Belgique

Concertation: accord entre gouvernement et partenaires sociaux

La FGTB veut plus que ce que le gouvernement a déjà donné...

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27 févr. 2013 à 06:46 - mise à jour 27 févr. 2013 à 10:59Temps de lecture4 min
Par Julie Calleeuw

Le gouvernement et les partenaires sociaux (patrons et syndicats) "se sont entendus" en matière d'augmentation d'allocations et de pensions, d'augmentation du salaire minimum net, de réductions de cotisations sociales patronales, de modernisation du droit du travail et de prolongation de certains accords existants (prépensions dans certains métiers lourds, prime à l'innovation), selon les termes d'un communiqué lu mercredi par le Premier ministre Elio Di Rupo au "16", à l'issue d'un comité ministériel restreint.

Il était plutôt satisfait, Elio Di Rupo vendredi dernier en annonçant que "le gouvernement a décidé d'accepter les propositions globales des partenaires sociaux".

Pour le gouvernement, c'était la concrétisation d"'un geste", de 800 millions prévus pour 2013 et pour 2014. Mais côté syndical, et notamment à la FGTB, la base a grondé jeudi dernier, avec 40 000 personnes dans la rue. Et les centrales demandent plus. Anne Demelenne, secrétaire générale FGTB, explique: "Nous nous réjouissons que le gouvernement ait enfin répondu à ce que nous demandions en terme d'augmentation des allocations sociales pour les plus fragilisés mais aussi des salaires pour les travailleurs qui sont dans des conditions salariales les moins favorables, mais il reste encore du chemin à parcourir, nous voulons des garanties par rapport à la sauvegarde du système d'indexation, nous voulons des garanties par rapport à une fiscalité beaucoup plus juste et surtout, il va falloir donner des perspectives aux travailleurs en matière de relance économique. Et ça , on n'y est pas encore".

Les termes de l'accord

En ce qui concerne le secteur non marchand, le gouvernement a proposé de neutraliser le coût de l'augmentation du salaire minimum pour un montant d'1,5 million, a ajouté le chef du gouvernement. Ce montant sera comptabilisé sur l'enveloppe des réductions de cotisation. Pour le futur, à partir du 1er janvier 2015, les enveloppes budgétaires qui seront dégagées pour des réductions de cotisation incluront le secteur non marchand, a-t-il précisé. Le gouvernement et les partenaires sociaux ont également lancé un "groupe de travail" pour répondre à l'arrêt de la Cour constitutionnelle en matière d'ouvriers - employés.

Ce groupe sera composé de représentants du gouvernement (un représentant par vice-premier ministre, un représentant de la ministre de l'Emploi et un représentant du Premier Ministre), de représentants des organisations patronales et syndicales ainsi que du président du Groupe des 10. Il commencera ses travaux dès le début de la semaine prochaine et a pour objectif de faire des propositions au Gouvernement pour fin mars.

Syndicats satisfaits mais pas encore rassurés

Dans les rangs syndicaux, on se félicite que le volet bien-être puisse enfin être conclu mais on maintiendra la pression sur le pouvoir d'achat. Les patrons affichent une certaine satisfaction à l'idée que l'harmonisation des statuts ouvrier et employé puisse aboutir prochainement.

"Le gouvernement a décidé, enfin, d'accéder à notre demande de revaloriser les allocations sociales, c'est aujourd'hui une certitude, pour ceux qui vivent de petites allocations de chômage, de petites pensions, de salaires minimums", a réagi Anne Demelenne, secrétaire générale de la FGTB.

Cette dernière a tempéré l'enthousiasme général en disant "ne pas encore être tout à fait rassurée" au sortir de la réunion, notamment en ce qui concerne l'évolution de l'index et la fiscalité. "Mais nous allons continuer à défendre les travailleurs, nous n'allons pas les décevoir, nous continuerons à donner écho au message des 40.000 manifestants", a-t-elle promis. Parmi les regrets de la FGTB, l'absence de propositions dans le chef du ministre des Finances Steven Vanackere permettant d'évoluer vers une fiscalité plus juste est considéré comme un fait marquant.

Même son de cloche à la CSC, où le secrétaire général Claude Rolin a jugé important d'avoir obtenu des garanties pour la revalorisation des allocations sociales, tout en faisant observer qu'il restait des dossiers à négocier dont l'harmonisation des statuts ouvrier employé et la mise en place d'un "plan de relance".

La CSC continuera par ailleurs à faire pression, notamment en ce qui concerne la loi de 1996 sur la norme salariale. "Si on décidait de toucher aux revenus salariaux, il faudra faire en sorte que les autres formes de revenus" fassent l'objet de la même rigueur, a-t-il dit.

Concertation sur le statut ouvriers employé la semaine prochaine

En ce qui concerne l'avancée obtenue à propos de la baisse des charges dans le secteur non-marchand, Claude Rolin a évoqué "une petite mesure" qui en appelle d'autres. Il a donné rendez-vous aux militants pour une manifestation le 14 mars en marge du Sommet européen.

Au nom de la FEB, l'amdinistrateur délégué Pieter Timmermans s'est réjoui de constater que la concertation sur l'harmonisation des statuts ouvrier et employé était lancée la semaine prochaine. "J'ai bon espoir que tout le monde puisse prendre ses responsabilités, la décision prise aujourd'hui me conforte dans l'idée qu'on y arrivera", a-t-il commenté.

En ce qui concerne le pouvoir d'achat, Pieter Timmermans a fait le constat que les partenaires sociaux n'ont pas réussi à s'accorder. Au nom de la "sécurité juridique", il appelle le gouvernement à prendre des décisions le plus rapidement possible.


RTBF

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