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Conséquence de l’augmentation du prix de l’énergie et de l’inflation, les salaires bruts sont en hausse

Les salaires bruts versés aux travailleurs à temps plein ont augmenté de 5,5% entre janvier 2021 et 2022 en Belgique, selon une étude de Securex. La hausse des salaires bruts a été plus importante chez les employés, à savoir +7%, alors que la fiche de paie des ouvriers a augmenté de 2,3%.

En janvier 2022, le salaire brut moyen versé aux employés était de 3757 euros, et de 2480 euros pour les ouvriers. Une augmentation des salaires qui va de pair avec celle des coûts salariaux pris en charge par les employeurs.

Effet en cascade

Selon les chiffres du secrétariat social Securex, les salaires bruts des employés et des ouvriers ont augmenté entre janvier 2021 et janvier 2022. Autant dire qu’il s’agit d’une bonne nouvelle alors que le coût de la vie est de plus en plus élevé.

C’est particulièrement à la fin de la pandémie que les travailleurs ont pu voir la différence sur leur fiche de paie. Els Vanderhaegen, conseillère juridique de Securex, explique ces augmentations par un effet en cascade : "On voit qu’à la suite de l’augmentation du prix de l’énergie, l’inflation a logiquement augmenté. Et donc, cela a aussi un impact sur l’indexation automatique des salaires."

L’augmentation diffère entre les ouvriers et les employés

Cette étude, dont l’échantillon se compose de 10.679 entreprises et de 59.943 travailleurs du secteur privé en Belgique, révèle que tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. Les ouvriers voient leur salaire brut augmenté de 2,3%, contre 7,3% pour les employés.

La première raison réside dans le fait que tous les secteurs n’ont pas encore connu une indexation en janvier. De plus, certains secteurs connaîtront des indexations supplémentaires à l’avenir.

Els Vanderhaegen nous livre l’autre raison de cette différence de traitement : "C’est aussi parce que les ouvriers ont connu pendant le confinement une période bien plus longue de chômage temporaire, alors que les employés étaient plus en télétravail. Ce n’est pas l’employeur qui doit, dans ce cas, payer le salaire de l’ouvrier. Par l’intervention du gouvernement, c’est l’ONEM qui a pris en charge une partie de leur salaire en versant une indemnité. C’est aussi pour cela qu’il y a une différence entre l’augmentation des salaires bruts des ouvriers et des employés".

Si une indexation supplémentaire est bientôt attendue pour les employés, ce sont les ouvriers qui connaîtront logiquement de plus fortes augmentations.

Les coûts salariaux suivent la tendance

Parallèlement à ces augmentations de salaires, l’étude démontre que les coûts salariaux pour l’employeur ont une évolution similaire. A noter que le coût salarial pour l’employeur a augmenté de 5% entre 2021 et 2022.

Pour les employés, ces coûts ont augmenté de 6,7%, contre 2% chez les ouvriers.

L’Horeca fortement touché par la crise

Dans le secteur de l’Horeca durement touché par la crise sanitaire, le chômage temporaire a fait baisser les coûts salariaux de 24,5% en janvier 2021 par rapport à 2020. Les salaires bruts ont suivi de manière identique cette courbe. En janvier de cette année, les coûts salariaux étaient toujours inférieurs de 3,3% à ceux de janvier 2020. La raison : le chômage dans le secteur de l’hôtellerie (7,6%) est encore plus important qu’avant la période Covid.

Els Vanderhaegen, conseillère juridique de Securex, livre que l’avenir prédit de nouvelles augmentations : "Même si le gouvernement a pris des décisions pour diminuer les prix de l’énergie, l’inflation va tout de même être très importante en 2022. Cela aura encore un impact sur les indexations à venir. Donc la prévision, c’est que les salaires vont encore augmenter."

Indexation automatique oblige, la hausse des salaires est une bonne nouvelle. Cependant, force est de constater que l’inflation diminue le pouvoir d’achat dans la mesure où la vie coûte de plus en plus chère.

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