RTBFPasser au contenu

Conflit israélo-palestinien : des dizaines de frappes sur Gaza, les Etats-Unis multiplient les contacts diplomatiques

L'armée israélienne a mené dans la nuit de dimanche à lundi des dizaines de frappes sur la bande de Gaza, ont indiqué des témoins.
17 mai 2021 à 04:42 - mise à jour 17 mai 2021 à 04:513 min
Par Belga

L'armée israélienne a mené aux premières heures de lundi une intense série de frappes sur Gaza, après une semaine noire ayant fait quelque 200 morts dans les violences entre l'Etat hébreu et le Hamas islamiste, restés sourds aux appels internationaux à la désescalade.

Dans la nuit de dimanche à lundi, l'aviation israélienne a pilonné la bande de Gaza à des dizaines de reprises en l'espace de quelques minutes, provoquant des coupures de courant, a constaté un journaliste de l'AFP.

Des centaines de bâtiments ont été endommagés, d'après les autorités locales, qui n'ont pas fait état de victimes dans l'immédiat.

Dans un court communiqué, l'aviation israélienne a indiqué que ses "avions de chasse" étaient en train de frapper "des cibles terroristes" à Gaza, sans épiloguer. "Il n'y a jamais eu de frappes d'une telle ampleur", a témoigné Mad Abed Rabbo, 39 ans, qui vit dans l'ouest de la ville de Gaza, faisant part de son "horreur, peur".

"J'ai eu l'impression de mourir", a déclaré une autre habitante de Gaza, Mani Qazaat. "Netanyahu doit se rendre compte que nous sommes des civils, pas des militaires".

Ces nouvelles frappes israéliennes interviennent alors que l'enclave palestinienne, contrôlée par les islamistes du Hamas, a enregistré dimanche son bilan quotidien le plus lourd depuis le début de ce nouvel épisode de violences: 42 Palestiniens, dont au moins huit enfants et deux médecins, ont péri dans des raids, selon le ministère de la Santé local.

Au total, depuis le 10 mai, 197 Palestiniens ont été tués, dont au moins 58 enfants, et plus de 1.200 blessés.

Côté israélien, 10 personnes ont été tuées dont un enfant, et 282 blessées après des tirs de groupes armés palestiniens depuis Gaza.

Blinken multiplie les entretiens

De son côté, le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, a multiplié dimanche les entretiens avec ses homologues de plusieurs Etats régionaux clefs pour tenter de faire cesser les violences.

M. Blinken, qui se rend en Europe pour une tournée consacrée à l'Arctique, a discuté avec le ministre des Affaires étrangères du Qatar, cheikh Mohammed ben Abdelrahmane Al-Thani, "des efforts pour ramener le calme en Israël, en Cisjordanie et à Gaza à la lumière de la perte tragique de vies civiles", selon un communiqué le porte-parole du département d'Etat, Ned Price.

Antony Blinken a également eu un entretien avec l'Egyptien Sameh Choukri, à qui il a répété son appel "à toutes les parties pour faire baisser les tensions et mettre un terme aux violences", selon la même source. 

Le ministre américain a encore discuté avec le Saoudien Fayçal ben Farhane.

Enfin, il a parlé avec son homologue français Jean-Yves Le Drian de "leur inquiétude partagée" avec cette nouvelle éruption de violences et de "leur engagement avec des partenaires dans la région pour ramener le calme".

Proche du Hamas tout en entretenant des relations officieuses avec Israël, le Qatar joue les rôles de médiateurs et de bailleurs de fonds à Gaza. Le ministre qatari a reçu samedi à Doha Ismaïl Haniyeh, le dirigeant du mouvement islamiste au pouvoir dans l'enclave.

L'Egypte, puissance régionale qui a signé un traité de paix avec Israël et qui partage sa frontière avec Gaza, fait aussi régulièrement office de médiateur dans les conflits entre l'Etat hébreu et les Palestiniens.

Selon des sources diplomatiques interrogées par l'AFP, l'ONU avait amorcé dès lundi, avec l'aide du Qatar et de l'Egypte, une médiation auprès des parties "concernées" pour obtenir une désescalade.

Gaza : Al-Jazeera dénonce un crime de guerre

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

RSF saisit la CPI

Reporters sans frontières (RSF) a saisi dimanche la Cour pénale internationale (CPI) après des frappes israéliennes contre des locaux abritant des médias à Gaza, considérant qu'elles peuvent être des "crimes de guerre", a indiqué une porte-parole de l'association à l'AFP.

"Depuis une semaine, les locaux de 23 médias locaux et internationaux ont été détruits par des frappes aériennes israéliennes ciblées", indique RSF dans sa saisine, les bombardements ayant visé les bureaux de médias palestiniens et étrangers.

"RSF considère que le ciblage volontaire de médias et la destruction totale et intentionnelle de leurs équipements relèvent du crime de guerre en vertu de l'article 8 du Statut de Rome", selon le courrier en date du 16 mai, adressé à la Procureure générale Fatou Bensouda.

"L'armée israélienne a non seulement infligé des dégâts matériels très importants à des rédactions dont les journalistes, les équipements et les installations sont des personnes et des biens protégés au titre de la protection due à la population civile. Elle a également entravé la couverture médiatique d'un conflit qui affecte directement et gravement la population civile", poursuit RSF.

Articles recommandés pour vous