Nutrition

Connaissez-vous le camu camu, un super aliment venu du Brésil ?

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06 sept. 2022 à 13:00Temps de lecture3 min
Par RTBF avec AFP

Le Brésil ne cesse d’accroître son influence dans de nombreux domaines, dont la food. Pour ce dossier spécial Brésil, nous nous sommes penchés sur les super aliments.

Quels sont les points communs entre l’açaï, le guarana et la noix du Brésil ? Non seulement ce sont de vraies petites bombes en nutriments au point de les identifier comme des "super ingrédients", mais ils sont tous aussi originaires du pays du Corcovado. Voilà une dizaine d’années que le Brésil entretient la mode alimentaire autour des "super aliments" en portant dans les magasins des coutumes alimentaires entretenues par les indigènes. Et ce n’est pas près de s’arrêter : connaissez-vous le camu camu ?

A la fin de l’hiver dernier, le Centre de Recherche de Montréal, au Canada, a lancé le recrutement de patients qui participeront au premier essai clinique au sujet des bienfaits surprenants d’une baie encore très peu connue : le camu camu. Les chercheurs du département de médecine de l’Université de la grande métropole canadienne ont en effet démontré qu’une molécule présente dans le fruit – la castalagine, pouvait agir comme un prébiotique et modifier le microbiome intestinal, améliorant alors la réponse à l’immunothérapie suivie par des souris atteintes de cancer. La consommation de camu camu permettrait d’augmenter la proportion de "bonnes" bactéries au sein de l’organisme…

Qu’est-ce que c’est le camu camu ?

Prenant des airs de mirabelles en adoptant plutôt une couleur rouge mélangée à du vert, la baie est riche en vitamines B1, B2 et B3, en acides aminés. De la même famille que la goyave, on profite de ses bienfaits nutritionnels sous la forme de poudre ou de gélules vendues en magasins bio. A mélanger dans un smoothie ou un jus pour renforcer son système immunitaire. Cette "recette" est obtenue après broyage d’un fruit cru que l’on cueille sur des petits arbustes d’Amérique du sud. Plus précisément, ceux-ci poussent en Amazonie tropicale.

Le camu camu contient vingt à cinquante fois plus de vitamines C qu’une orange. Son taux serait au moins équivalent à celui d’une autre baie bien plus célèbre : l’acérola. Toutes deux partagent la même nationalité : le Brésil. Si l’on peut aussi trouver du camu camu au Pérou et de l’acérola dans les Caraïbes, le pays de la samba propose depuis longtemps les fruits consommés par les indigènes d’Amazonie dans les rayons des magasins bio où ils sont étiquetés comme des "super aliments".

Superfood made in Brazil

Légalement, il n’existe aucune définition ni preuve scientifique pour rassembler dans une seule et même case des ingrédients aux vertus thérapeutiques. A en croire la prestigieuse université américaine de Harvard, de hautes teneurs en nutriments, associée à la prévention de certaines maladies, suffisent pour reconnaître ces produits de la nature comme de "super ingrédients". Le concept remonte à bien longtemps, lorsqu’au début du XXe siècle une société d’importation américaine fait la promotion de bananes. Elle se sert d’arguments nutritionnels pour optimiser son business.

Désormais, les aliments qui nous font du bien ne viennent plus des États-Unis, mais d’un pays dont 60% de la population souffre d’obésité. Paradoxe de notre temps, le Brésil abreuve depuis une dizaine d’années le répertoire des super aliments… L’açaï incarne sans doute le succès de ces super ingrédients d’origine brésilienne. Cette petite baie est incontournable dans une recette dont raffolent les réseaux sociaux : l’açaï bowl ; les bienfaits de ce petit-déjeuner étaient encore vantés cet été par Kim Kardashian.

Le Brésil constitue le principal producteur de cette baie bleue, à ne pas confondre avec des myrtilles, désignée comme une petite bombe en antioxydants capables de lutter contre le stress et le vieillissement. En jus, en sorbet ou tout simplement nature, l’açaï se décline sous toutes les formes depuis plusieurs années.

Le fruit tire son nom du terme "içá-çai" employé par la tribu brésilienne des Tupi pour signifier "fruit qui pleure" en raison de la goutte coulant lentement de la pulpe lorsqu’on la presse.

A l’horizon 2027, le marché des super aliments devrait peser près de 215 milliards de dollars, d’après les estimations du cabinet Mordor Intelligence. Sa croissance annuelle est appelée à gonfler de 9,2% au cours de ces cinq prochaines années.

Combien de nouveaux ingrédients d’origine brésilienne alimenteront ce succès pérenne ?

Au pays du Corcovado, plusieurs richesses d’Amazonie ont déjà été découvertes. La noix du Brésil – à ne pas confondre avec la noix de Cajou, serait l’un des aliments les plus riches en sélénium, un oligo-élément qui permet de bien faire fonctionner la thyroïde. Dans le portfolio brésilien, n’oublions pas le guarana que les Amérindiens Guarani utilisaient déjà en cas de disettes. Aujourd’hui, on choisit cette plante pour sa teneur en caféine et sa capacité à améliorer notre vigilance. A consommer surtout en gélules, le guarana permettrait d’améliorer nos compétences cognitives.

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