés par Pyongyang que si ceux-ci constituent une menace pour le Japon, la Corée du Sud ou pour le territoire américain, a de son côté prévenu mardi le commandant des forces américaines en Asie-Pacifique, l'amiral Sam Locklear.

"Cela ne nous prend pas longtemps pour déterminer où il se dirige et où il va tomber", a expliqué l'amiral devant les sénateurs de la commission des Forces armées à Washington, précisant qu'il "ne recommandait pas" d'abattre un missile qui ne présentait pas de menace.

Visiblement agacée par la réaction d'une partie de la communauté internationale qui a qualifié ses menaces de pure gesticulation, la Corée du Nord a surenchéri mardi en parlant à nouveau d'une guerre "thermonucléaire" et en conseillant aux étrangers présents en Corée du Sud de quitter ce pays. Elle avait déjà averti les pays étrangers possédant une mission diplomatique à Pyongyang qu'elle ne serait plus en mesure de garantir leur sécurité à compter du 10 avril en cas de conflit.

Mais l'Union européenne a prévenu mercredi qu'elle n'envisageait pas à ce stade d'évacuer ses missions diplomatiques ni à Pyongyang, ni à Séoul.

Dans ce contexte de fortes tensions, Pyongyang a retiré les 53 000 employés nord-coréens travaillant dans le centre industriel inter-coréen de Kaesong, situé sur son sol, dont l'accès était déjà interdit depuis le 3 avril aux travailleurs sud-coréens, et fermé un poste-frontière avec la Chine. Kaesong "cessera d'exister si le régime de (la présidente sud-coréenne) Park Geun-Hye persiste dans la confrontation", a prévenu Pyongyang.


Belga

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