Confinement : rester "réaliste", "solidaire" et "tenir bon", le mot d’ordre du centre interfédéral

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13 avr. 2020 à 10:07 - mise à jour 13 avr. 2020 à 10:16Temps de lecture3 min
Par P.V.

Chiffres : toujours plus de décès en maisons de repos

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Ce lundi, le centre interfédéral de crise Covid-19 du SPF Santé Publique faisait le bilan quotidien de la situation en Belgique. Ces dernières 24 heures, 310 personnes ont été admises dans les hôpitaux, mais 239 ont pu en sortir. "Depuis le début du mois, nous voyons une diminution du nombre de personnes hospitalisées, et c’est un signe positif", note Emmanuel André, le porte-parole francophone interfédéral sur le coronavirus. Mais cette diminution est "nettement moins rapide" que la croissance des semaines précédentes, rappelle-t-il.

"Pour pouvoir passer à la prochaine phase dans la gestion de cette épidémie, pour pouvoir commencer à repenser les mesures que nous devons prendre […] il faut qu’on atteigne un certain niveau le plus bas possible, explique Emmanuel André. C’est donc extrêmement important que les actions que nous faisons au quotidien […] continuent à être dans le sens des mesures que nous appliquons depuis de nombreuses semaines."


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Il faut donc continuer à respecter les mesures, selon le porte-parole : rester chez soi, respecter la distanciation physique, se laver les mains, pour atteindre ce niveau de transmission du virus dans la communauté et de lits occupés dans les hôpitaux. "Cette descente de la courbe ira d’autant plus vite que nous respectons les mesures demandées", conclut Emmanuel André.

"Certaines personnes se sentent peut-être victimes de ce coronavirus parce qu’elles sont maintenant limitées dans certaines de leurs libertés", remarque Benoît Ramacker, le porte-parole du centre de crise. Un sentiment qu’il juge "compréhensible", même s’il rappelle que des victimes sont actuellement aux soins intensifs et se battent pour leur vie.

Notre comportement à tous peut avoir une influence positive ou négative

Benoît Ramacker met en garde contre un excès d’optimisme : "Chacun de nous recherche des éléments positifs dans les chiffres des experts. Mais nous devons surtout être davantage réalistes. Les chiffres montrent encore et toujours que la situation est sérieuse."

Une "dure réalité" qui montre qu’il ne faut pas relâcher nos efforts, estime-t-il. "Nous ne pourrons jamais suffisamment insister sur le fait que le comportement à chacun d’entre nous peut avoir une influence positive ou négative sur l’évolution de la courbe", affirme Benoît Ramacker, rappelant que la grande majorité du pays respecte les mesures et donc participe à l’évolution positive de l’épidémie.

Il existe toutefois une minorité qui, selon Benoît Ramacker, "respecte peut-être ces mesures renforcées de manière moins rigoureuse", ce qui suscite une "incompréhension" chez la majorité. Il faut adopter ce comportement "juste et positif pour la santé de tous", martèle-t-il.

Quelles mesures pour les mois à venir ?

Face à un respect relatif des mesures, certains se demandent s’il ne faut pas renforcer les mesures de confinement. "Ces mesures ont permis d’infléchir de manière très importante la façon dont le virus se propageait dans notre communauté, rappelle Emmanuel André. Ces mesures fonctionnent et les appliquer va permettre d’aller vers une amélioration."

Il comprend toutefois que les appliquer dans le long terme est "quelque chose de difficile, mais il faut tenir bon car nous n’avons pas encore atteint les objectifs qui nous permettraient de repenser notre approche". Pas de renforcement donc, mais la volonté de continuer à appliquer ces mesures.


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La décision de la ville de Liège d’annuler tous les événements jusqu’au 30 juin pose également question : faut-il étendre cette mesure à tout le pays ? "Beaucoup de citoyens se posent des questions sur ce qui va venir dans les prochains jours, les prochaines semaines ou les prochains mois, admet Benoît Ramacker, qui rappelle qu’un conseil de sécurité se réunit mercredi pour étudier toutes les propositions. Soyons un peu patients, essayons de respecter un maximum les consignes qui sont d’application maintenant", conclut-il.

Idem pour les vacances d’été : "Il est trop tôt pour répondre à cette question, affirme Benoît Ramacker. Tout va dépendre de la situation en Belgique, mais aussi dans les autres pays. […] Attendons ce que les experts vont nous expliquer sur cette courbe." Et le porte-parole de renvoyer une nouvelle fois au conseil de sécurité de mercredi et ses conclusions.

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