Climat

COP26 : un fonds de 19 milliards pour lutter contre la déforestation, quels sont les pays les plus touchés ?

Illustration de la déforestation en Amazonie (Brésil)

© Getty Image

02 nov. 2021 à 15:57Temps de lecture3 min
Par Alain Lechien avec Malaurie Gallez

Un investissement de l’ordre de 19 milliards de dollars, provenant de fonds publics et privés doit être pris dans le cadre de la COP26 pour lutter contre la déforestation. C’est la promesse faite par une centaine de dirigeants mondiaux.

D’après un document diffusé par les services du Premier ministre britannique Boris Johnson, cet engagement devrait concerner plus de 13 millions de kilomètres carrés de forêts.

La déforestation est une des causes du réchauffement climatique, il est donc crucial de la limiter puisque les forêts permettent d’absorber 30% des émissions de dioxyde de carbone, un gaz à effet de serre, selon le World Resources Institute (WRI).

Malheureusement, ces dernières années des millions d’hectares de forêts ont disparu, malgré l’engagement pris par une quarantaine de pays en 2014.

Voici l’évolution entre 2002 et 2020

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L’an dernier, c’est une superficie record de 258.000 kilomètres carrés de forêt qui a disparu, principalement au Brésil.

Dans ce pays, entre août 2019 et juillet 2020, 11.088 kilomètres carrés de jungle ont été coupés, selon les observations satellites de l’Institut National de Recherches spatiales (INPE). Cela équivaut à trois terrains de football par minute. Le président Jair Bolsonaro considère que cette région peut être davantage exploitée pour l’agriculture, l’extraction minière et la production d’énergie. Et les feux de forêt n’ont rien arrangé.

En 2020, c’est le Brésil qui est en tête du Top 10 des pays les plus touchés par la déforestation.

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Douze pays dont le Royaume-Uni (pays hôte de la COP26) ont promis lundi d’offrir 12 milliards de dollars de fonds publics d’ici 2025 afin d’aider les pays en développement à restaurer des terres et à lutter contre les feux de forêts. Au moins 8 milliards de dollars devraient être apportés par plus d’une trentaine d’investisseurs du secteur privé.

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Côte d'Ivoire : une "armée verte" contre la déforestation

En Afrique de l’Ouest, la Côte d’Ivoire possède l’un des taux de déforestation les plus rapides au monde. Afin de lutter contre les atteintes illégales à la forêt, le gouvernement a monté en 2018 une "armée verte", une brigade de gardes forestiers qui sont formés aux armes, mais aussi à la botanique et à l’agroforesterie. Elle est baptisée Brigade Spéciale de Surveillance et d’Intervention de Côte d’Ivoire (BSSI) et est composée de 650 soldats qui partent en mission aux quatre coins du pays.

"Des années de l’indépendance à aujourd’hui, la Côte d’Ivoire a perdu 70% de son couvert forestier", indique le commandant Diarra, responsable des opérations de la BSSI.

Les causes principales de déforestation illégale en Côte d’Ivoire sont : le trafic de bois, l’orpaillage illégal et la culture clandestine du cacao.

Des drones viennent en appui des patrouilles terrestres afin de surveiller de grandes étendues de forêt et de trouver d’éventuelles activités illégales.

"Dans les forêts classées, des campements sont créés, on n’a pas toujours la faculté de les détecter, mais avec le drone on arrive à les voir et se projeter sur le site", explique le lieutenant Kouiesetie, opérateur de drone.

Ce jour-là, dans une forêt appartenant au domaine rural où la découpe de bois est interdite, la brigade découvre un tas de bois scié et tente d’intervenir pour neutraliser les responsables. Après une course-poursuite de plusieurs dizaines de minutes, trois hommes sont immobilisés. Mais faute d’éléments de preuves, la brigade devra les relâcher. "Malheureusement ceux que nous avons appréhendés ne sont pas ceux qui font l’activité illégale. Mais ils ne vont jamais dénoncer ceux qui sont de l’autre côté. C’est pour cela que je leur donne des conseils pour leur faire comprendre que ce que nous menons comme action c’est dans l’intérêt de tout le monde. Qu’ils comprennent que ce que nous faisons c’est pour nos enfants, c’est pour demain".

Sensibiliser les populations rurales à la fragilité de l’écosystème forestier est l’une des missions centrales de la BSSI.

Si la surveillance est essentielle pour la défense des forêts, il reste la question du changement du modèle agricole, qui contribue à hauteur de 60% à la disparition des forêts ivoiriennes.

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