Cyclisme

Construire autour de Remco Evenepoel avec la victoire au Tour dans le viseur

Voir Remco Evenepoel en jaune à Paris, le rêve avoué de Patrick Lefevere

© Belga

04 mai 2021 à 12:00Temps de lecture3 min
Par Laurent BRUWIER

En 2022, Joao Almeida ne sera plus chez Patrick Lefevere. Le coureur portugais a déjà annoncé son départ même si le nom de sa nouvelle équipe (NDLA : Team UAE) ne pourra être officialisé que le 1er août. La perte sera importante. L’an dernier, au Tour de Burgos et au Tour d’Algarve, Joao Almedia avait démontré l’énorme soutien qu’il représentait aux côtés d’Evenepoel. Mais une 4e place au Giro plus tard, le Portugais s’est sans doute dit qu’il bénéficierait de plus de liberté ailleurs. Un départ qui pousse dès à présent Patrick Lefevere à chercher des renforts pour construire une équipe autour de Remco Evenepoel.

Je travaille très dur pour construire l’équipe du futur. Je suis occupé à finaliser avec quelques sponsors, malheureusement ça prend plus de temps que prévu. Mais le big boss de Decuninck Quick Step est confiant. Dans le business, quand j’investis 5 millions dans une société, je ne demande pas au patron ce qu’il va faire avec mon argent. Pour le sponsoring, c’est différent, un partenaire qui a un return énorme veut toujours savoir plus ou moins comment on va utiliser l’argent ".

Ajoutons à cela que certains sponsors proposent des conditions tacites à leur engagement. Aujourd’hui, on pourrait presque résumer la formule en écrivant que ce n’est plus avec Patrick Lefevere qu’ils souhaitent s’engager mais aux côtés de Remco Evenepoel ou Julian Alaphilippe.

Je ne vais pas cacher que beaucoup de sponsors m’ont demandé de garder Remco et Julian. La France c’est important comme marché. La popularité de Julian est intacte. C’est un coureur que tout le monde apprécie. On aime sa façon de courir. Vous avez des coureurs qui n’ont pas de charisme mais lui au contraire, en a plein. Puis Remco est Remco.

Mais une chose est claire, je ne me laisse pas influencer par les sponsors sur l’identité des coureurs que je vais engager ".

La garde rapprochée de Remco

La force de Lefevere réside sans doute dans sa volonté de ne jamais casser sa tirelire pour une star. Les ténors, ils les accueillent avant leur éclosion, quand ils sont en phase de développement. Une philosophie qui lui a permis de vivre au sommet pendant plus de trente ans. Beaucoup se demandent à quoi ressemblera la garde rapprochée de Remco dans le futur, mais pour Lefevere, les changements ne doivent pas forcément être nombreux.

Je crois qu’avec Knox, Vansevenant, Masnada ou Cattaneo, on n’est pas si mal. Tout le monde sait qu’un vrai grimpeur qui était presque un leader dans le passé mais qui a décidé de se mettre au service de quelqu’un pour gagner un Tour est très cher. Budgétairement, je n’ai pas le droit de faire une erreur. Si je prends un tel profil, c’est après mûre réflexion ".

A côté de Mauri Van Sevenant, autre pépite du mage de Tielt, le cyclisme belge offre pas mal d’autres talents capables de s’illustrer en montagne. Mais s’ils ne sont pas encore des stars du peloton, les ramener dans les rangs de Deceuninck l’an prochain apparaît comme une mission difficile. Aujourd’hui, les bons jeunes ont déjà trouvé refuge dans d’autres équipes du World Tour.

On voit l’évolution. Avant à 19 ans, les coureurs étaient des gamins, aujourd’hui ce sont des hommes. Cian Uitjtdebroeks a signé pour 4 ans chez Bora, Ilan Van Wilder est très bien. Je crois que pour le cyclisme belge, le futur n’est pas si mal que ça ".

Viser la victoire au Tour de France

Qu’à cela ne tienne, aujourd’hui en ayant proposé un contrat de cinq ans à Remco Evenepoel, Patrick Lefevere a revu ses ambitions de manager à la hausse. Son regard se tourne vers la seule grande course qui ne s’est jamais offerte à lui, le Tour de France. Et à la question claire, votre ambition est-elle de construire une équipe autour de Remco Evenepoel pour viser la victoire au Tour de France, la réponse est tout aussi limpide. Oui.

Un objectif qui ne demanderait pas trop d’investissement dans les faits. " Personnellement j’ai confiance. Quand on voit l’équipe alignée l’an dernier au Giro, nous n’étions pas partis avec l’ambition de terminer dans le top 5. Pourtant en regardant les étapes dures avec du vent, du mauvais temps, des étapes où tout le monde était à bloc, il ne restait que 25 ou 30 coureurs devant et on était toujours représenté avec 3, 4 voire 5 coureurs. Comme équipe, je pense qu’on s’est surpris nous-mêmes ".

Reste un dernier nom qui alimente les rumeurs… et que beaucoup imaginent déjà chez Deceuninck Quick Step, Peter Sagan. Le triple champion du monde a déjà annoncé son départ de l’équipe Bora sans dévoiler son futur port d’attache. Un passage qui pourrait être facilité par le constructeur américain Specialized avec qui Peter Sagan possède un contrat personnel et qui équipe également en cycle l’équipe Deceuninck – Quick Step.

Si le grand patron de Specialized est d’accord de payer le salaire de Peter Sagan, il est le bienvenu."

Sans surprise, Patrick Lefevere reste redoutable en affaire mais toujours à l’affût de la bonne occasion.

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