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Contrôle budgétaire, budget 2016 et tax shift: début des hostilités mercredi

Contrôle budgétaire, budget 2016 et tax shift: début des hostilités mercredi
05 juil. 2015 à 15:20 - mise à jour 05 juil. 2015 à 15:372 min
Par Jean-Claude Verset

Premier étage de la fusée: le contrôle budgétaire. Donc vérifier que le budget 2015 tient toujours la route, et si ce n'est pas le cas, corriger le tir. Fin mars le Gouvernement s'en était sorti un peu miraculeusement, mais au prix d'un contentieux avec les Régions. Contentieux, qui n'est d'ailleurs pas  entièrement réglé, notamment avec la Wallonie, et dans une moindre mesure avec la Région Bruxelles-Capitale. L’équipe Michel devra donc sans doute en tenir compte, tout comme il aura à intégrer une révision à la baisse de la contribution sur la rente nucléaire. Elle est estimée dans le budget initial à 405 millions, mais la mise à l’arrêt de plusieurs centrales, dont celle de Doel 4 victime d’un sabotage, ont affecté les bénéfices que tire Electrabel du nucléaire.

Un nouveau milliard et demi à trouver

Deuxième étage de la fusée: Les grandes orientations du budget 2016. On estime que pour respecter nos engagements européens, il faudra trouver au bas mot 1 milliard et demi, et cela sans compter sur d'éventuelles conséquences de la crise grecque. Si, cette année, le déficit budgétaire flirtera encore avec les 3%, la trajectoire promise à la Commission Européenne vise à limiter ce déficit à 2% en 2016, l’objectif étant toujours un retour à l’équilibre en 2018.

Enfin, 3ème étage de la fusée: la réforme fiscale. Au sein de la coalition, tout le monde est d'accord pour réduire le coût du travail, mais chacun avance ses tabous quand il s'agit de compenser le manque à gagner. Pour la N-VA et l'Open Vld, pas question d'augmenter la fiscalité, par exemple sur les voitures de société, ou la TVA. Grosses réticences aussi pour toucher aux revenus du capital. En revanche au CD&V, on est de plus en plus fébrile. Les chrétiens démocrates flamands veulent une contrepartie à leurs concessions en matière de saut d'index et de pensions. Et puis, pour Kris Peeters, leur vice-premier ministre, il n'est plus question que l'on touche aux allocations sociales. Au début du week-end, il avait rappelé à ses collègues du gouvernement que d’ici à 2019 pas moins d’un milliard d’euros d’économie sur les allocations de chômage était prévu, ainsi que 500 millions en matière de prépensions et encore 69 millions pour les interruptions de carrières et le crédit-temps. Autrement dit, on ne peut décemment aller plus loin. Une démonstration qui n’a guère plu dans les rangs de la N-VA et de l’Open Vld, où on estime que les dépenses sociales n’échapperont pas à l’effort.

Début des hostilités, à partir de mercredi, lorsque le Comité de monitoring remettra ses conclusions sur la situation budgétaire.

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