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Consultation médicale: n'oubliez pas votre carte d'identité

Entre 85% et 90% des médecins généralistes disposent d'un système informatique, mais seuls 50% d'entre eux ont un lecteur de carte d'identité

© Vinciane Votron

11 oct. 2016 à 08:30Temps de lecture3 min
Par Vinciane Votron

Votre carte d'identité peut vous sauver la vie. Ne l'oubliez pas si vous vous rendez chez le médecin, car de plus en plus de généralistes s'équipent en matière informatique afin de suivre leurs patients au plus près. Un changement dans les habitudes des patients et des docteurs.

Aujourd'hui, avant de prendre votre tension, votre médecin risque de vous demander votre carte d'identité. Celle-ci fonctionne comme un badge d'accès, grâce auquel votre généraliste se connecte à votre dossier médical informatisé. Il peut y consulter les dernières analyses de ses patients: "Les consultations des spécialistes: de son cardiologue ou de son pneumologue par exemple; un passage aux urgences, cela peut être un examen radiologique ou une prise de sang", explique Mathieu Boxus généraliste à Jurbise. En cas d'accident, cela peut s'avérer très utile: "C'est vrai que si le patient a un accident à l'autre bout de la Belgique, le médecin qui le soigne, avec son accord, pourrait éventuellement accéder à des données intéressantes pour lui donner les meilleurs soins". 
 

Résumé du dossier médical

Mais rassurez-vous, toutes les informations communiquées à votre médecin généraliste ne se retrouvent pas en ligne. Le médecin généraliste encode dans un "summer" (résumé, en anglais) différents renseignements tels que les antécédents, les allergies et les traitements de ses patients. Ce sont les seules données partagées sur le réseau de santé wallon, la plateforme informatique. "Pour un patient polymédiqué avec différentes pathologies, le médecin généraliste est le mieux placé pour savoir quel est le schéma de médication, quels sont ses antécédents, ses diagnostiques, etc. Donc, nous disposons d'une information unique qui est pertinente à partager si le patient doit se faire soigner aux urgences à l'hôpital ou au poste de garde de médecine générale le weekend" précise le docteur Jongen. Avec une condition sine qua non: le patient doit donner son accord. Michel Style n'y voit pas d'inconvénient: "Pour moi, c'est une question de sécurité, pour les premiers soins d'urgence. On ne connaît peut-être pas tous nos antécédents, mais on sait plus ou moins pourquoi on est traité. Cela me rassure."
 

L'ordinateur devient un outil indispensable pour les généralistes
L'ordinateur devient un outil indispensable pour les généralistes © Vinciane Votron

Gain de temps

Pour les médecins qui disposent de cet outil informatique, cette avancée représente pas mal d'avantages: "Cela permet d'accéder à des informations importantes. On ne reçoit pas toujours tous les résultats et je pense que cela permet de mieux travailler, de manière plus efficace et d'éviter la redondance de certains examens qui auraient été prescrits par des confrères", s'enthousiasme le docteur Boxus. "Au final, c'est un gain de temps, parce que quand on cherche une information, pouvoir y accéder facilement, cela peut s'avérer très utile. Le réseau s'implémente petit à petit, et on remarque qu'au fil des semaines, il y a de plus en plus d'informations qui apparaissent pour les patients qu'on soigne. On gagne du temps."

Données sécurisées

Seul inconvénient: il faut s'intéresser à l'informatique et suivre des formations pour maîtriser le logiciel. De nouvelles pratiques qui posent la question de la sécurisation de ces renseignements médicaux. Le Docteur Philippe Jongen, responsable de la plateforme e-santé se veut rassurant: "Nous disposons d'un coffre-fort où nous pouvons disposer ce document concernant les données pertinentes à la prise en charge de mon patient. C'est un coffre-fort informatique, véritablement ultra sécurisé et géré par la profession elle-même."

Aujourd'hui, 1400 généralistes sur les 4500 de Wallonie sont déjà connectés au réseau de santé wallon. Une pratique qui n'est pas encore obligatoire. La ministre de la Santé, Maggie De Block souhaite qu'au premier janvier 2020 tous les médecins disposent d'un système informatique pour que tous les patients qu'ils consultent en 2020 fassent l'objet d'un dossier informatisé. Toutefois, un patient qui refuserait de figurer sur le réseau de santé wallon est totalement en droit de le faire.

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