RTBFPasser au contenu

Monde

Conflit en Ukraine : "Si l'Otan veut rétablir une coopération avec la Russie, il nous faut des actes concrets"

Conflit en Ukraine : "Si l'Otan veut rétablir une coopération avec la Russie, il nous faut des actes concrets"
12 janv. 2022 à 18:252 min
Par Belga

Si l'Otan souhaite rétablir les relations diplomatiques avec la Russie et arriver à une désescalade des tensions, il sera nécessaire que l'organisation de défense pose des actes concrets face aux propositions qui ont été émises par Moscou, a indiqué mercredi le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Alexandre Grouchko.

"Nous souhaitons que les alliés de l'Otan étudient nos propositions. Et, ensuite, éventuellement parvenir à un accord, ou, dans le cas contraire, expliquer pour quelles raisons celles-ci ne sont pas acceptables pour eux. Une fois que cela sera fait, nous pourrons prendre une décision sur le futur de nos relations avec l'Otan", a indiqué le diplomate russe.


►►► À lire aussi : L’OTAN a-t-elle promis à Moscou de ne jamais s’ouvrir à l’Ukraine ? Ou le contraire ?


Dans les grandes lignes, la position de la Russie se résume à trois points essentiels: le retrait des armes nucléaires américaines d'Europe, la fin du déploiement des forces conventionnelles de l'Alliance ainsi que de son infrastructure militaire près de ses frontières et elle refuse l'adhésion de l'Ukraine et de la Géorgie à l'Otan.

"Il nous faut trouver un point de vue commun sur la sécurité européenne", a insisté Alexandre Grouchko. "Une compréhension mutuelle (avec l'Otan) est nécessaire. C'est pour cela que la rencontre qui a eu lieu aujourd'hui était importante", a-t-il précisé.

"Un échange franc"

"Nous avons eu un échange franc. Moscou a fait un premier pas en présentant ses propositions. Et nous appelons maintenant nos partenaires à nous exposer leur point de vue sur ces questions. A partir de là, il sera éventuellement possible d'avancer", a lancé le diplomate lors d'une conférence de presse à l'ambassade de Russie à Bruxelles.

Il a regretté l'absence d'échanges depuis près de deux ans au sein du Conseil Otan-Russie. Un organe qu'il juge crucial tant au niveau de la coopération dans la lutte contre le terrorisme ou encore la situation en Afghanistan. "Ce sont des dossiers dans lesquels nous avons pu collaborer. Aujourd'hui, ils sont au point mort", selon lui.

Quid des troupes à la frontière ?

Alexandre Grouchko est également revenu sur la présence de troupes à la frontière ukrainienne. "Chaque pays a le droit de défendre ses frontières. Des militaires (de l'Otan) ont bien été déployés en Pologne, par exemple", a-t-il indiqué.

"Il ne faut pas tomber dans un schéma de Guerre Froide, mais revenir sur une coopération afin de garantir la sécurité européenne", selon Alexandre Grouchko, évoquant des questions importantes comme la migration et le terrorisme.

Les accords de Minsk

Quant à la question de la désescalade des tensions en Ukraine, Alexandre Grouchko a affirmé que la position de Moscou était claire: le respect par Kiev des accords de Minsk. Ce protocole avait été signé 2014 par les représentants de l'Ukraine, de la Russie, de la République populaire de Donetsk (DNR) et de la République populaire de Lougansk (LNR) pour mettre fin aux violences dans l'est de l'Ukraine.

Les États-Unis et leurs alliés européens se sont entretenus mercredi durant plus de quatre heures avec Moscou au siège de l'Otan pour tenter de désamorcer le risque d'un nouveau conflit en Ukraine, alors que Moscou a procédé à un renforcement militaire le long de la frontière ukrainienne. Il s'agissait du premier Conseil Otan-Russie depuis 2019.

Sur le même sujet...

JT du 10/01/2022

Ukraine : Théâtre d un conflit larvé depuis près de huit ans

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Sur le même sujet

24 févr. 2022 à 15:36
6 min
21 janv. 2022 à 19:40
1 min

Articles recommandés pour vous