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Conseil national de sécurité : renforcer nos capacités de dépistage et agir localement

Le pays dispose des moyens de dépistage.
27 juil. 2020 à 14:40 - mise à jour 27 juil. 2020 à 16:104 min
Par J.B.

Ce lundi a lieu un nouveau Conseil national de sécurité qui, comme l’a annoncé la Première ministre ce week-end, devrait prendre des mesures supplémentaires à l’échelle nationale. Ce dernier a été avancé de quatre jours, au regard de l’évolution préoccupante de l’épidémie en Belgique. En effet, nous sommes face à un rebond du virus, et si certaines zones, comme Anvers, sont particulièrement touchées, le virus continue de se propager sur l’ensemble du territoire. Objectif donc, casser les chaînes de transmission du virus.

L’un des points au cœur de la stratégie des autorités pour pouvoir au mieux contrôler la propagation du virus c’est le dépistage ainsi que le suivi de contact.

Pour le dépistage, les choses ne semblent pas si faciles. Pourtant, on dispose bien des capacités de tester massivement la population. En effet, comme l’affirme le ministre en charge de la gestion du matériel médical et de la task force pour le testing, Philippe De Backer, "notre capacité d’effectuer 30.000 tests par jour est pleinement opérationnelle. Et nous pourrions passer à 45.000 tests par jour très rapidement ", nous assure-t-on du côté du cabinet du ministre Philippe De Backer. De plus, des négociations sont en cours pour augmenter cette capacité maximale à 70.000 tests par jour. Or, selon les chiffres diffusés par Sciensano, au mieux nous testons actuellement 15.000 personnes par jour.


►►► Lire aussi : coronavirus en Belgique : " Nous avons les capacités de testing ", et si on s’en servait ?


Augmenter les capacités et intervenir localement

C’est d’ailleurs ce qu’a rappelé Philippe De Backer au cours de la conférence de presse faisant suite au CNS. Il explique, par ailleurs, que non seulement les capacités vont être renforcées mais également que la capacité d’action "sera renforcée dans certains lieux où il y a beaucoup de cas comme à Anvers. On voit que pour certains médecins généralistes c’est difficile de faire les prélèvements. Ainsi, dès la semaine dernière nous avons entamé des contacts pour améliorer cette situation". Du côté du cabinet De Backer, on nous avait expliqué que des discussions étaient en cours avec l’hôpital d’Anvers pour installer un centre de dépistage.

Ainsi, sur la même lignée que la stratégie voulue par les autorités, les testing devraient pouvoir être déployé au plan national en termes de ressources, mais aussi localement en fonction des cas.

Les ressources et les capacités de testing sont des prérogatives du fédéral. A cet égard, Philippe De Backer a expliqué ce lundi, que "laboratoires biologiques cliniques et la plateforme nationale sont en train de faire les efforts pour augmenter les capacités".

Et d’ajouter "pour le moment il y a vraiment un delta" entre les tests effectués et les capacités. D’autant que, rappelle Philippe De Backer, les dépistages sont aussi très importants dans le cadre du suivi de contact.

Coronavirus en Belgique : faut-il augmenter le testing ?

Conférence de presse du Conseil national de sécurité du 27/07/2020

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Plus de tests que de personnes testées

Nous le disions, si au début de l’épidémie nous avons dû faire face à une pénurie de réactifs et de tige de prélèvements pour effectuer les tests, aujourd’hui nous avons les "capacités opérationnelles" de tester massivement. Or, nous testons à la moitié de nos capacités.

Certains spécialistes comme le porte-parole du centre interfédéral de crise, Yves Van Laethem, ou encore l’infectiologue des cliniques Saint-Luc Leïla Belkhir, interrogent la lourdeur administrative pour accéder au dépistage. "C’est compliqué administrativement, il faut une e-prescription, avoir un médecin traitant, ce qui n’est pas toujours le cas. Est-ce que toutes les personnes qui devraient se faire tester le font, je ne sais pas mais je ne suis pas sûr", a indiqué l’infectiologue. Leïla Belkhir estime qu’il faut aller sur place, tester massivement les foyers de contamination, "où il y a une explosion de cas". Mais elle constate des délais importants et des disparités en fonction des lieux où l’on se fait tester.

"Je crois qu’il y a un retard entre le moment où on présente les symptômes et le moment ou l’on se fait tester en fonction de l’endroit où elle se fait tester il y a un délai de réponse. Certains ont les résultats dans les 24h, dans les 48h voire dans les 72h ça, c’est déjà un problème. Il faut que nous ayons les résultats rapidement", insiste Leïla Belkhir.

Car au plus vite les résultats sont là, au plus rapidement il sera possible de tester les contacts d’une personne positive et ainsi agir avant que le virus ne se propage. De plus, cela aura un impact dans le dispositif de suivi de contact. "Est ce qu’il y a des failles dans la transmission ou est ce que nous ne sommes pas assez proactif ?", s’interroge l’infectiologue, pour qui il est indispensable " de se rendre sur place et d’inciter les gens à se faire tester".

A quel saint se vouer ?

Si on peut supposer un défaut d’accessibilité de ces tests de dépistage cela n’explique pas tout. En effet, la stratégie de dépistage et les collectivités, entre autres les maisons de repos, sont une responsabilité des Régions. Or, les ressources pour pouvoir tester sont à disposition du fédéral. Quand les maisons de repos réclament plus de tests dans leurs établissements, la ministre de la santé Maggie De Block répond que cela est possible mais que "c’est à eux de faire le travail d’organisation".

Un imbroglio qui complique encore un peu le déploiement de capacités de dépistage sur le territoire. Certains établissements ne savent plus à quel saint se vouer.

C’est d’ailleurs le cas du secteur des maisons de repos, qui ont subi de plein fouet la première vague de la pandémie. C’est pourquoi, ce lundi, le secteur a appelé tant les Régions que le gouvernement fédéral à prendre "le sens de l’urgence". En effet, si la Wallonie a pris des mesures pour permettre des tests dans les maisons de repos le 24 juillet dernier, ce n’est pas nécessairement le cas dans d’autres Régions, comme à Bruxelles. "En plus des directives de dépistage arrêtées par le RMG (Risk Management Group, ndlr), la ministre wallonne de la santé, Christie Morreale 'recommande fortement de procéder au testing systématique de tout mouvement qui se produit au sein de ses établissements d’hébergement collectif' ", indique le communiqué de presse. Une décision que le secteur des maisons de repos salue. C’est pourquoi, il demande à Alain Maron, le ministre bruxellois de la santé de prendre des mesures similaires, indiquant que le temps était compté.

Mais surtout, le secteur appelle les autorités régionales et fédérales à agir de concert en demandant parallèlement au gouvernement "un soutien fédéral par le remboursement de ces tests via l’Inami car ils relèvent de la Santé publique et sont d’intérêt général".

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