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Monde Afrique

Conflit au Tigré : en Ethiopie, 8500 Tigréens détenus illégalement dans des camps, selon un organisme officiel

30 juin 2022 à 04:39Temps de lecture1 min
Par Belga, édité par Marie-Laure Mathot

La Commission éthiopienne des droits humains (EHRC), organisme officiel, a exigé mercredi la libération immédiate de 8560 Ethiopiens originaires du Tigré, région en conflit avec le gouvernement fédéral, détenus depuis six mois dans deux camps "sans base légale et de manière discriminatoire".

Selon l’EHRC, institution publique mais statutairement indépendante, ces personnes – hommes, femmes et enfants – sont retenues depuis décembre dans deux camps à Semera, capitale de la région de l’Afar voisine du Tigré, les familles étant séparées, hommes et femmes n’étant pas détenus ensemble.

Arrestations arbitraires et illégales

Ces individus "ont fait l’objet d’arrestations arbitraires et illégales basées sur leur appartenance ethnique […] et devraient donc être relâchés immédiatement", a déclaré le chef de la Commission, Daniel Bekele, dans un communiqué. Ces arrestations ont été menées dans les districts d’Abala, Konaba et Berhale, frontaliers du Tigré, "à l’initiative des responsables sécuritaires de la région Afar, en collaboration avec les responsables civils locaux" des divers échelons administratifs, selon l’EHRC : "les Tigréens ont été d’abord triés puis transportés en véhicules" jusqu’aux camps.

Les responsables de la région Afar ont affirmé "restreindre les mouvements des individus pour leur propre sécurité ainsi que pour effectuer un filtrage de ceux soupçonnés de crimes ou représentant un risque pour la sécurité", selon l’EHRC, à qui les personnes retenues ont affirmé l’être "contre leur gré". Plusieurs personnes sont mortes de maladie, car les soins médicaux et l’aide humanitaire dans les camps sont très limités et il est interdit à ceux qui y sont retenus de se rendre dans un établissement de santé, sauf pour accoucher, a souligné la Commission.

"Cette situation n’a aucune base légale, en plus de soumettre ceux vivant dans les camps à de multiples violations des droits humains, elle doit donc cesser immédiatement et sans préconditions", a exigé M. Bekele.

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