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COP 26 : contrôler ses émissions de méthane nous permettrait d'éviter 0,3 °C de réchauffement

03 nov. 2021 à 08:45Temps de lecture2 min
Par Nesrine Jebali d'après l'interview de Sophie Brems

Plus de 80 pays, dont l’UE et les Etats-Unis, se sont engagés ce mardi, lors de la COP 26, à réduire leurs émissions de méthane, puissant gaz à effet de serre, de 30% d’ici 2030 par rapport à 2020. La question à présent est de savoir si cette promesse est véritable tenable. On va y répondre avec Cathy Clerbaux, professeur en sciences de l’atmosphère et du climat à l’ULB, est l’invité de Sophie Brems ce mercredi sur la Première.

C02, méthane, des gaz à effet de serre

Le C02 mais aussi le méthane, sont émis dans l’atmosphère et proviennent de nos activités. Ils sont considérés comme des gaz à effet de serre. Le principal gaz émis par les activités humaines, c’est le CO2, le méthane se retrouve en deuxième position du gaz à effet de serre le plus important.


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D’où provient le méthane ?

A peu près 40% du méthane qui est émis provient de sources naturelles surtout liées au processus de fermentation dans les marais par exemple. Il va de soi que liés aux activités humaines, on a un supplément de méthane qui est dégagé dans l’atmosphère liée à l’agriculture, à l’élevage, surtout les ruminants et aux décharges. Sans oublier les extractions de fuel – fossile qui induisent aussi du méthane dans l’atmosphère.

Le méthane, sujet de conversation à la COP 26

L’une des particularités du méthane, c’est qu’elle est inaudible. C’est la raison pour laquelle le méthane est un sujet de conversation à la COP 26. Ce gaz reste moins longtemps dans l’atmosphère que le CO2 : "cela signifie que si on parvenait à le contrôler, on aurait un effet plus rapide sur les augmentations de température que si on diminue le CO2. Il faut faire les deux à la fois, il faut contrôler le méthane et le CO2", explique la spécialiste.

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Des résultats plus rapides

Autre "avantage" du méthane, c’est que ce gaz reste un peu moins de 10 ans dans l’atmosphère tandis que CO2 reste plusieurs dizaines d’années, 100 ans pour avoir un ordre de grandeur.

"Ça veut dire que le CO2 qu’on a émis il y a 50 ans, il y a toujours une partie de ce CO2 qui est là, tandis que le méthane, au bout de 10 ans, il y en a plus. Et donc, l’idée, c’est en contrôlant aussi les émissions de méthane, c’est d’avoir un impact plus rapide, de pouvoir vraiment jouer sur les augmentations de température qui vont se produire d’ici 2030-2040", explique Cathy Clerbaux.


>> A lire aussi : Objectifs climatiques belges à la COP26 : quel chemin parcouru, et surtout, que reste-t-il à faire ?


Contrôler ses émissions de méthane nous permettrait de gagner déjà, entre guillemets, 0,3 °C de réchauffement. Mais pour cela, il faut convaincre les industriels de capter l’essence et le méthane qui est émis. Une promesse qui est donc tenable.

Comment gagner 0,3 °C ?

"On pense par exemple à l’extraction du charbon qui génère du méthane. Et bien ça, par exemple, il y aurait probablement moyen de le capter. Donc l’idée, c’est d’embarquer à bord les industriels pour qu’ils soient inventifs et qu’ils développent des technologies qui permettent de capter le méthane qui est émis, voire de ne plus en émettre du tout, comme on parlait par exemple des fuites dans les oléoducs, d’essayer de veiller à ce qu’il n’y ait plus de fuite sur le transport du trajet du gaz naturel", conclut l’experte.

L'invité dans l'actu

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