Régions Brabant wallon

Violence au travail à l'UCLouvain : l'avocate de la professeure déplore l'appel interjeté par l'université

L’UCLouvain a décidé de faire appel de sa condamnation.

© Hugues Van Peel – RTBF

07 oct. 2022 à 19:38 - mise à jour 08 oct. 2022 à 13:15Temps de lecture2 min
Par Hugues Van Peel

Le tribunal du travail du Brabant wallon a rendu son jugement dans l’affaire opposant une professeure de biologie, Caroline Nieberding, à son employeur, l’UCLouvain. Il reconnaît les violences psychiques subies par la plaignante sur son lieu de travail et condamne l’université à prendre différentes mesures pour mettre un terme à cette situation.

Caroline Nierberding se disait victime de violence au travail en raison de son genre et de harcèlement moral. Elle accusait l’université de ne pas prendre les mesures adéquates et même de laisser la situation se détériorer. En agissant de la sorte, selon elle, l’UCLouvain se rendait elle-même coupable de violence et de harcèlement. Le tribunal lui a donc donné raison, suivant ainsi l’avis de l’auditorat.

Le jugement

Dans son jugement, le tribunal du travail du Brabant wallon rappelle à l’UCLouvain que "la responsabilité de toute politique en matière de bien-être au travail incombe, in fine, à l’employeur". Il estime également que la procédure disciplinaire engagée à l’encontre de Caroline Nieberding constitue un "abus". Le Tribunal reproche enfin à l’UCLouvain de ne pas avoir mis un terme à l’exclusion de l’enseignante du pôle au sein duquel elle travaillait, une mesure qui selon la justice a contribué à son "ostracisation".

La justice du travail en vient à ordonner l’arrêt de la procédure disciplinaire, la réintégration de Caroline Nieberding au sein d’un pôle et ordonne l’affichage du jugement dans les locaux de l’UCLouvain.

Les réactions

Caroline Nieberding se déclare soulagée par le jugement rendu et ajoute : "Ma situation démontre qu’il est malheureusement nécessaire de faire intervenir la justice et le droit légal belge pour espérer obtenir des conditions de travail respectueuses et équitables, même en Belgique et même en 2022. J’espère que ma démarche donnera le courage aux autres femmes qui vivent des situations similaires à la mienne de s’adresser à la justice de notre pays pour être entendues".

Contactée ce vendredi soir, l’UCLouvain dit prendre acte de la décision du tribunal et précise déjà qu’elle interjettera appel, "afin de défendre ses droits, ainsi que ceux des membres de son personnel". "L’UCLouvain déplore que ce conflit aboutisse à une telle décision et ce, malgré de nombreuses tentatives d’apaisement et de conciliation initiées par l’université", conclut-elle.

L’avocate de la professeure, Violaine Alonso regrette la décision de l’UCLouvain d’interjeter appel : "Cette décision a été annoncée dans la foulée du jugement, sans qu’aucune discussion ne soit intervenue entre les parties. Manifestement, l’UCLouvain s’entête dans son acharnement vis-à-vis de la Professeure NIEBERDING, et annonce sa volonté de faire appel avant même d’avoir envisagé une issue amiable. C’est évidemment hautement regrettable", précise l’avocate dans un communiqué.

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