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COP27 : l’UE "déçue" par l’accord sur les émissions, "un pas en avant trop court"

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20 nov. 2022 à 06:50Temps de lecture4 min
Par Belga, édité par Victor de Thier

L’Union européenne s’est déclarée "déçue" dimanche matin par le manque d’ambition dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre de l’accord scellé lors de la conférence sur le climat COP27 en Egypte.

C’est un pas en avant trop court.

"Ce que nous avons là, c’est un pas en avant trop court pour les habitants de la planète. Il ne fournit pas assez d’efforts supplémentaires de la part des principaux émetteurs pour augmenter et accélérer leurs réductions d’émissions", a estimé, dans un discours enflammé, le vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans à la session plénière finale, après deux semaines de conférence.

Selon le Néerlandais, trop de pays ont peur de faire les efforts nécessaires pour réduire le changement climatique. Il a également appelé les pays participants à reconnaître les lacunes de l’accord.

Concernant les pertes et préjudices, M. Timmermans a déclaré que l’UE était confrontée à un "dilemme moral". Les propositions présentées à Charm el-Cheikh n’allaient pas assez loin, mais le négociateur a fait valoir que l’Union européenne ne voulait pas "simplement supprimer un fonds pour lequel les pays vulnérables se sont battus pendant des décennies". Cela aurait été une "énorme erreur et une grosse occasion manquée".

Demain, nous commençons déjà à préparer la COP28

L’UE n’en oublie toutefois pas ses objectifs climatiques plus ambitieux. Entre-temps, plus de 80 pays dans le monde soutiennent que les émissions mondiales devraient atteindre un pic au plus tard en 2025. "Malheureusement, cela n’est pas pris en compte ici", a-t-il déploré.

Le monde a déjà perdu beaucoup de temps, a conclu Frans Timmermans, "mais demain, nous commençons déjà à préparer la COP28". Celle-ci aura lieu aux Émirats arabes unis à la fin 2023.

Pas d’ambition pour "drastiquement réduire" les émissions, regrette le chef de l’ONU

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a regretté dimanche le manque d’ambition de la COP27 sur la réduction des gaz à effet de serre, qui devraient être réduits "drastiquement" afin de prévenir des changements climatiques graves.

Une question à laquelle cette COP n’a pas répondu

Le résultat est insuffisant, déplore M. Guterres. "Notre planète est encore en phase de premiers soins. Nous devons drastiquement réduire les émissions maintenant – et c’est une question à laquelle cette COP n’a pas répondu", a-t-il ainsi déclaré à l’issue de la conférence climatique.

Pour la ministre Khattabi, la COP27 n’a pas répondu à l’urgence de la situation

Le résultat de la COP27, malgré des négociations qui ont joué les prolongations jusqu’aux petites heures dimanche, n’est pas à la hauteur des attentes, en particulier sur le volet "atténuation", a réagi la ministre fédérale du Climat, Zakia Khattabi (Ecolo), pour qui "la montagne a accouché d’une souris".

"Des rapports récents indiquent que nous nous dirigeons vers une alerte mondiale de 2,5 °C. C’est une catastrophe pour l’humanité, et en particulier pour les pays et les communautés les plus vulnérables. Je suis venue pour conclure un accord ambitieux concernant l’opérationnalisation de l’accord de Paris et du Pacte climatique de Glasgow. On en est loin !", se désole la ministre belge, qui a participé aux négociations à Charm el-Cheikh, en Egypte.

Alors que cette décennie est décisive pour réussir à contenir la hausse du mercure à 1,5 °C, comme l’ont répété les nombreux rapports du Giec, le texte final est insuffisant pour s’assurer que les grands émetteurs augmentent et accélèrent leurs réductions d’émission, selon la ministre. "Pour ce faire, il fallait que le Mitigation Work Program soit conçu comme un outil de suivi et de pilotage permettant une mise en œuvre effective et efficace de l’Accord de Paris et du Pacte de Glasgow, et pas un salon de discussion."

Nous quittons la COP en boitant.

"Si l’enjeu de la justice climatique a enfin légitimement trouvé sa place dans l’accord, je regrette que cela soit au détriment de l’atténuation", poursuit Mme Khattabi. "Pour moi, les deux vont de pair, la solidarité c’est aussi mettre tout en œuvre en amont pour éviter les pertes et dommages. Nous marchons sur deux jambes, ici nous quittons la COP en boitant et on sait que, si l’on n’y prend garde, cela laisse des traces."

"Le manque de confiance entre les parties était trop important et a pesé sur les négociations. Cet accord était le seul possible dans ce contexte. Un nouveau chapitre s’ouvre, les premières lignes doivent permettre de rétablir la confiance, préalable nécessaire à un futur accord plus ambitieux", conclut la ministre belge.

"Un petit pas vers la justice climatique", selon Ursula von der Leyen

Dans une déclaration publiée à l’issue du sommet, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a résumé l’optique européenne, qualifiant l’issue de la COP27 de "petit pas vers la justice climatique", tout en rappelant qu’il faudra faire "bien davantage pour la planète". "Nous avons traité quelques symptômes, mais pas guéri le patient de sa fièvre", résume-t-elle.

Il y a au moins eu l’ouverture "d’un nouveau chapitre sur le financement des pertes et préjudices". "Nous rebâtissons la confiance", estime l’Allemande, un élément "crucial" pour avancer, souligne-t-elle.

"La COP27 maintient en vie l’objectif d’1,5°C" (par rapport au niveau préindustriel), celui de l’Accord de Paris (2015), indique Ursula von der Leyen. "Malheureusement, elle n’a pas abouti à un engagement des principaux émetteurs mondiaux à réduire progressivement les carburants fossiles, ni à de nouveaux engagements sur l’atténuation climatique."

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