Politique

Conclave budgétaire : “Il faudra que chaque parti se fasse un peu mal”, selon George-Louis Bouchez (MR)

L'invité de Matin Première est Georges-Louis BOUCHEZ

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28 sept. 2022 à 07:23 - mise à jour 28 sept. 2022 à 09:31Temps de lecture3 min
Par D. V. Ossel sur la base d'une interview menée par Thomas Gadisseux et François Heureux

C’est l’heure de discuter budget aux différents niveaux de pouvoir. A ses partenaires fédéraux, le président du MR, George-Louis Bouchez, invité de Matin Première, envoie un signal : “En période de crise, l’heure des choix est de retour. Si on veut aboutir à une réforme fiscale, une réforme du marché du travail et un budget, il faudra que chaque parti se fasse un peu mal. Si tout le monde décide de ne pas se faire mal, on va continuer à ne pas faire de choix et ce serait un problème."

Il faudra encore trouver des compromis, mais le MR a posé ses choix : la réforme fiscale doit s’accompagner d’une réforme du marché du travail. Pour financer le trou budgétaire actuel, il faut augmenter le taux d’emploi. “Si on pouvait aller jusqu’à 80% taux d’emploi, ce qui est l’objectif du gouvernement, c’est 26 milliards d’euros en plus de recettes directes. On monte jusqu’à 40 milliards, si on y additionne les recettes indirectes.”

George-Louis Bouchez exclut l’idée d’un tax shift : “Je ne vois pas sur quoi on va le faire. On parle des loyers : les loyers dans notre pays sont déjà taxés. Il faut arrêter de dire qu’ils ne sont pas taxés, c’est un mensonge.” Pour le président du MR, une taxation sur les loyers reviendrait à “taper dans la classe moyenne.”

On dit que le capital n’est pas taxé en Belgique, c’est un mensonge absolu.

Les socialistes évoquent une taxation sur le capital ou le revenu immobilier. Le président du MR balaye la proposition : “On dit que le capital n’est pas taxé en Belgique, c’est un mensonge absolu. Il y a le précompte immobilier, les droits d’enregistrement etc. On est aujourd’hui dans les 3 pays de l’OCDE qui taxent le plus le capital.

Selon GBL, taxer le capital, c’est l’inverse de ce qu’il faut faire, parce que les capitaux sont nécessaires pour continuer à investir dans l’économie. Un exemple ? La taxe sur les comptes-titres (que le MR a acceptée “dans le cadre d’un compromis”) : “C’est la taxe anti start-up !”. Pour le président du MR, il faut trouver des mécanismes fiscaux qui incitent les gens à investir, pas qui les en empêchent.

Indexer les barèmes fiscaux

Donc, pour les libéraux, pour pouvoir doper le pouvoir d’achat de la classe moyenne, il faut un tax cut, une baisse d’impôt, et pas un tax shift, un glissement de fiscalité. Il propose un Jobs Deal 2 qui regroupe une série de 20 mesures. “La première proposition, c’est d’indexer les barèmes fiscaux pour rattraper le fait qu’entre 1962 et le début des années nonante, on n’avait pas indexé ces barèmes fiscaux, ce qui veut dire qu’on paye trop vite, trop d’impôts.

Défiscaliser l’index

Deuxième proposition : un index défiscalisé. Soit un avantage pour les entreprises : les salaires sont indexés, mais l’employeur ne paie pas les cotisations patronales sur cette augmentation. “C’est près d’un milliard d’euros économisés pour les entreprises.

C’est aussi de l’argent en moins pour la sécurité sociale. “Oui, mais si vous avez du chômage en plus, vous perdez beaucoup plus en matière de sécurité sociale. C’est tout le mode de raisonnement ce Jobs Deal 2. C’est de dire, nous allons faire des investissements en taxant moins, mais nous allons grâce à ça, maintenir, voire augmenter la capacité économique de notre pays, donc augmenter les recettes.

Activer les demandeurs d’emploi

Et pour atteindre les 80% de taux d’emploi déjà évoqué, le MR a aussi des idées : il propose une activation accrue des demandeurs d’emploi. Quand un demandeur d’emploi refuse deux métiers en pénurie ou deux formations dans un secteur en pénurie, il devrait être exclu du chômage, et avoir une baisse de 10% de son revenu d’intégration social. Et si un demandeur d’emploi est au chômage depuis plus de 2 ans, il devrait également faire un travail dans l’intérêt de la Communauté.

Une mesure plusieurs fois mise sur la table par le MR, et chaque fois rejetée par ses partenaires. “Je m’en rends compte, répond George-Louis Bouchez, on continuera. La solidarité, ce n’est pas uniquement demander aux gens qui bossent de payer. C’est demander à ceux qui sont capables de travailler de le faire et pour le moment, on a des gens dans notre pays qui sont capables de travailler dans des métiers en pénurie et qui ne le font pas.”

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