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La Touche belge

Concours International André Dumortier 2018 : Histoire et palmarès

Concours International André Dumortier 2018 : Histoire et palmarès
19 sept. 2018 à 12:19 - mise à jour 19 sept. 2018 à 12:193 min
Par Brigitte Mahaux

Parcourons plus de ans d'histoire, du 1 octobre 1910 au 15 septembre 2018, jour de la finale du Concours International André Dumortier.

Un concours international qui a lieu tous les deux ans et qui permets aux jeunes pianistes de moins de 26 ans, venus des quatre coins du monde, de se produire et mettre en valeur toute leur virtuosité.

Cette année, le concours s'est déroulé sur une période de six jours. Six jours pour découvrir, écouter, sélectionner et départager 32 jeunes pianistes.

Les trois finalistes ont chacun interprété l'un des cinq concertos de Beethoven et étaient accompagnés par l'orchestre de la Chapelle musicale de Tournai. Le jury, composé de sept grands pianistes de renom, parmi lesquels Alexander Gurning et Jean-Claude Vanden-Eynden ont difficilement départagé ces trois derniers candidats à l'issue de leurs belles prestations.

Le palmarès est le suivant :

  • Grand Prix International André Dumortier et Prix spécial : Federico Gad Crema
  • 2ème Prix : Julian TREVELYAN
  • 3ème Prix : Jun-Ho Gabriel YEO

Brigitte Mahaux revient sur cette édition 2018 du Concours et nous parle du jeune lauréat, l'italien Federico Gad Crema.

Qui état André Dumortier ?

Concours International André Dumortier 2018 : Histoire et palmarès

Il serait l’homme de tous les Plus…. Selon Pierre Bartholomée,  Président du concours International et qui a très bien connu André Dumortier.

C'est lui qui nous parle de ce "grand artiste" :  

André Dumortier , que j’ai rencontré à l’âge de 13 ans, en entrant au conservatoire, a bouleversé le reste de ma vie…  C’était un grand artiste, qui aurait pu faire une plus grande carrière internationale (il a été , en 1938, le 1er belge à devenir lauréat du concours Eugène Ysaye, futur concours Reine Elisabeth, et il avait face à lui, rien moins que des pianistes devenus depuis des légendes du piano au 20è siècle : Emil Guilels et Arturo Benedetti Michelangeli ….)

Mais la guerre a interrompu son élan de concertiste international… il jouait magnifiquement Mozart, Beethoven, Tchaïkovski, Liszt …. C’était un grand virtuose…mais c’était plus que ça…. C’était un grand professeur… Mais c’était plus que ça… C’était un grand Homme… mais c’était plus que ça…

Il a beaucoup marqué ceux qui l’ont connu et qui ont suivi ses cours : des pianistes, évidemment, mais aussi des chefs d’orchestre, des compositeurs et des instrumentistes de diverses disciplines. Il ne donnait pas un enseignement clé sur portes avec des recettes à appliquer…

Il avait la grande exigence de demander d’aller au fond de soi, pour développer une étude personnelle de l’œuvre… le phénomène de l’interprétation, c’est de créer une relation entre l’œuvre et soi… ce qui nécessite de développer son imaginaire, se cultiver, regarder, lire… s’ouvrir au monde… on cherchait ensemble,  c’était passionnant. André Dumortier était rigoureux... il fallait aller "Au Fond de soi et de la musique" … on pouvait passer une heure sur 3 notes… d’où elles venaient, ce qu’elles étaient, leur f° dans l’œuvre… Il avait une grande imagination du son et chacun, à partir de son analyse profonde de l’œuvre, y trouvait sa solution… Ce n’était pas confortable, mais très enrichissant… ce sont donc les mots du compositeur belge Pierre Bartholomée..

Et ce visiblement "Chacun" était essentiel pour André Dumortier, qui adaptait son approche à chacun de ses étudiants selon sa personnalité, ses gouts et ses affinités…

Il a enseigné aux conservatoires de Bruxelles et de Tournai, et puis, à ses 80 ans, il a commencé à donner des Master classes l’été… gratuits et sans s’arrêter… porté par sa passion… et cela jusqu’à ses 93 ans. Cela lui a permis de rencontrer un autre type de musiciens et c’est lors de ces master classes qu’il a vécu une rencontre réciproque avec le chef d’orchestre Stéphane Denève, qui garde pour André Dumortier un souvenir très ému.

Le concours, il l’a créé de son vivant, comme une rencontre inter-académies et conservatoires pour permettre à des talents d’éclore. Ce concours, repris par ses émules fidèles, a atteint aujourd'hui un niveau international, il n’a cessé de croitre et embellir, et on en parle aujourd'hui, aussi, comme un des échauffements au Concours Reine Elisabeth.

Et enfin, on ne pourrait faire une touche sur André Dumortier sans parler de son aspiration constante à lire la vie au travers de sa philosophie : 

La musique est, en somme, un langage lié à l'Universel et qui exprime la Beauté. C'est donc pour moi le reflet de ce qui est défini par les uns comme l'Eternel, par les autres comme l'Infini ou encore l'Absolu.

Et visiblement, c’était un artiste, un homme, complet, cultivé, rigoureux et curieux de tout, à l’écoute, chaleureux et drôle aussi. Il était passionné par la musique et sa transmission. Brillant virtuose, héritier de la tradition lisztienne, son répertoire était très étendu. Il jouait de nombreux Concertos, pratiquait le récital avec bravoure et élégance, et se distinguait tout particulièrement comme quartettiste. Il a été pendant de nombreuses années, le pianiste du Quatuor belge de Londres.

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